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Nathalie Goulet @ SIPA PRESS.

Si tel est le cas, il y a de grandes chances pour que des journalistes officiels, très propres sur eux, se retrouvent en prison puisqu’ils sont les premiers à diffuser des fausses informations, de faux sondages, de fausses analyses à longueur de journées et sur toutes les antennes. Il suffira de déposer plainte contre eux pour se débarrasser de ces parasites propagandistes…


La sénatrice UDI de l’Orne Nathalie Goulet souhaite pénaliser les auteurs des fausses informations sur Internet.

Surtout, elle entend ouvrir un débat de société sur cette question et hisser l’éducation aux médias au rang de cause nationale Un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende. C’est la peine à laquelle pourrait s’exposer, dans un futur pas si lointain, tout auteur de fausses informations sur internet, sciemment écrites pour tromper. Les fameuses « fake news » ou fausses informations, la sénatrice UDI de l’Orne Nathalie Goulet en a fait son cheval de bataille. Au-delà d’une proposition de loi déposée au Sénat le 22 mars dernier, elle souhaite avant tout « ouvrir le débat ».  .

INTERVIEW – 

Lutter contre les fausses informations : pourquoi maintenant ?

Le problème des fausses informations est partout. Dans la campagne américaine, dans les informations russes… Notre arsenal juridique, je l’ai vérifié, ne comporte pas pour le moment de moyens de lutter contre elles. Il y a bien quelques dispositions dans le droit spécial, comme dans le droit des finances, mais il n’existe aucun texte général.

Ne craignez-vous pas de vous heurter au principe de la liberté d’expression ?

Je n’ai pas de velléité liberticide : d’ailleurs, je ne crois pas au contrôle du Net. Simplement, je constate qu’il y a des trous dans la législation. Internet ne peut pas être un espace de non-droit. Les fausses informations relèvent de la construction du doute, ce qui constitue un danger, une menace.  Une fois qu’elles sont lancées sur les réseaux sociaux, le coup est parti.

Avec cette proposition de loi, l’idée est d’ouvrir le débat, de mettre la question des fausses infirmations sur la table. Ce n’est pas parce que notre pays est en campagne électorale que nous devons cesser de réfléchir. C’est pourquoi je souhaite ouvrir la discussion sur la base d’un texte, peut-être imparfait, dont je sais qu’il déclenchera des réactions.

Quelles sont les pistes à explorer ?   

J’envisage l’éducation aux médias comme une construction citoyenne. Je veux qu’elle soit partie intégrante de l’éducation nationale. Dans ma circonscription de l’Orne par exemple, le « réseau Information Jeunesse » publie un magazine pour aider au décodage de l’info.Àl’école, l’éducation aux médias pourrait faire partie d’un bloc de citoyenneté, à travers des associations.

On pourrait même imaginer que les amendes demandées aux auteurs des fausses informations soient reversées à ces associations. Je n’entends pas forcément m’engager dans une logique de répression, mais bien plutôt de construction. Je pense que c’est avec la société civile que nous trouverons un axe d’action. Cette question complexe, dont il apparaît qu’elle peut affecter des gens et faire des victimes potentielles, se […]

LCI