Mme Brigitte Barèges, maire LR de Montauban, qui s’est fait connaître par sa question à Emmanuel Macron au sujet de l’immigration et l’AME, est connue pour ses nombreuses frasques judiciaires avec plusieurs condamnations judiciaires dont une inéligibilité d’une année. Ses comptes de campagne aux municipales de 2014 ont été rejetés par le Conseil d’État car il présentaient des irrégularités. Elle a été également mise en examen en 2015 dans une affaire d’emploi fictif. Il est question dans cette affaire de chefs de détournements de fonds publics, complicité et recel de ce délit, faux et usage de faux concernant un emploi d’un communicant qui été chargé d’écrire des articles positifs sur la maire de Montauban. L’affaire est toujours en cours et la présomption d’innocence de mise.

Ce préambule était nécessaire afin de présenter cette personnalité politique sulfureuse aux pratiques politiques douteuses qui, bien sûr, va poser une question concernant l’immigration car c’est l’écran de fumée le plus efficace à utiliser.


Le procureur de la République du tribunal de Grande instance de Toulouse confirme avoir ouvert une information judiciaire et a sollicité des magistrats instructeurs la mise en examen de Brigitte Barèges (pour détournement de fonds publics), de Jean-Paul Fourment (recel de fonds publics détournés), Stéphane Bensmaine (complicité de détournement), de Alain Paga (recel de fonds publics détournés) et de la SARL « Éditions Arc en ciel ».

Il a requis un placement sous contrôle judiciaire sous forme de cautionnement à hauteur de 135.000 euros pour Mme Barèges, le maire de Montauban, et de 18.000 euros à l’encontre du directeur du Petit Journal, M. Paga.

Rappel des faits par Alain Baute

L’affaire, remonte à février 2014, quand la procureure de la République montalbanaise, Alix Cabot-Chaumeton, diligentait des investigations sur la foi d’un dossier accusatoire monté par un salarié de la mairie, Jean-Paul Fourment. Ce dernier assurait avoir été embauché par Brigitte Barèges en 2012 pour de la communication municipale, donc payé par la mairie. Or, sans bureau, ni ordinateur, ni messagerie électronique attitrés, selon ses dires, il affirmait que son travail consistait principalement à écrire, de chez lui, dans Le Petit Journal, des articles en faveur de sa patronne. Activité cumulée un temps par sa nomination au poste de directeur de campagne de Brigitte Barèges pour les élections municipales de 2014, avant qu’il soit viré pour un motif jamais publiquement avoué.

Cette situation conflictuelle conduisait Jean-Paul Fourment à prendre attache auprès d’avocats. Cyril Caron et Jean-Robert Phung, du barreau de Montpellier, ont alors conseillé à leur client de ne pas déposer de plainte. Considérant que la personne qui a subi directement le préjudice déclinant de l’infraction pénale supposée n’est pas Jean-Paul Fourment, mais la collectivité montalbanaise.

Avertis de la démarche, deux élus d’opposition (Claude Mouchard et Valérie Rabault) décidaient d’alerter la justice, sous couvert de l’article 40: «Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit, est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs.» Convoqué le premier par les enquêteurs le 28 février 2014, Jean-Paul Fourment a déposé un épais dossier sur le bureau de la police judiciaire. On peut y lire des dizaines de pages contenant notamment des courriels échangés avec Brigitte Barèges ou des proches, ayant pour thème les articles commandés par le maire pour être publiés dans le Petit Journal.

Pour sa défense, Brigitte Barèges, entendue par la PJ le 6 mars 2014, a toujours assuré que «Jean-Paul Fourment était bien chargé de communication à la mairie et qu’il agissait de manière autonome pour ses autres collaborations. Et quand il est devenu directeur de campagne, il a été rémunéré sur les comptes de la campagne». Des comptes rejetés depuis par la commission nationale ad hoc, et le Conseil d’État, qui a confirmé le financement illégal, et condamné le maire à ne pas être remboursé par l’État, des frais engagés.

Durant plus d’un an, des perquisitions et de nombreuses auditions ont été effectuées, dont le contenu, et la volonté d’une bonne administration de la justice, ont encouragé la procureure de Montauban à demander la délocalisation de l’affaire. À Toulouse, les hommes du SRPJ conservaient leurs prérogatives sous la houlette cette fois du procureur Couilleau. Leurs investigations ont finalement débouché sur le placement en garde à vue de Brigitte Barèges, de ses anciens collaborateurs et du patron du Petit Journal, le mardi 16 juin 2015. Des gardes à vue prolongées aujourd’hui, mercredi 17, dans les locaux du SRPJ à Toulouse, où des confrontations étaient envisagées entre chaque partie.

N.D.L.R. : Les quatre personnes dont il est question dans cet article bénéficient de la présomption d’innocence.

Photo d’illustration : Brigitte Barèges pourrait être placée sous contrôle judiciaire. / Photo DDM archives

SERGE BARDY – La Dépêche