Le rapport parlementaire sur l’alimentation industrielle préconise de diminuer fortement le nombre d’additifs autorisés. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Encore une fois cela fait des années que l’on s’époumone à crier dans le vide au sujet de ce scandale sanitaire grave et ce n’est que maintenant que les parlementaires nous pondent un rapport pour nous expliquer une évidence. Reste à savoir quelle sera la mise en application réelle du retrait de ces additifs cancérigènes extrêmement dangereux et certainement largement responsables dans l’explosion du nombre de cancers et autres déséquilibres hormonaux induits par les perturbateurs endocriniens…

En réalité il serait tout à fait stupide et naïf d’attendre une réaction des politiciens étant donné que chacun peut déjà éviter de s’alimenter avec ses poisons chimiques, il suffit de se procurer le bon livre ou la bonne application sur votre smartphone.


Le rapport sur l’alimentation industrielle, rendu mercredi, propose aussi de limiter la teneur en sel des aliments et d’améliorer la qualité des repas à l’école, à l’hôpital et dans les maisons de retraite.

Après six mois d’enquête et 40 auditions, le rapport parlementaire sur l’alimentation industrielle est présenté, mercredi 26 septembre, à l’Assemblée nationale. Selon les informations de franceinfo, le document rédigé par les députés de la commission d’enquête fait une série de propositions sur la fabrication, l’éducation, la publicité, la lutte contre les inégalités sociales ou encore la recherche et vise à encadrer plus strictement le secteur.

Réduire le nombre d’additifs autorisés

Le rapport préconise d’agir sur les processus de fabrication. Il entend par exemple mettre en place une stratégie visant à faire évoluer les pratiques des industriels dans l’utilisation des additifs dans les aliments transformés et ultra transformés. D’ici 2025, il ne devrait y avoir que 48 additifs, dont seulement quatre d’origine chimique, contre 338 autorisés aujourd’hui.

Ces additifs sont ceux autorisés actuellement dans l’alimentation bio. Ils seraient utilisés de manière limitée dans un même produit transformé. Il ne serait utilisé qu’un seul additif par catégorie au sens de l’arrêté du 2 octobre 1997, à savoir un seul colorant, un seul conservateur et un seul exhausteur de goût. Les industriels devront également réduire la teneur en contaminants et résidus dans les aliments et dans les emballages.

Limiter la teneur en sel

Les rapporteurs suggèrent également d’instituer réglementairement une limitation de la teneur en sel, en sucre et en acide gras. Ils proposent un échéancier afin d’atteindre l’objectif de conformité aux recommandations de santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’ici cinq ans maximum. Alors que les Français consommeraient en moyenne 10 à 12 grammes de sel par jour, la recommandation de l’OMS est de 5 grammes.

Le non-respect de ces nouvelles obligations sera financièrement sanctionné. Selon les auteurs du rapport, il conviendrait par exemple de fixer, dès à présent, la teneur maximale en sel des produits pour le pain à 18 grammes par kilo de farine, avec l’objectif de ramener ce plafond à 16 grammes dans un délai de trois ans.

Améliorer la qualité des repas à l’école et à l’hôpital

Le rapport parlementaire souhaite également renforcer l’éducation à l’alimentation dans les établissements scolaires dès le plus jeune âge en l’érigeant notamment au rang des enseignements obligatoires. La restauration collective entre aussi dans le champ des recommandations des rapporteurs, qui souhaitent faire une priorité de l’amélioration de la qualité nutritionnelle des repas en milieu scolaire. La qualité des repas servis en milieu hospitalier devront aussi être améliorés, de même qu’en Ehpad, afin de lutter contre la dénutrition des personnes âgées.

Rendre le logo Nutri-Score obligatoire

Autre axe d’action préconisé par le rapport : la publicité. Le logo Nutri-Scoresur les produits transformés et ultra transformés fabriqués en France sera rendu obligatoire, de même que l’étiquetage d’une mention de l’origine des produits et la proportion globale d’additifs.


Les vignettes Nutri-Score classent les aliments en cinq catégories.
Les vignettes Nutri-Score classent les aliments en cinq catégories. (FRANCEINFO)

Nutri-Score a été lancé en novembre 2017 par le gouvernement. Cet étiquetage facultatif classe les aliments selon leur qualité nutritionnelle, mais il n’est présent que sur une petite partie des produits alimentaires. Il devait permettre aux consommateurs de comparer la qualité nutritionnelle d’un même type de produits. Employés que par les industriels volontaires, le Nutri-Score rencontre des réticences chez les industriels de l’agroalimentaire qui, pour certains, s’y sont opposés. L’étiquetage doit aussi faire face à des concurrents comme l’application Yuka.

Créer une allocation pour les plus démunis

Les députés signataires entendent aussi lutter contre les inégalités sociales en mettant en place une allocation sous forme de coupons délivrés par les caisses d’allocations familiales, destinée aux familles en situation de pauvreté ayant des enfants à charge, afin de leur permettre de s’alimenter plus conformément aux recommandations du Programme national nutrition santé.

Créer un secrétariat général à l’alimentation

Pour encadrer et suivre ces nouvelles mesures, un secrétariat général à l’alimentation pourrait être créé. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ainsi que la Direction générale de l’alimentation (DGAL) devraient voir leurs moyens en personnel et dispositifs techniques renforcés. Le rapport fait également une série de propositions sur la recherche publique afin d’évaluer notamment les effets sanitaires de l’alimentation industrielle.


avatarSophie Auvigne

franceinfo – Radio France