surdiagnostic cancer sein


Comme pour les campagnes massives de vaccinations, réalisées à l’aveugle, sans même avoir examiné l’enfant et pris en compte d’éventuelles contre-indications, ce qui entraîne les effets indésirables tant redoutés et dénoncés, les campagnes de dépistage du cancer du sein exposent elles aussi à des erreurs de diagnostic par excès. C’est ce que l’on appelle le surdiagnostic, conduisant ces pauvres femmes à recevoir un traitement lourd à supporter et lourd de conséquences, tant pour elles-mêmes que pour la collectivité qui aura à en débourser le coût souvent élevé. Et le tout pour rien, sans même être réellement malades. Car il faut savoir que ces pauvres femmes reçoivent alors pour rien des mixtures abominables qui n’ont rien de commun avec l’eau de fleurs d’orangers. C’est ce que ce brave docteur Duperray a compris depuis belle heurette et qu’il tente depuis deux décennies à inculquer à ses étudiants en spécialité afin qu’ils prennent conscience de ce danger et apprennent à le contourner.


Enseigner le surdiagnostic des cancers du sein ou comment faire la jonction entre l’épidémiologie et la clinique

Le Diplôme Inter-universitaire d’imagerie médicale accueille chaque année une trentaine d’étudiants en médecine spécialisés en radiologie pour leur permettre d’acquérir une véritable compétence théorique et pratique, fondée sur l’apprentissage et la pratique des différentes modalités d’exercice en imagerie mammaire ainsi que la connaissance des indications et des résultats des examens.

Bien qu’il soit à la retraite, Bernard DUPERRAY y assure depuis vingt ans, chaque fois avec plaisir et conviction, un cours de sénologie sur le thème du sur-diagnostic. Voici celui de cette année, présenté le 18 mars 2015.

Dans les traces de son grand ami Bernard JUNOD avec lequel il n’a cessé de dénoncer les apparences et la réalité d’un dépistage organisé nuisible à la santé des personnes concernées, il nous fait ici une brillante démonstration de la nécessaire remise en question de la définition histologique de la maladie cancéreuse, de la conception linéaire erronée de son histoire naturelle et de la balance bénéfices/risques déséquilibrée de ce dépistage.

Ce cours, qui s’adresse d’abord à des étudiants en quête d’une hyperspécialisation planifiée, est aussi accessible aux autres médecins, radiologues de centres de dépistage, gynécologues, généralistes ou pathologistes, et aux non médecins, patients ou usagers de soins.

A sa lecture, on devrait croire non pas que le dépistage organisé a une quelconque utilité sur la santé des personnes mais au contraire que tout retard de diagnostic chez une femme asymptomatique est sans conséquence sur sa mortalité.

Alors, en attendant l’octobre morose prochain de toutes les lubies de l’industrie de la peur et de la manipulation, lisez vite le cours de Bernard DUPERRAY pour prendre conscience que le surdiagnostic, produit direct et intéressé de l’activité humaine, ne pourra être neutralisé et limité qu’avec l’abandon d’un programme de dépistage aveugle et sourd aux recommandations d’épidémiologistes indépendants.