Lacan professait qu’il faut « ne pas céder sur son désir ». En vain… En vérité je vous le dis, c’est sur son innocence qu’il ne faut pas céder. Dieu est tout entier dans l’innocence d’un enfant, l’innocence de la foi d’un enfant. Car un enfant, au tout premier âge de la vie, a foi innocemment en cette vie qu’il appréhende. Et mois après mois, semaine après semaine, jour après jour, il va céder sur son innocence, sur sa foi innocente, et devenir adulte. Cette foi innocente est plus sincère et plus authentique que celle de tous les docteurs en islam réunis et celle de tous les évêques réunis. Le génie est celui qui ne cède pas sur son innocence, ou du moins sur une part de son innocence, et qui ne craint pas d’être ridicule en allant jusqu’au bout de son innocence. C’est la plus pure innocence qui démasquera Satan. La grâce de l’innocence triomphe des forces les plus démoniaques.

En général, la grâce triomphe de la force, la grâce de la vérité… la force du mensonge…. Voilà une bonne définition de la modernité israélite actuelle : éradication totale et radicale du moindre germe d’innocence. Mais l’innocence est indestructible, elle est d’essence divine. Satan exige des maîtres de la finance qu’ils lui sacrifient toujours plus de très jeunes enfants car il aperçoit au miroir de leur innocence le reflet insoutenable de son abominable laideur… Dorian Gray. L’audace de l’innocence est de refléter l’inavouable. L’audace est une manifestation de l’innocence. L’humanité aujourd’hui n’a plus d’audace car elle n’a plus d’innocence, et à défaut d’innocence elle devient stupide. C’est l’innocence d’une adolescente palestinienne qui lui a donné l’audace de gifler des soldats d’occupation armés jusqu’aux dents et de démasquer par les suites de son geste cette tyrannie suprêmement diabolique qui sévit en Palestine. En Occident, l’innocence passe pour de la bêtise, mais les occidentés n’en sont pas moins devenus stupides et manipulables, tellement stupides et manipulables qu’ils deviennent les artisans de leur propre disparition ! Ne comprenant pas que ne pas être manipulable c’est ne pas céder sur son innocence.

Qu’on se le dise, l’innocence est la source intarissable de la vie, de l’intelligence, de la sagesse et de la justice, et le principe premier de toute création, de toute création digne de ce nom… La duplicité, quant à elle, est la source intarissable de la destruction et de l’autodestruction. Dès lors que l’on s’écarte un tant soit peu de l’innocence on entre dans la duplicité. Tout comme on entre dans la dualité lorsqu’on s’écarte de l’unité. La dualité s’origine dans une duplicité primordiale. La clarté est naturellement du côté de l’innocence et la confusion du côté de la duplicité, de la multiplicité. En Occident, on a tellement sombré dans la duplicité que la multiplicité la plus chaotique a tout ravagé. L’innocence qui ne cède pas est une manifestation de l’unité, la plus haute manifestation de la noblesse. L’innocence-qui-ne-cède-pas, voilà comment je surnomme Abel. Voilà le secret ultime de la métaphysique de la vie, le secret ultime de toutes les religions et de tous les savoirs, l’essence de l’éternité.