Non seulement l’industrie agroalimentaire élabore des produits dangereux pour la santé avec un bon millier d’additifs alimentaires dont la plupart sont toxiques, mais lorsque le grand public s’aperçoit de leur dangerosité, en l’occurrence, ici, l’huile de palme, cette même industrie va trouver des moyens afin de continuer à vous la vendre sans que vous le sachiez. Bien sûr, l’État dont le rôle consiste à vérifier tout cela pour que le consommateur ne soit pas trompé, a encore failli à sa mission. L’État ayant failli, ce sont toujours les associations de consommateurs et de citoyens qui dénoncent les dérives fiscales, les dérives de l’industrie agrochimique, les dérives du traitement des animaux…


L’ONG épingle « les industriels qui débordent d’inventivité », avec des mots comme « tradition » ou « trésor de grand-mère », pour dissuader les consommateurs de consulter la liste des ingrédients.

La mention de la présence d’huile de palme dans la liste des ingrédients des produits alimentaires est obligatoire. Mais cela n’empêche pas les industriels de vanter des recettes « tradition », « comme à la maison », ou encore des secrets de « grand-mère », sur les emballages. Des « astuces marketing » que l’ONG Foodwatch considère comme une « arnaque à l’étiquette », dans un communiqué publié mercredi 26 juin. L’ONG lance une pétition qui cible cinq produits des marques Krisprolls, LU, Herta, Lindt et Knorr.

« Les industriels débordent d’inventivité pour éviter qu’en supermarché on soit tenté de retourner l’emballage afin de lire les tout-petits caractères », écrit Foodwatch. Des procédés marketing qui consistent, selon l’ONG, à « détourner l’attention » avec « de beaux épis de blé, la mention de la tradition en grand ou d’une recette digne de nos grands-mères ». « Ce sont des arnaques », dénonce Camille Dorioz, responsable des campagnes chez Foodwatch, qui rappelle que « l’huile de palme est très controversée pour son impact sur l’environnement, les droits sociaux et la santé ». Pour Foodwatch, le seul intérêt d’y recourir, pour les industriels, est économique.



En vingt ans, la production mondiale d’huile de palme est passée de 17 millions de tonnes à près de 70 millions de tonnes. Un intérêt qui s’explique par son faible coût de production. Sa texture, son odeur neutre et ses propriétés de conservation en font aussi un ingrédient très prisé dans l’industrie de l’agroalimentaire. Mais sa production est responsable d’une grande partie de la déforestation en Malaisie.


Photo d’illustration : une femme pousse son caddie dans un supermarché de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le 7 décembre 2017. (THOMAS SAMSON / AFP)

26 juin 2019