Anne Lamotte fin octobre, juste après le cambriolage des joyaux dans la galerie d’Apollon le 19 octobre a publié une chronique sur la patronne du Louvre qui n’a rien à envier aux pires républiques bananières ! C’est hyper flatteur et même au-delà : que du brillant parcours, les expos qui cartonnent, le charisme, l’autorité, l’ouverture à la mode et à la musique, même des anecdotes mignonnes sur Papy fait de la résistance et son humour mordant… Bref, zéro de chez zéro critique, on dirait un CV lu à voix haute. On n’a jamais vu ça !
Mais bon, timing pourri, parce que depuis c’est la tempête au Louvre : déjà le vol spectaculaire des bijoux de la Couronne (valeur inestimable, couronne d’Eugénie abîmée…) avec une humiliation en Mondovision, des audits sécurité qui pointent des failles, grève des agents qui votent la motion, climat social pourri, critiques nombreuses sur la gestion de des Cars… On ne peut pas faire pire et pourtant tout est caché, tout est couvert par des mots creux que personne ne croit.
Pourtant le musée est très riche avec son budget à 301.9 millions d’euros, en constante augmentation ! On se demande bien où va l’argent encore une fois ?
Pour l’année 2024, le musée du Louvre a enregistré des recettes record, portées par une augmentation des tarifs et une fréquentation solide. Selon le rapport de gestion publié en 2025, les produits de fonctionnement totaux s’élèvent à 301,9 millions d’euros (contre 277,8 M€ en 2023).
Après le cambriolage de la semaine dernière au Louvre, la présidente-directrice du plus grand musée du monde est sous le feu des projecteurs.
Lors de son audition devant le Sénat mercredi 22 octobre, trois jours après le spectaculaire cambriolage, la voix de Laurence des Cars ne tremble pas. Elle porte une tenue sobre, réajuste ses lunettes… On sent le sérieux, la rigueur, on entend la pointe d’aristocratie dans le phrasé.
**Certains la décrivent autoritaire. Elle réagit en 2017 sur France Culture, alors qu’elle vient de prendre la présidence du musée d’Orsay à Paris : « L’autorité, il en faut un tout petit peu. C’est quelque chose qui est souvent reproché aux femmes, lorsq’elles accèdent au pouvoir : ‘une femme qui sait exercer le pouvoir est forcément autoritaire.’ Sans commentaire ! »
Difficile de déstabiliser Laurence des Cars, dont le CV impressionne. Quand elle sort de l’Ecole nationale du Patrimoine en 1993, elle entre directement au musée d’Orsay. Son travail de conservatrice spécialiste du XIXe siècle, en particulier du peintre Gustave Courbet, fait des étincelles. Des années après l’une de ses expositions, Courbet et la Commune, elle se souvient encore de l’accrochage : « J’avais eu une sensation physique de présence de la peinture, et d’être profondément bouleversée. Quand on a accroché les grands formats, ça a été un moment d’émotion pure avec un silence total dans l’équipe technique. Voir ces tableaux au mur et la force qui s’en dégageait, ce sont des moments que je n’oublierai pas dans ma vie de conservateure. »
Le sens du service public
À partir de 2007, à 40 ans, on ne l’arrête plus : elle dirige l’agence France Museums, chargée du projet du Louvre Abu Dhabi, puis le musée de l’Orangerie, le musée d’Orsay, avant de décrocher le Graal, la direction du Louvre, ancien palais royal devenu musée à la Révolution. Ironie de l’histoire : Laurence des Cars est elle-même issue de la noblesse. Son père, Jean des Cars, était journaliste des têtes couronnées, et c’est la première fonctionnaire de la famille. Le sens du service public et son goût pour l’art viendrait en partie de là. « Je crains d’être tombée dans la marmite assez jeune et d’avoir une vraie passion pour cette question, explique-t-elle sur France Inter en 2020. Je pense qu’elle est un enjeu capital : civique, politique. »
« L’accès à l’art est un vrai, beau et juste combat pour aujourd’hui. Dans un monde très fracturé, très cabossé, l’art a des choses à nous dire, nous rapproche, nous rassemble. Parfois il nous divise et c’est très bien : le débat est bienvenu au musée. Mais il nous fait vibrer et nous fait très humains. »
La dimension politique et humaine du musée, Laurence des Cars y tient. Au musée, dit-elle, on doit réfléchir à la société. En 2019 à Orsay, elle organise une exposition sur le modèle noir : énorme succès. Mais au musée on doit aussi se faire plaisir : elle ouvre en grand les portes, au cinéma, à la musique…Cette année elle fait mouche avec Louvre Couture, première expo de l’institution dédiée à la mode. Cela bouscule les dogmes, les codes, les idées reçues, comme les artistes qu’elle admire : David Bowie, par exemple, dont elle se dit fan absolue.
Comédies cultes et imitations
On apprend également, dans plusieurs articles, que la boss aux airs rigides a beaucoup d’humour, un humour mordant. Dans Le Monde, on lit qu’elle est incollable sur les répliques de comédies cultes comme La Folie des grandeurs ou Papy fait de la résistance. Cela, elle le tiendrait plutôt de son grand-père, Guy des Cars, grand romancier populaire aujourd’hui oublié. Dans Les Echos, on découvre aussi qu’elle aime imiter politiques et célébrités.
Laurence des Cars se livre peu, voire pas. Et quand elle le fait, elle bafouille : par exemple quand, deux jours après sa nomination à la présidence du Louvre en 2021, elle est invitée sur France Inter et qu’on lui demande ce qu’elle a ressenti quand elle a reçu le coup de fil lui annonçant la grande nouvelle. « Mon cœur a battu beaucoup plus fort, évidemment. C’était un moment d’émotion, de joie, que j’ai pu partager avec mes proches. Je n’oublierai jamais cet appel, bien sûr. » On n’en saura pas plus. C’est ce qu’on appelle avoir de la retenue.



























