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Le président russe Vladimir Poutine avait signé cette loi au cœur de l’été dernier. Sputnik/Mikhail Klimentyev/Kremlin via REUTERS

Alors que d’aucuns se lancent dans le business du VPN, voici que leur héros, Vladimir Poutine, interdit ce système de cryptage et de sécurisation ! Ils en pensent quoi, maintenant ?


Une loi entrant en vigueur ce mercredi en Russie s’attaque aux connexions sécurisées et anonymes à Internet, ce que professionnels et défenseurs des droits de l’homme dénoncent comme un renforcement de la censure à l’approche de la présidentielle.

Adopté cet été, le texte interdit les logiciels qui permettent d’accéder à Internet de manière anonyme ou par VPN (« Virtual private network », les réseaux privés virtuels). Ces connexions privées utilisées par des entreprises à des fins de sécurité mais aussi par des utilisateurs souhaitant faire croire qu’ils se connectent depuis un autre pays pour contourner les blocages de certains sites.

La loi charge l’agence russe de surveillance des télécommunications Roskomnadzor d’établir la liste des services permettant de se connecter de manière anonyme et l’autorise à les bloquer.

Pour ses auteurs, il s’agit d’éviter que les internautes ne contournent les décisions de la justice russe pour visiter des sites bloqués, par exemple pour leur lien avec des organisations terroristes ou parce que jugés extrémistes.

Mais pour ses détracteurs, il constitue une nouvelle étape du tour de vis exercé sur l’internet russe depuis le retour au Kremlin de Vladimir Poutine en 2012, accompagné de manifestations d’une opposition très connectée.


ANALYSE

On entre dans un cycle électoral avec la présidentielle au mois de mars prochain. Et quand on se réfère à l’élection précédente en 2011- 2012 – élections parlementaires en décembre 2011 ou présidentielle de mars 2012 -, ce cycle avait été émaillé d’un certain nombre de manifestations qui avaient été cordonnées par les réseaux sociaux, Twitter, Facebook et VKontakte en particulier…
Julien Nocetti, Chercheur à l’Institut français des relations internationales01/11/2017 – par Anastasia Becchio Écouter

L’ONG Amnesty International a critiqué un « coup majeur à la liberté de l’internet » tandis qu’Edward Snowden, l’ex-consultant du renseignement américain réfugié en Russie, a estimé que la loi rendait le pays « moins sûr et moins libre ».

La loi « affectera les journalistes et les militants qui utilisent ces services pour publier des messages de manière anonyme », prévient Eva Galperin, directrice pour la cybersécurité chez Electronic Frontier Foundation, une ONG de protection de libertés sur internet basée aux États-Unis.

Elle estime que la loi sera appliquée de manière sélective et devrait épargner les sociétés étrangères implantées en Russie, qui craignent de perdre avec les VPN un moyen de sécuriser leurs données.

Plusieurs fournisseurs de services VPN, tels VPN Zenmate ou Private Internet Access, ont déjà prévenu qu’ils ne comptaient pas se plier à la nouvelle loi.


RFI  / AFP)