L’humiliation est ainsi répétée, la première fois au sol et maintenant par le grand patriote Lolo Fabius

diplomate-francaise-fr-1982204-jpg_1760848Entre le respect du droit international et la préservation de ses bonnes relations avec Israël, la France a tranché. Et c’est à une diplomate française d’en faire les frais. Le 20 septembre dernier, Marion Fesneau-Castaing est tirée de force d’un camion et plaquée au sol par des soldats de Tsahal. La Française, attachée humanitaire du consulat général de Jérusalem, fait partie d’un groupe de diplomates européens accompagnant un convoi humanitaire dans la vallée du Jourdain, à l’est de la Cisjordanie. Par leur présence, ils comptent protéger une équipe de militants d’ONG et de Palestiniens locaux, venus distribuer des vivres et des tentes à des Bédouins de Makhoul, sans domicile après avoir vu leurs habitations détruites sur décision de la Cour suprême israélienne. Comme 90 % de la vallée du Jourdain, le village de Makhoul se trouve en zone C, sous contrôle total de l’armée israélienne. Ce territoire, qui représente 62 % des Territoires palestiniens, demeure sous l’autorité exclusive d’une administration civile israélienne depuis les accords d’Oslo II (1995, NDLR), dans l’attente de son transfert à un hypothétique État palestinien.

Destructions

En tant que puissance « occupante », l’État hébreu est censé, en vertu du droit international humanitaire, assurer les besoins fondamentaux des « occupés », c’est-à-dire des 150 000 civils palestiniens. Israël, qui s’est approprié 70 % de l’espace pour ses besoins militaires, favorise dans les 30 % de territoire restant le développement des colonies juives. 300 000 colons y vivent aujourd’hui au mépris du droit international. Quant aux Palestiniens, ils se voient refuser 90 % de leurs demandes de permis de construire dans la zone. Refusant d’être expulsés, les locaux ont recours aux constructions illégales.Financées en partie par l’Union européenne, ces installations de fortunes comprennent, outre les habitations, des citernes à eau, des systèmes électriques ou des panneaux solaires. Mais ces projets n’obtenant pas non plus de permis israéliens, ils sont de fait frappés par des ordres de démolition. Depuis début 2013, Israël a détruit 524 structures appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est, provoquant le déplacement de 862 personnes, selon les statistiques du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU. Les 120 Palestiniens de Makhoul en font partie. Le 16 septembre dernier, l’armée israélienne a démoli une cinquantaine de structures, dont une dizaine d’habitations leur appartenant, avant de décréter le site « zone militaire fermée ». Le convoi humanitaire comptait ainsi leur apporter l’aide nécessaire afin qu’ils puissent rester sur place.

Droit international

Mais la protection diplomatique n’a pas suffi. Le véhicule est bloqué de force par les militaires israéliens qui confisquent les tentes. Les diplomates s’interposent. « Ils m’ont éjectée du camion et forcée à rester au sol, sans considération pour mon immunité diplomatique », s’est insurgée auprès de l’agence Reuters Marion Fesneau-Castaing. « Voilà comment le droit international est respecté ici », a ajouté la diplomate, décrite comme une personne « de caractère ». « C’est choquant et révoltant », a renchéri un autre diplomate européen qui a requis l’anonymat. « Nous allons en référer à nos gouvernements respectifs. » Très vite, la photo de la diplomate à terre fait le tour du Web.

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