Voici un autre article d’un site médical qui nous expliquait en décembre 2017 comment les États-Unis avaient autorisé des études sur des virus mortels capables de créer des pandémies. Bien sûr, le prétexte invoqué d’une telle pratique était la recherche et la compréhension du mode de fonctionnement de ces virus afin de pouvoir les combattre. Dans les faits, l’article revient sur la fuite, à partir de laboratoires, de nombreux virus de ce genre, ayant causé des centaines de morts à travers le monde. On peut également se poser une question simple, toutes ces études extrêmement dangereuses sur des souches très contagieuses et pathogènes n’ont pas fait grandement avancer la science puisque nous le constatons aujourd’hui encore avec la crise sanitaire du Coronavirus !


Alors que les États-Unis viennent d’autoriser le financement de la conception de virus pandémiques pour faire avancer la recherche, où en est la France ?

Où conserve-t-elle « ses » souches de maladies mortelles ? Et quels sont les risques ?

Aux États-Unis, les institutions gouvernementales de la santé ont abrogé un moratoire qui interdisait depuis 2014, le financement destiné à la conception de virus pandémiques. Cette levée des sanctions permet désormais aux laboratoires de manipuler génétiquement des virus pour les rendre mortels, dans le but de mieux comprendre le développement du virus de la grippe, du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS). Si de nombreux scientifiques louent les bienfaits pour la recherche et la santé publique d’une telle abrogation, la réouverture de ces nouvelles expériences inquiète. Notamment parce qu’elle a déjà fait des dégâts suite à des fuites ou des manquements aux protocoles. Qu’en est-il en France ? Où sont conservées les souches des virus mortels ?

L’Inserm, coffre-fort français des souches mortelles

Une trentaine de virus dits « de classe 4 » sont stockés et étudiés dans des bâtiments blindés, aux fenêtres incassables et aux accès contrôlés par des codes confidentiels, à Lyon : le laboratoire P4 Inserm Jean-Mérieux, le plus grand laboratoire européen de haute-sécurité biologique. Cette forteresse abrite des virus dangereux, contagieux et mortels. C’est notamment en ses murs que la souche du virus Ebola a été identifiée par l’Institut Pasteur de Lyon en 2004.

En 2015, Manuel Valls avait inauguré une extension du bâtiment de 200 m² destinée à examiner les bactéries pathogènes, comme les souches multirésistantes de la tuberculose. Utilisé par une dizaine d’équipes venues du monde entier, l’Inserm étudie des fièvres hémorragiques comme celles de Lassa, Marburg ou Ebola… et des maladies infectieuses comme la variole, la grippe, ou encore la grippe aviaire. Autant de maladies dangereuses, voire mortelles, pour lesquelles les chercheurs tentent de trouver des traitements.

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Le risque de fuites, une réalité

Mais stocker des virus pandémiques inquiète, surtout lorsque des germes s’échappent des laboratoires. Ce fut notamment le cas de 1918 à 1977 pour la souche de la grippe H1N1, d’abord apparue au niveau mondial, puis dans le New Jersey en 1976 et l’année suivante en Chine et en Union soviétique. Comme le souligne Slate, de 1963 et 1970, 80 personnes contaminées par la variole sont décédées au Royaume-Uni, également suite à trois fuites de deux laboratoires différents. Des chercheurs ont aussi découvert que la plupart des épidémies d’encéphalite équine vénézuélienne diagnostiquées entre 1938 et 1978 étaient imputables au vaccin censé les éviter. En effet, la souche génétique de ce virus était génétiquement très proche de celle qui avait été isolée pour concevoir le vaccin en question. Le risque zéro n’existe donc pas.

Mais pour Francis Collins, directeur du National Institutes of Health (NIH), autoriser le financement de la conception de virus mortels « est important pour nous aider à identifier, comprendre et développer des stratégies et des réactions efficaces contre les agents pathogènes qui évoluent rapidement et constituent une menace pour la santé publique ».


Photo d’illustration : PURESTOCK/SIPA

Anaïs Col

24 décembre 2017