Décidément, le favori à la présidentielle tunisienne, M. Kaïs Saied, est doté d’une morale exemplaire puisqu’il refuse de faire campagne du fait que son adversaire Nabil Karoui – le copain de Berlusconi ! – soit en prison. Il faut dire que cette présidentielle tunisienne est assez atypique et unique, elle réservera, nous l’espérons, de belles surprises au peuple frère tunisien.


Sous le coup d’une enquête pour fraude fiscale et blanchiment depuis 2017, son rival Nabil Karoui a été incarcéré fin août.

Il invoque des « considérations morales ». Le candidat à la présidentielle en Tunisie Kais Saied a annoncé samedi 5 octobre qu’il cessait de faire campagne pour le second tour afin de respecter l’égalité des chances avec son adversaire Nabil Karoui, en prison depuis fin août. Arrivé en tête au premier tour le 15 septembre après une campagne de terrain à petit budget, et via des groupes sur Facebook, cet universitaire a continué à rester discret, évitant certains plateaux télé.

Le président de la République par intérim Mohammed Ennaceur a souligné vendredi que l’incarcération d’un candidat était « une situation anormale pouvant avoir des répercussions graves et dangereuses sur le processus électoral ».

Nabil Karoui, sous le coup d’une enquête pour fraude fiscale et blanchiment depuis 2017, a été incarcéré une semaine avant le début de la campagne pour le premier tour de la présidentielle. Il accuse des rivaux politiques, notamment le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, d’avoir instrumentalisé la justice. Les demandes de libération présentées par ses avocats ont été rejetées. Ses partisans ont évoqué la possibilité de faire recours contre l’élection, si leur candidat était écarté au second tour.


Photo d’illustration : Kaïs Saied à Tunis (Tunisie), le 17 septembre 2019. (CHEDLY BEN IBRAHIM / NURPHOTO)

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France Télévisions


5 octobre 2019