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Vous comprendrez à la lecture de cet article que les banksters sont les maîtres incontestés de la planète puisque quoi qu’ils fassent, ils ne sont jamais sanctionnés malgré les différentes crises mondiales dont ils ont été les causes directes. Ils sont au dessus des lois et des gouvernements, là réside le vrai complot puisque c’est le contraire du dsicours tenu par nos démocrates professionnels qui font croire que c’est le peuple qui commande et qui décide…


Voilà bientôt neuf ans qu’a démarré la crise financière. La croissance mondiale reste molle et plusieurs pays sont encore en récession. À l’époque, personne n’avait eu la dent assez dure pour critiquer les grandes banques qui avaient beaucoup prêté durant les années innocentes qui ont précédé la crise et pour leur promettre une sévère mise au pas.

De fait, la réglementation bancaire a été profondément modifiée un peu partout dans le monde, suivant les recommandations des institutions de Bâle. Après l’inévitable période de contrition, les grandes banques relèvent la tête aujourd’hui et mènent une vigoureuse contre-offensive. Ainsi les gouvernements français et italiens tentent de freiner les ardeurs de la Commission européenne qui propose d’imposer de nouvelles règles.

Ces discussions sont très techniques et font un usage immodéré de jargon et d’acronymes incompréhensibles pour le commun des mortels. C’est bien embêtant car cela circonscrit le débat à un petit nombre de spécialistes alors que tout le monde, contribuables et clients des banques, est concerné. Au risque d’ignorer des aspects importants, on peut quand même simplifier.

On ne peut pas abandonner une grande banque

Ce qui est en jeu en ce moment est ce qui se passe quand une grande banque est en faillite. Vous vous rappelez Lehman Brothers? Les autorités américaines avaient le choix entre la sauver aux frais du contribuable et la laisser choir. Elles ont décidé de la laisser choir. En quelques minutes, c’est l’ensemble du système financier mondial qui s’est effondré. La leçon est simple: on ne peut pas abandonner une grande banque. Mais l’autre leçon est qu’il faut éviter de faire payer les dégâts aux contribuables. Comment faire?

Une solution est de limiter la prise de risque par ces banques. En gros, c’est ce qui a été fait avec les accords dits de Bâle 3. Mais, même limités, les risques ne sont pas éliminés, ils ne le seront jamais.

D’où le nouveau chantier en cours: exiger des banques qu’elles aient suffisamment de ressources pour absorber des pertes considérables afin d’éviter d’avoir à ponctionner les États et leurs contribuables. Il s’agit d’abord d’imposer aux banques de faire porter le coût d’un sauvetage en non seulement par leurs actionnaires, mais aussi par ceux qui leur ont prêté de l’argent, par exemple ceux qui ont acheté des obligations émises ou garanties par les banques. Seront exclus les petits déposants (en dessous de 100’000 euros).

La deuxième mesure exige que les banques disposent de ressources stables suffisantes pour faire face à des pertes importantes. Autrement dit, elles doivent pouvoir sacrifier immédiatement de l’argent mis de côté (capital et emprunts à long terme convertibles en capital) pour éponger, en cas de besoin, des pertes conséquentes. Ces deux mesures auront pour effet de rendre plus chers les fonds levés par les banques à cet effet, et elles n’aiment pas.

On observe déjà une tendance au crédit plus cher

Quels sont leurs arguments pour s’opposer à ces propositions? Un premier argument est que ce n’est pas le moment de fragiliser les banques. Évidemment, ce n’est jamais le bon moment et, de toute façon, la réglementation devrait être mise en place progressivement, sur plusieurs années. Un deuxième argument est que cela favorisera les banques des pays qui n’imposeront pas de telles règles. Mais les États-Unis préparent des règles similaires et la Suisse les a déjà décidées.

Qui paiera ces surcoûts? A première vue, ce seront les banques et leurs actionnaires puisque l’industrie sera moins profitable. Mais il y a de fortes chances pour que ce soient sur leurs clients que les banques fassent porter ces coûts: on observe déjà une tendance au crédit plus cher, aux rémunérations des dépôts réduites et à des charges de gestion des comptes plus élevées.

Si c’est bien ce qui produit, on aura allégé le risque des contribuables aux frais des déposants. Les déposants paieront ainsi une sorte d’assurance pour le cas où. Rien d’illogique et rien qui justifie la résistance des banques et de leurs gouvernements.