Il semble que nous assistions là encore à un scénario analogue à celui mis en avant par Tariq Ramadan au moment de sa garde à vue consistant à faire valoir un alibi qui s’est d’ailleurs vite effondré, prétendant qu’il était arrivé au Sofitel de Lyon le 9 octobre 2009 dans la soirée, ce qui l’aurait disculpé. Or, la preuve a été apportée qu’il était arrivé à 11h15 ce qui lui laissait largement le temps de rencontrer la plaignante. La suite nous la connaissons ; après avoir longtemps nié toute relation physique, Tartufe Ramadan, une fois les preuves formelles recueillies par les enquêteurs, ne pouvant dès lors nier l’évidence, finit par avouer des relations sexuelles « consenties ».

On ne croit plus celui qui mentit une fois, lors même qu’il proclame la vérité. disait à juste titre son compatriote suisse, l’écrivain et politicien Jean-Louis Moré qui a vécu à cheval entre les XVIIIe et XIXe siècles.

D’où la nécessité d’une enquête judiciaire approfondie à même de démêler le vrai du faux.


L’islamologue suisse Tariq Ramadan a affirmé sur RMC/BFM TV ne pas connaître la femme qui l’accuse de viol en réunion à Lyon le 23 mai 2014, assurant avoir donné à cette date une conférence aux États-Unis.

Or cette conférence a débuté le lendemain.

L’intellectuel musulman de 57 ans, déjà mis en examen en France pour deux viols qu’il conteste et sous le coup d’une enquête pour les accusations d’une troisième femme, est visé depuis cet été par une quatrième plainte, cette fois pour « viol en réunion ».

Dans cette plainte, déposée le 12 juillet, une femme accuse Tariq Ramadan et un de ses amis de l’avoir violée le 23 mai 2014 dans un hôtel de Lyon où elle devait l’interviewer.

« Le 23 mai 2014, je suis en train de donner une conférence à Baltimore devant 10.000 personnes », a assuré vendredi 6 septembre 2019 M. Ramadan sur RMC/BFMTV. « Sauf à avoir le don d’ubiquité (…), je n’y étais pas », a ajouté M. Ramadan.

Son emploi du temps de l’époque

Tariq Ramadan a bien donné plusieurs conférences à Baltimore (une ville située près de la capitale Washington DC), mais entre le 24 mai et le 26 mai, dates auxquelles se tenait la 39e convention annuelle de l’ICNA-MAS, une organisation islamique présente en Amérique du Nord.

Selon le programme retrouvé par l’AFP, M. Ramadan est intervenu une première fois le samedi 24 mai dans une session commençant à partir de 14H00, heure locale, soit 20H00, heure française.


Un extrait du programme de la conférence où intervenait Tariq Ramadan à Baltimore

D’après les tweets retrouvés par l’AFP, M. Ramadan s’est exprimé aux alentours de 15H15, heure locale (21H15, heure française), devant quelques centaines de personnes.



Voici la vidéo.

M. Ramadan a ensuite donné au moins une autre conférence, probablement le dimanche 26 mai devant un panel plus large qui pourrait correspondre aux « 10.000 personnes » évoquées.

Après l’entretien sur RMC/BFMTV, l’entourage de l’islamologue a d’ailleurs précisé à l’AFP qu’il était en réalité parti de Londres le 23 mai 2014 à 16H35 (heure locale) pour arriver à 19H55 à Baltimore.

En conclusion, la conférence évoquée par M. Ramadan pour justifier qu’il n’était pas à Lyon le 23 mai 2014, jour où il est accusé d’avoir commis un viol en réunion, s’est en réalité tenue dans les jours suivants.


Photo d’illustration : L’islamologue Tariq Ramadan, le 30 août 2019 à Paris (AFP / Martin Bureau)

Guillaume Daudin
Journaliste AFP et coordinateur du blog Factuel
Service des Informations générales de l’AFP
6 septembre 2019