Un tampon hygiénique (illustration). (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

C’est tout simplement magique et on ne cessera jamais d’être étonnés par ce langage orwellien au culot extraordinaire. On vous explique que dans le matériau entrant dans la composition de ce dispositif d’hygiène féminine intime, appliqué des heures durant au contact direct de muqueuses hyper vascularisées, il y a des pesticides nombreux, dont du glyphosate, mais que cela ne représente absolument aucun risque sanitaire ! Nous savons que ces pesticides sont cancérigènes, que ce sont des perturbateurs endocriniens puissants, mais ça ne représente aucun risque aux yeux de l’ANSES. C’est logique ! D’autant qu’il leur sera très facile de dégoter des professeurs d’université très conciliants, voire particulièrement accommodants, à l’instar du pneumologue Michel Aubier, qui viendront nous expliquer que tout va bien tout en omettant de nous dire que c’est l’industrie des tampons qui leur fait assez régulièrement de gros chèques !


L’Agence nationale de sécurité sanitaire révèle, jeudi, que plusieurs substances chimiques ont été découvertes dans des protections intimes, comme les tampons hygiéniques.

Une étude que franceinfo a pu consulter.

Des pesticides et d’autres substances chimiques trouvées dans les protections intimes féminines, comme les tampons hygiéniques. C’est ce que révèle, jeudi 19 juillet, une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) que franceinfo a pu consulter.

Pas de risque sanitaire selon l’Anses 

« On peut retrouver des pesticides tel que le glyphosate ou encore des pesticides interdits aujourd’hui dans l’Union européenne comme le lindane », explique le professeur Gérard Lafargue, qui a piloté l’étude. « C’est lié à la matière première elle-même, précise-t-il, par exemple le coton qui a pu être traité et puis, il y a d’autres substances qui se forment dans le processus de fabrication de ces protections intimes. Des procédés de blanchiment qui peuvent parfois utiliser des agents chlorés.»  

Cependant, l’Anses certifie que ces substances chimiques ne sont pas responsables du syndrome du choc toxique, car leurs taux sont inférieurs au seuil autorisé. Gérard Lafargue se veut rassurant : « Il n’y a pas de risque sanitaire notamment à long terme qui soit mis en évidence par notre expertise. » 

Une recommandation sur la qualité des protections

Malgré tout, l’agence recommande aux fabricants de changer les procédés de fabrication et d’améliorer la qualité des matières premières, « afin de limiter dans ces protections intimes, la présence de substances chimiques qui pourraient être dangereuses, comme des perturbateurs endocriniens, des allergènes cutanés voire des substances cancérogènes.» Des recommandations qui n’ont pas valeur d’obligation.

Pour rappel, le syndrome du choc toxique est une infection provoquée par l’utilisation prolongée de tampons qui peut – dans le pire des cas – entraîner la mort. Une vingtaine de femmes en sont victimes chaque année en France. D’après l’agence, ces chocs sont dus à une mauvaise utilisation des protections intimes : des tampons trop absorbants, pas assez régulièrement changés ou encore une hygiène parfois douteuse. Des problèmes pour lesquels l’Anses recommande aux fabricants de mieux informer les utilisatrices.

Une étude de l’Anses sur les protections intimes – un reportage d’Alice Serrano


avatar  Thomas Pontillon – Alice Serrano