Le tribunal correctionnel de Marseille a rendu vendredi dernier un verdict sévère contre le polémiste Marc-Édouard Nabe, de son vrai nom Alain Zannini. Reconnu coupable de harcèlement sexuel et de menaces de crimes à l’encontre d’une avocate marseillaise, il écope de 18 mois de prison, dont 12 mois avec sursis (soit 6 mois ferme !), 20 000 euros d’amende ainsi que l’obligation de publier le jugement à ses frais dans les quotidiens La Provence et Le Parisien. Condamnation infamante pour l’auteur de L’enculé (affaire DSK, 2011).
Il devra également verser 10 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral à la victime, ainsi qu’1 euro symbolique au Barreau de Marseille, partie civile dans cette affaire. Cette peine dépasse largement les réquisitions du parquet, qui avait demandé 12 mois avec sursis et 20 000 euros d’amende lors du procès du 21 novembre dernier. Le tribunal voulait clairement faire un exemple. Marc-Édouard Nabe, absent et non représenté, n’a pas assisté à l’audience. Il a également été condamné à 5 années d’inéligibilité et à rembourser les frais d’avocats de la victime.
C’est une affaire qui remonte à 2018, après un procès pour contrefaçon où l’avocate harcelée avait défendu M. Salim Laïbi contre Marc-Édouard Nabe. En représailles malsaines, l’écrivain a publié sur son site des photos et vidéos d’elle sans son consentement, des textes qualifiés d’« orduriers » par les magistrats, aux relents « sexistes » et « racistes », et une vidéo intitulée « Transraces » évoquant un projet atroce de viol collectif et d’excision !
Profondément atteinte, la jeune femme a abandonné sa spécialité en droit de la presse et souffert psychologiquement de ce harcèlement comme expliqué à l’audience par son conseil. Ce dernier, Me Nicolas Berthier a dénoncé l’impact dévastateur de ces agissements irresponsables, affirmant que Marc-Édouard Nabe « se considère au-dessus des lois ».
Dans ses précédentes plaidoiries, quasiment toutes perdues puisqu’il en est à sa 4e condamnation par la même avocate/victime, le conseil de l’accusé avait tenté l’excuse de l’Art, de la littérature qui permettrait ce genre d’excès ! La plaidoirie de la victime a insisté sur l’aspect violent, indigne et hors sujet du trollage subi.
Les magistrats ont manifestement entendu ce message, la juge a alourdi la sanction pour marquer un « coup d’arrêt » via une peine de 6 mois de prison ferme. Il s’agit de la quatrième condamnation de Marc-Édouard Nabe face à cette plaignante, après une peine en 2021 pour injure publique (3 000 euros d’amende), une autre en 2024 assortie de 15.000 d’amendes au total qui n’ont pas été payés à ce jour, le prévenu ayant organisé son irresponsabilité pénale en s’installant en Suisse, à Lausanne. À ce jour, le polémiste n’a pas réagi publiquement. Un appel reste possible.



























