lingots


Nous allons certainement assister à une envolée durable de l’or ainsi que de l’argent (métal) vu la panique des investisseurs et autres financiers effrayés par le Brexit. Il faut bien savoir que l’or est coté à Londres depuis un moment et que ce n’est pas le Brexit qui va y changer quoi que ce soit. La LBMA qui est la London Bullion Market Association fait la pluie et le beau temps, concernant la cotation de l’or et ce, de manière totalement opaque sans choquer grand monde, puisque toutes les manipulations sont possibles à l’instar du Libor… Bref, la place de Londres est ultra puissante et le Brexit n’y changera rien. Il reste néanmoins un investissement de choix, puisque lorsque nous informions nos lecteurs en 2006-2007, en leur conseillant vivement d’acheter de l’or, l’once était à 600 $ ; elle dépasse largement les 1300 $ aujourd’hui…


La majeure partie des échanges sur l’or s’effectue sur les marchés de gré à gré (OTC). Londres est le foyer de la communauté internationale de transaction de gré à gré devant New York, Zurich et Tokyo. Le volume quotidien échangé à Londres sur le London Bullion Market Association (LBMA) est d’environ 20 millions d’onces d’or pur, soit un quart de la production mondiale annuelle d’or (2450 tonnes en 2009). Source.


Depuis l’annonce du « Brexit », l’or enregistre d’excellentes performances, bénéficiant à la fois de son aspect « valeur-refuge » et de la baisse des taux sur le marché obligataire. Moins regardé que le métal jaune, l’argent bénéficie tout autant du contexte actuel.

Depuis le début de l’année, tout pousse à la hausse des cours de l’or. Après le stress boursier de janvier-février lié à la chute des prix du pétrole, ce sont désormais les incertitudes liées à la victoire du « Brexit » qui tirent le métal jaune à ses plus hauts niveaux depuis mars 2014.

Au cours du premier semestre 2016, l’once d’or est passée de 1.060 dollars à plus de 1.340 dollars (+26%). L’impact du « Brexit » est particulièrement notable dans cette progression puisque depuis le début du mois de juin, la hausse du métal jaune sur les marchés, exprimée en dollars, est de plus de 10%.

La hausse du cours de l’or, exprimée en livres sterlings, est plus forte encore. « Les cours de l’or, touchant le seuil des 1000 livres, sont ainsi revenus sur leur niveau d’avril 2013 » remarque Arnaud du Plessis, gérant actions spécialisé sur l’or et les ressources naturelles chez CPR AM.


Evolution du cours de l'or, en dollars par once, depuis le début de l'année. Source : Boursorama.


Evolution du cours de l’or, en dollars par once, depuis le début de l’année. Source : Boursorama.

En cause : la baisse des taux obligataires et l’absence de hausse des taux directeurs

La victoire du camp eurosceptique au référendum britannique du 23 juin et les incertitudes que celle-ci engendre « a mis fin à toute anticipation d’une hausse des taux directeurs de la Fed en 2016, et aussi en 2017 si l’on en croit les probabilités calculées par le marché » explique Arnaud du Plessis. « De quoi donner une bouffée d’oxygène supplémentaire au marché de l’or, extrêmement sensible à cet indicateur ».

À noter que les anticipations du marché sur la hausse des taux de la Fed restent très spéculatives. La victoire du « Brexit » a montré que les anticipations des investisseurs pouvaient parfois être totalement battues en brèche. Il est en effet toujours possible que la Fed remonte ses taux de 25 points de base (0,25%) d’ici la fin de l’année si les craintes liées au « Brexit » parvenaient à être digérées sans trop de difficultés par les investisseurs au cours des prochains mois.

Outre l’éventuel statu quo prolongé des banques centrales sur leurs taux directeurs, « L’accentuation de la tendance en territoire négatif des taux souverains tout autour du Monde constitue un deuxième point » favorisant la hausse des prix du métal jaune, ajoute Arnaud du Plessis.

Attention à la déconnexion des prix de l’or face aux fondamentaux

Néanmoins, l’importante hausse du métal jaune depuis le début de l’année a déconnecté les cours de l’or vis-à-vis des anticipations d’inflation, qui restent quant à elles très faibles et devraient en temps normal limiter la hausse des cours du métal jaune. Ainsi, « une détente de la situation [sur les marchés] entraînerait probablement une consolidation du marché aurifère » prévient le gérant de CPR AM.

Les fondamentaux du marché de l’or physique restent par ailleurs relativement incertains à cause des statistiques parfois peu engageantes relatives à la demande mondiale.

Arnaud du Plessis  explique : « Les banques centrales ralentissent leurs achats, Public Bank of China inclue. Quant aux grands « consommateurs » que sont les Chinois et les Indiens, la situation est contrastée. Si les importations chinoises, via Hong Kong, ont bondi de 68% en mai à 115 tonnes, pour un total de 342 tonnes depuis le début de l’année (+3%), les achats indiens sont en berne, pénalisés par la hausse des cours, et en retrait de 53% à fin mai par rapport à la même période en 2015. Prudence, donc, même si l’environnement demeure très favorable à l’or ».

L’argent a gagné 25% en un mois et 40% depuis le début de l’année

Plus discret que l’or mais tout aussi efficace en termes d’investissements, le métal argent connaît également un parcours particulièrement intéressant depuis le début de l’année.

« Suite à l’annonce du résultat du référendum britannique sur l’adhésion à l’UE, l’argent a progressé de 10,2% [du 24 juin au 4 juillet selon Bloomberg] et, comme l’or, peut servir de valeur refuge lors des phases de turbulence sur les marchés » relève Nitesh Shah, directeur des stratégies sur matières premières chez ETF Securities.


Evolution du cours de l'argent, en dollars par once, depuis le début de l'année. Source : Boursorama.


Évolution du cours de l’argent, en dollars par once, depuis le début de l’année. Source : Boursorama.

Contrairement à l’or, le marché de l’argent bénéficie par ailleurs de fondamentaux ayant tendance à tirer naturellement les cours à la hausse, affirme le spécialiste d’ETF Securities.

« Outre ses qualités défensives, son usage industriel intensif lui offre un potentiel de hausse si les pires scénarios de croissance économique ne se concrétisent pas. En 2016, l’argent devrait connaître un déficit en termes d’offre pour la quatrième année consécutive dans la mesure où la demande en faveur du métal reste soutenue tandis que l’offre souffre de la forte réduction des investissements miniers ».

Dans ce cadre, « L’offre devrait rester tendue » affirme le gérant, maintenant la pression à la hausse sur les prix.

Pour rappel, sur les marchés financiers, l’or et l’argent peuvent s’acheter et se vendre à travers des trackers indexés sur ces métaux, ou plus indirectement à travers les actions d’entreprises du secteur minier. Ces deux actifs restent généralement difficiles d’accès pour les particuliers français dans le cadre d’un PEA.

Xavier Bargue