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L’hôpital militaire de Clamart traite-t-il des malades du Covid-19 avec de l’hydroxychloroquine ?
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L’hôpital militaire de Clamart traite-t-il des malades du Covid-19 avec de l’hydroxychloroquine ? 

Pire que ça, le canard d’hier nous apprend que la pharmacie centrale de l’armée a commandé pour une TONNE d’hydroxychloroquine à la Chine en mars dernier. Du coup on aimerait bien savoir si le traitement marche ou non ?


En interprétant à tort le témoignage d’un patient sur la chaîne i24News, plusieurs sites sensationnalistes ont affirmé que l’ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait guéri un patient avec de l’hydroxychloroquine.

Question posée le 28/04/2020

Bonjour,

Votre question renvoie à une série d’articles qui ont beaucoup circulé au cours du mois d’avril sur les réseaux sociaux, faisant état de l’administration d’hydroxychloroquine à des patients souffrant du Covid-19 à l’hôpital militaire Percy de Clamart.

Si l’information a eu autant d’écho sur les réseaux sociaux, c’est qu’elle touche Agnès Buzyn. Selon les articles ou posts qui circulent, c’est l’ex-ministre de la Santé en personne, qui a repris du service comme médecin à l’hôpital militaire de Percy pendant la crise, qui aurait administré le traitement à un producteur de cinéma atteint du Covid-19.

Didier Raoult lui-même, a fait référence à ces articles dans une interview accordée à BFM TV le 30 avril. En ces termes : « Il paraît même qu’Agnès Buzyn a prescrit à un producteur de télévision, donc c’est quand même que j’ai une influence sur la prescription, qui est notable. Enfin, je sais pas si c’est vrai. »

« En désespoir de cause »

La ministre de la Santé, qui avait été accusée à tort, comme CheckNews l’avait expliqué, d’avoir classé en janvier la chloroquine dans les « substances vénéneuses », se voit désormais accusée par plusieurs sites d’administrer à certains « privilégiés » un traitement qu’elle aurait refusé au reste de la population.

Ces articles se basent sur le témoignage d’un producteur de cinéma, Raymond Blumenthal, ayant été hospitalisé fin mars à l’hôpital militaire de Clamart. Le 16 avril, une fois rentré chez lui, il racontait cette expérience à la chaîne i24News.

Dans cette vidéo, il dit effectivement avoir vu à cette occasion la ministre de la Santé, assure avoir reçu un traitement à base d’hydroxychloroquine, mais ne fait jamais le lien entre les deux dans cette vidéo, comme certains commentateurs ont voulu le comprendre.

Contacté par CheckNews, celui qui a récemment produit le Prince oublié, avec Omar Sy, raconte : « Je suis rentré à l’hôpital le 22 ou 23 mars, j’étais dans un état moyen, on ne m’a pas soigné à la chloroquine tout de suite. Au bout de quelques jours, ça a évolué dans le mauvais sens, mes poumons étaient très atteints. Et là, presque en désespoir de cause, le médecin du service m’a prescrit de la chloroquine. »

« Agnès Buzyn ne m’a pas soigné »

Ce médecin n’était donc pas Agnès Buzyn, Raymond Blumenthal expliquant avoir été traité par les deux responsables du service maladies infectieuses de l’hôpital.

Le producteur poursuit son récit, après s’être étonné de la déformation de ses propos tenus sur i24 : « Deux ou trois jours après, j’ai vu une dame masquée dans ma chambre, elle m’a dit qu’elle s’appelait Buzyn. Je n’ai pas fait tout de suite le lien, mais ensuite j’ai compris. Elle passait de temps en temps dans ma chambre, elle me réconfortait moralement, on parlait des élections. Mais elle ne m’a pas soigné, et ce n’est pas avec elle que je discutais de mon traitement.»

Au-delà du cas Buzyn, le producteur maintient en revanche que l’hôpital militaire de Clamart lui a bien administré de l’hydroxychloroquine. Ce dont atteste le dossier médical du patient, que CheckNews a pu consulter. Contacté par CheckNews, le ministère des Armées refuse de confirmer, ne souhaitant pas commenter un sujet qui relève, selon lui, du secret médical. Impossible donc de connaître la part des malades de l’hôpital de Clamart ainsi traités. CheckNews a contacté un autre patient de l’hôpital militaire, soigné fin mars, qui explique, lui, n’avoir pas eu accès au même traitement.

« Achat de précaution »

Comme CheckNews l’expliquait, l’hydroxychloroquine, pour laquelle il n’existe à ce jour aucune preuve d’efficacité contre le Covid-19, est utilisée dans plusieurs hôpitaux français, dans des cadres variés (traitement compassionnel, protocole de recherche), et dans le respect d’un décret d’encadrement.

La question de l’usage éventuel de l’hydroxychloroquine par les médecins militaires s’est posée à plusieurs reprises ces derniers jours. Le 24 avril, après la publication sur les réseaux d’une vidéo montrant une livraison de baril de phosphate de chloroquine en provenance de la Chine, et à destination de la pharmacie centrale des armées, le ministère des Armées avait expliqué : « Dans le contexte de forte tension des approvisionnements en matière première à usage pharmaceutique, le ministère des Armées a réalisé un achat de précaution, si jamais la chloroquine se révélait être validée par les autorités de santé comme étant utile pour lutter contre le Covid-19.»

En revanche, l’armée a formellement démenti – comme la rumeur l’affirmait sur les réseaux sociaux – avoir traité avec l’hydroxychloroquine les marins malades du porte-avions Charles-de-Gaulle.

Cordialement


Photo d’illustration : Agnès Buzyn, ex-ministre de la Santé, le 25 novembre à Matignon.Photo Stéphane de Sakutin. AFP

Robin Andraca

Libération

5 mai 2020

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