Je n’en peux plus de ces salauds de médecins qui ne plébiscitent pas le protocole du grand épidémiologiste Patrick Cohen. Parce qu’il est juif, c’est ça, hein ? Salauds ! Vous préférez soutenir ce druide vampire qui boit le sang des Français, ordures ! Pourtant, le protocole du professeur Cohen que l’on nous apporte de sa lointaine thébaïde et d’une simplicité évangélique : faire confiance aux gros labos financés par BlackRock, Bill Gates, Goldman Sachs…, les plus grands philanthropes du monde ! Merde, réveillez-vous ! Mais je vais vous donner maintenant la preuve irréfutable que ce grand professeur est le sauveur de la France : Marc-Édouard-Nabe-Bam-Bo admire fanatiquement Patrick Cohen. Si ça c’est pas une preuve alors il n’y a aucune preuve. Ne me dites pas que vous ne faites pas confiance à Cohen parce qu’il n’a aucun diplôme, enfin un diplôme de journalisme… Espèce de lâches ! Traîtres ! Patrick s’est fait tout seul, à la force du poignet, pas besoin de diplômes et de toutes ces grenouilleries universitaires. Sachez messieurs les diplômés que Patrick Cohen a lu l’EMC en une nuit (oui, l’Encyclopédie Médico-Chirurgicale). Parfaitement, lue et assimilée en une nuit. Quand on aime on ne compte pas. Vous êtes tout simplement jaloux de son génie, infâmes médiocres. Je me souviendrai toute ma vie de ce qu’il me dit un jour en marge d’un congrès sur la biologie moléculaire et subatomique non-conventionnelle : « Tu sais Lotfi, l’humanité se divise en deux : il y a ceux qui donnent sans compter et ceux qui comptent sans donner, choisis ton camp ». Ses mots résonnent encore en moi lorsque je suis au bord du gouffre, ou lorsque je n’ai plus un shekel. Ah ces soirées à nous disputer jusqu’à pas d’heure sur la genèse de la réduction transcendantale husserlienne ! Brentano par-ci, Brentano par-là… Quel passionné ! « L’épistémologie ou la mort ! », lâchait-il encore après avoir englouti trois litres de Chivas Regal. Ce qui m’épate chez lui c’est son esprit encyclopédique, une sorte de Pic de la Mirandole, ou de Voltaire, ou d’Aristote… oui, plutôt Aristote. Sur les conseils scientifiques d’Yves Calvi, de Christophe Barbier et de Ruth Elkrief, il entreprit le grand-œuvre de sa vie : les traductions. Saviez-vous qu’il est le premier traducteur en japonais de Critique de la raison cynique de Peter Sloterdijk, et le premier aussi à avoir traduit en chinois le fameux Habilitationsvortrag de ce bon vieux Riemann, et le premier à développer en swahili la géométrie hyperbolique de Lobatchevsky. Bien sûr vous vous en foutez. Mais il ne cherche pas la reconnaissance. Lorsqu’il rentre du boulot le soir, des passants lui lancent souvent en signe d’estime : « Shabbat slalom !». Cet infatigable chercheur de vérité et de justice ne cessera jamais de sacrifier sa vie à l’humanité, intellectuellement, mais aussi physiquement ; sachez qu’il a rétabli à mains nues des pierres des colonnes du Parthénon qui menaçaient de s’effondrer à l’Acropole d’Athènes. Tout ça gratuitement ! Et personne ne l’en a remercié. Je témoigne ici pour la postérité, non pas pour sa gloire mais pour vous convaincre d’adopter son protocole thérapeutique en urgence, il y va de la survie de l’espèce humaine… Bill Gates l’a bien expliqué, qu’est-ce qu’il vous faut de plus ! vous préférez la potion magique du druide marseillais !… Et pourquoi pas des antibiotiques, ou de la vitamine C tant qu’on y est ! Bouffons ! Pourriture de médecins dissidents ! Comme je te la brûlerais vive cette vermine. Je vais vous en faire bouffer de la chloroquine, vous l’injecter directement dans le cœur en dose d’un litre, vous m’en direz des nouvelles. L’histoire vous jugera, vous avez déjà du sang sur les mains. Tiens en parlant de mains, celles de Patrick Cohen sont prodigieuses ; car en plus de guérir les paralytiques selon une technique tibétaine, il brille au piano. Dans une taverne de Dniepropetrovsk, un soir d’hiver, il interpréta La nuit transfigurée de Schoenberg ; le piano était un peu désaccordé mais les applaudissements furent si vifs qu’il ne put faire autrement que de jouer ensuite La vallée d’Obermann de Liszt… son interprétation nous transporta tant et plus qu’un moment il me sembla voir l’éternité… la féerie m’envoûta… me perdit dans les voiles évanescents d’une ondine scintillante dont la grâce éthérée fit éclore en moi le désir irrépressible de quitter mon exil, de partir pour ne plus revenir, de tutoyer l’inconnu comme un vieux frère, de pardonner à la vie sous les étoiles rieuses, de voir ruisseler mes rêves aux confins des soleils naissants… Sachez messieurs les médecins que lorsqu’un poète hurle dans les vieilles rues de Fribourg-en-Brisgau « Vive l’Europe éternelle ! », l’écho répond fièrement « Patrick Cohen ». Tout de même. Je me rappelle encore ce qu’il me murmura, ému, alors que nous nous recueillions devant la tombe de Marie Curie à Sceaux : « Si tu savais combien d’Allemandes j’ai sauté… tu peux pas lutter ». Bref, je pourrais encore vous donner tant et tant d’arguments…, mais je dois y aller, je n’ai plus le temps ; je dois accompagner Patrick Cohen à Rome, il va dans le plus grand secret restaurer à mains nues la fresque du Jugement dernier de Buonarroti dans la Chapelle Sixtine. J’aime bien l’accompagner dans ce genre d’expédition car tout en travaillant il clame en espagnol la Divine comédie d’Alighieri ! Non vraiment, avec ou sans vous, ce sauveur de la France et de l’humanité sauvera la France et l’humanité. On franchira dans quelques heures la frontière italienne en passant par les Alpes, je fais entièrement confiance à sa passion pour l’alpinisme ; il passera devant, je le suivrai… il pourrait y rester… une crevasse malencontreuse… Alea jacta est. Je vous raconterai.