Affaire des costumes : l’avocat Robert Bourgi avait déjà fait un don à François Fillon

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Abbaye de Rouez-en-Champagne (Sarthe), le 26  aout 2015. Ce  jour-là, François Fillon effectue sa rentrée, entouré de soutiens, parlementaires et adhérents de Force républicaine. Il y accueille Robert Bourgi. DIVERGENCE/ALAIN GUILHOT.


C’est l’homme Afrique de la France, celui qui a remplacé Foccart, G. Penne… En d’autres termes, les frères-la-truelle responsables du pillage de l’Afrique, de sa vampirisation, des guerres fratricides qui minent le continent depuis qu’ils font et défont les gouvernements tout en assurant l’armement de leurs marionnettes.


L’avocat, qui a admis vendredi avoir offert des costumes au candidat de la droite, avait signé un chèque de 7 500 € au profit de son association politique.

Il est bien l’homme aux costumes. Malgré ses premières dénégations, l’avocat Robert Bourgi est l’« ami » cher au cœur de François Fillon. Le mystérieux donateur qui a offert au candidat de la droite pour 13 000 € de vêtements chez Arnys en février, comme l’a révélé « le Monde ». Les documents comptables saisis chez le tailleur de luxe l’attesteraient. Et vendredi, l’avocat a reconnu avoir effectué ces achats, « un simple cadeau amical », selon lui, sans « conflit d’intérêts ni trafic d’influence ».

Selon nos informations, Robert Bourgi n’en est pas à sa première largesse en faveur de son ami. Dans le passé, il a fait un don à Force républicaine, l’association politique de François Fillon. « Ça remonte à la fin de l’année 2013, ou courant 2014, assure un membre de l’association. Son chèque est arrivé par courrier et il y a eu des interrogations internes sur ce qu’il fallait en faire. Au point que François Fillon a été consulté pour savoir si on devait l’encaisser. » Dans l’entourage de Robert Bourgi, on confirme l’existence de ce don « de 7 500 € effectué en toute légalité ».

L’avocat, qui exerce à Paris depuis 1993, a le cœur à droite. Il fut chiraco-villepiniste d’abord, sarkozyste ensuite, avant de suivre les fillonistes. Avec un carnet d’adresses hors du commun, ce proche d’Omar Bongo, président du Gabon de 1967 à 2009 aujourd’hui décédé, fut longtemps le grand ordonnateur des rencontres entre chefs d’Etat français et africains.

Dans le droit fil de la Françafrique 

Le rapprochement avec Fillon remonte à l’automne 2013. Ce changement de camp apparaît au grand jour à l’occasion de la visite du candidat à la présidence de l’UMP au Sénégal et en Côte d’Ivoire en novembre cette année-là. On demande alors à Bourgi d’œuvrer certes, mais en coulisses : il ne fait pas bon s’afficher avec un homme qui se prévalait en 2011 d’avoir porté des valises pour Jacques Chirac. Selon le journaliste Vincent Hugeux, spécialiste de l’Afrique à « l’Express », l’avocat a suivi les «tortueuses contorsions de la droite», incarnant « un certain archaïsme post-colonial » dans le droit fil de la Françafrique.

Né à Dakar, dans une famille d’origine libanaise, Robert Bourgi a séduit bon nombre d’hommes politiques français et africains par son entregent mais aussi sa faconde, lui qui distille d’un air gourmand les anecdotes de palais avec un talent de conteur hors pair. Dans son cabinet rue Pierre-I er-de-Serbie, dans le XVI e arrondissement de Paris, se côtoient un buste de Napoléon et des dessins d’enfants, offerts par l’une des filles d’Omar Bongo. Un homme qu’il surnommait Papa.

« Bourgi était grillé avec Sarkozy, Juppé ne voulait pas entendre parler de lui, il a joué le cheval Fillon. C’était pas mal vu», raconte un ami de trente ans, fâché avec lui.

Pendant une semaine, Robert Bourgi a démenti être l’homme aux costumes. « Ce n’est pas moi, vos sources ne sont pas bonnes», nous jurait-il encore lundi, tout en soulignant qu’« il n’y avait rien de répréhensible dans cette affaire ». Jeudi, l’avocat a subi un important dégât des eaux, qui aurait endommagé certains […]

Olivier Beaumont, Jean-Michel Décugis et Éric Pelletier —  Le Parisien

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