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Parlons français ! Le dictionnaire donne la définition suivante de l’avortement : « En parlant d’une femme enceinte, c’est l’expulsion du produit de la conception avant qu’il ne soit viable. » Il s’agit donc de l’interruption d’un processus naturel n’ayant pas abouti. Cette interruption peut être naturelle (avortement naturel) ou volontaire (avortement criminel). L’homme moderne, maçonnique, a toujours su construire une sémantique capable d’atténuer la portée criminelle d’un tel acte quand il est volontaire. C’est ainsi que l’expression IVG (interruption  volontaire de grossesse) a été forgée comme pour banaliser un acte barbare. Pour se donner bonne conscience, le législateur (toujours maçonnique) a quand même fixé un seuil en deçà duquel cette intervention est permise. Voici les dispositions légales concernant l’IVG :

  • L’IVG doit être réalisée avant la 12e semaine de grossesse, soit 14 semaines d’aménorrhée.
  • Un délai de 7 jours de réflexion doit être respecté entre la première consultation durant laquelle la femme exprime sa volonté de mettre fin à la grossesse, et la consultation lors de laquelle elle valide son choix.
  • Les mineures doivent recevoir le consentement de leurs parents. À défaut, elles doivent être accompagnées d’une personne majeure de leur choix.
  • Un entretien psycho-social est facultatif pour les majeures, mais obligatoire pour les mineures.

La loi encadre donc scrupuleusement cette technique qui devient légale aux yeux du pouvoir maçonnique mais n’en demeure pas moins criminelle et inhumaine.

Dans le cas présent, la dégénérescence aidant, on est allé encore plus loin dans l’abject ; et, toujours pour atténuer la portée morale et juridique d’un tel acte, la sémantique est là pour donner naissance (à défaut d’un bébé flamboyant de santé) à un euphémisme qui n’enlèvera rien, absolument rien à la barbarie et à la criminalité de l’acte. On parle de droit à l’avortement post-natal pour dire tout simplement droit à l’interruption de la vie donc du droit à donner la mort. À ce stade, notre société dégénérée, pourra se permettre d’opérer une sélection au niveau des maternités pour ne laisser en sortir que ceux répondant aux critères retenus ; les autres seront réduits en cendres dans les incinérateurs, après prélèvement probable de quelques organes utiles. Depuis la marchandisation du corps humain avec le concept de GPA-PMA et de mariage pour tous, nous assistons à toutes sortes de dérives très éloignées de l’éthique et de la morale. Je ne parle même pas de la transgression inouïe des prescriptions célestes, les religions monothéistes étant systématiquement dénigrées pour ne promouvoir que la seule religion maçonnique luciférienne.

Parlons encore français. Par définition, l’avortement ne peut être post-natal. Il est question ici, d’infanticide, acte criminel puni par la loi.


Le très sérieux Journal of Medical Ethics est une revue internationale de premier plan qui reflète l’ensemble du champ de l’éthique médicale. Dans son dernier numéro, le JME plaide pour le droit de supprimer des nouveau-nés, de la même manière que l’on peut avorter.
Deux chercheurs en bioéthique, Francesca Minerva de l’Université de Melbourne et Alberto Giubilini, de l’université de Milan affirment en effet que « le droit de tuer un nouveau-né devrait être éthiquement permis dans toutes les mêmes circonstances que l’est l’avortement. Ces circonstances incluent les cas où les nouveau-nés […] peuvent être un risque pour le bien-être de sa famille ». Tout en distinguant l’euthanasie (acte qui consiste à faire mourir quelqu’un dans son propre intérêt) et l’avortement post-natal (tuer dans l’intérêt des personnes impliquées), les auteurs mettent en avant les « bonnes raisons d’avorter même si le fœtus est en bonne santé » : critères de coût social, psychologique ou économique pour les parents.

En dehors de toute considération morale ou religieuse, l’avortement posait, dès le départ, la question de sa limite. Car s’il fut dépénalisé pour des raisons tenant tout aussi bien à la santé du fœtus qu’à celle de la mère, à sa situation économique, sociale, ou même à sa seule volonté, il s’opposait de manière fondamentale au droit de la personne humaine à vivre, sauf à postuler que l’humanité ne s’acquiert qu’à la naissance. Cette question n’a jamais été tranchée pour la simple raison qu’il n’appartient pas à la loi de rendre des arbitrages scientifiques. Qui aurait pu prendre la responsabilité de décider du commencement de la vie humaine ? Dans le doute, et pour que le temps ou l’aléa économique ne soit pas générateur d’un acte criminel, la rationalité exigeait de s’en tenir à la fécondation, l’acte qui signe l’apparition d’un être humain nouveau.

Sans s’étendre davantage sur une question qui conditionne pourtant tout le reste, le législateur avait décidé d’ériger en principe le respect de tout être humain dès le commencement de sa vie et d’autoriser l’avortement à titre dérogatoire. Mais sans jamais définir ce qu’implique le commencement de la vie et en encadrant l’interruption de grossesse dans certains délais- 12 semaines pour l’IVG et jusqu’à la fin de la grossesse pour l’IMG.

Dès lors, la proposition de Francesca Minerva et d’Alberto Giubilini, n’a rien de surprenant. Elle s’inscrit dans la logique utilitariste du législateur qui, au mépris de l’inviolabilité de toute vie humaine et du principe de précaution, a inscrit l’avortement dans une logique économique, médicale voire de « bien-être ». Ce faisant, le législateur et la société ont ouvert grand les portes aux extensions les plus réifiantes. Car si la suppression d’un enfant dans le sein de sa mère se passe de l’examen de son humanité, alors la suppression d’un enfant en dehors du sein de sa mère pourrait s’en passer aussi. Et les critères de coût social, psychologique ou économique d’un enfant in utero peuvent aisément muter ex utero.

Si le droit à vivre est subordonné à la logique de marché, alors qui interdira, dans le futur, que les personnes handicapées, les pauvres et même ceux qui ne pourraient se payer une Rolex à cinquante ans, soient considérés comme éliminables ?

Une seule société, dans l’histoire, refusa de se poser la question de l’humanité. Les Spartiates furent les seuls à éliminer à la naissance les enfants qu’ils estimaient incapables de porter les armes ou d’engendrer de futurs soldats. Or de Sparte, il ne reste rien, ni poète, ni musicien, pas même une ruine. Songeons-y.