Donc si on comprend bien la justice en France, on prend de la prison ferme parce qu’on ne respecte pas le confinement ou parce qu’on donne une petite gifle à Macron, mais si on agresse sexuellement 6 enfants en classe primaire – 6 à 12 ans -, ce sera que de la prison avec sursis ; logique et très compréhensible pour tous. Trois années d’instruction qui ont coûté un argent public fou pour en arriver à une peine aussi ridicule ! Comment est-ce possible ! Comment une société qui se dit civilisée n’arrive pas à protéger ses enfants avec des peines de prison exemplaires dissuasives ?



Ancien instituteur à Criquetot-l’Esneval et ex-maire d’Étretat, Franck Cottard, a été condamné ce lundi 28 juin 202 au Havre à de la prison avec sursis et au port d’un bracelet électronique à domicile pendant un an.

Il était poursuivi pour attouchements sexuels sur mineure de moins de 15 ans.

Ce lundi 28 juin 2021 au Havre, les juges du tribunal judiciaire ont aggravé les réquisitions du procureur de la République, qui avait déjà estimé que Franck Cottard avait profité de sa position de force.

Le verdict prononcé est ainsi de trois ans de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans, un an de prison ferme avec port du bracelet électronique, obligation de se soigner, d’indemniser les victimes, interdiction de mener des activités avec les mineurs et une peine d’inéligibilité sur une période de cinq ans.

L’homme de 61 ans était jugé pour agression sexuelle imposée à un mineur de moins de 15 ans.

6 écolières concernées, 3 ans d’instruction 

Les faits remontent à 2018, et concernent six élèves scolarisées alors en école primaire, lorsque l’ancien édile d’Etretat était aussi professeur des écoles à Criquetot-l’Esneval et Heuqueville. A l’époque, les parents d’une écolière de Criquetot-l’Esneval avaient été les premiers à porter plainte contre l’ancien maire. Leur fille de 11 ans, élève en CM2 accusait Franck Cottard d’attouchements sexuels.

Une procédure judiciaire avait alors été enclenchée et l’Education Nationale avait suspendu l’instituteur de ses fonctions.

À la tête d’Étretat de 2008 à 2016, il avait été entendu par les gendarmes le jour de son arrestation, le 17 juin 2018. Nos confrères de Paris Normandie avaient à l’époque recueilli son témoignage :  il a reconnu une seule partie des faits, durant ses deux jours de garde à vue, avouant alors qu’une seule petite fille était concernée, celle qui l’a dénoncé. Et qu’il avait une attirance pour elle, mais rien de sexuel. »

Les premières auditions de la victime et de l’ancien instituteur aboutiront finalement à trois ans d’instruction, durant lesquelles les enquêteurs avaient lancé un appel pour retrouver ses anciennes élèves. Les gendarmes retiendront ainsi les déclarations de six victimes, aujourd’hui âgées de 14 à 25 ans. Trois d’entre elles ont aussi décidé de porter plainte et de se constituer partie civile. L’une d’entre elles était présente au Havre ce lundi, les deux autres représentées à l’audience par leurs parents et avocats.

En réalité, il s’avère que les faits reprochés à Franck Cottard sont à peu près tous similaires. Toutes ces jeunes femmes et adolescentes, élèves entre 2005 et 2018, avaient déclaré lors de leurs auditions « avoir été caressées sur les fesses, dans le dos et la poitrine ». La plupart d’entre elles ont aussi expliqué que leur instituteur de l’époque « les faisait asseoir sur ses genoux, surtout pendant les moments de lecture ». Une ancienne collègue aurait également déclaré « avoir surpris l’instituteur à califourchon sur une élève ou encore avec la main des élèves dans sa poche lors de sorties scolaires ».

Des excuses insuffisantes qui n’ont pas convaincu les juges

Présent lors de l’audience de ce lundi, notre confrère de Paris Normandie, rapporte que lors des demandes d’explications du juge au prévenu sur ces gestes, ce dernier, penaud, aurait fait preuve de contrition :

« Je m’excuse auprès des victimes. Je ne me rendais pas compte, à l’époque, que ce que je faisais n’était pas normal. Ce n’est pas comme aujourd’hui, nous n’étions pas formés sur les comportements à adopter. Grâce à la procédure judiciaire et à la thérapie que j’ai entreprise, j’ai compris que cela n’était pas normal. Mais à l’époque, je ne me rendais pas compte ».


Photo d’illustration : Franck Cottard en mairie d’Étretat • © France 3 Normandie