Le récit de Majda Bernoussi, trompée et manipulée par Tariq Ramadan

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Madja Bernoussi fut la première, en 2014, à vouloir révéler sa liaison avec l’islamologue. © DR.


Madja Bernoussi réapparaît via cet article du Point et c’est tant mieux car elle a été la première à avoir le courage de dénoncer publiquement les pratiques louches du prédicateur helvète ! Il y a maintenant plus de trois ans, Majda Bernoussi avait posté plusieurs vidéos témoignages racontant sa vie partagée avec Tariq Ramadan…


Elle fut la première, en 2014, à vouloir révéler sa liaison avec l’islamologue dans un manuscrit où elle dénonce un manipulateur. Extraits exclusifs.  

Grande, brune, de longs cheveux noirs, Majda est d’origine marocaine. Elle voyage dans le monde entier. Elle a fréquenté Tariq Ramadan pendant presque cinq ans, de 2009 et 2014. Majda n’a été ni violée ni frappée. Mais elle a été menacée lorsqu’elle a voulu dénoncer l’homme qu’elle appelle un « tartuffe », un prédateur. Elle affirmait que les victimes de l’islamologue se comptaient par dizaines, sinon par centaines depuis plus de deux décennies, dans une interview qu’elle avait accordée au Point il y a trois ans. « Il y a une sourate qui s’appelle mounafikin, comprenez les hypocrites : ils disent de leurs bouches ce qu’ils n’ont pas dans leurs cœurs. C’est exactement ce qu’est Tariq Ramadan », ajoutait-elle.

Nous dévoilons quelques extraits de son journal quotidien, tenu lors de sa relation heurtée avec le professeur d’études islamiques contemporaines de l’université d’Oxford. Majda Bernoussi envisageait de publier ce manuscrit intitulé Un voyage en eaux troubles avec Tariq Ramadan.

C’est au retour d’un pèlerinage à La Mecque qu’elle avait pris contact par Internet avec l’islamologue, qui lui apparaissait alors comme un saint homme.

Un doute sur sa situation maritale

« Il se montre très coopératif lors de ce premier échange. Moi, de nature méfiante, je me suis sentie en confiance. Enfin, presque. Pas complètement, un sentiment désagréable prend forme insidieusement. Mais je l’ignore, cette voix qui me crie stop. La voix redouble de volume, mais je la fais taire. Enfin, comment cette figure emblématique de l’islam, mondialement respectée, pourrait-elle me faire mal ?

Je lui ai déjà transmis mes écrits, il sait chacune de mes blessures. »

« Il se met à m’envoyer des SMS, d’abord très pudiques. Curieusement, il me parle très peu de religion au début, puis plus du tout. Je lui fais remarquer qu’il m’avait promis de m’emmener vers la lumière. Il esquive gentiment. Très rapidement, nous nous dirigeons vers quelque chose de plus complice. Je deviens subitement indispensable à ses yeux. Sa neutralité feinte laisse place à des mots tendres, puis amoureux. J’ai alors confiance, même si rien ne se passe encore. Malgré tout, certaines questions demeurent sans réponse. Il y a d’abord cet énorme doute sur sa situation maritale. Je lui pose la question clairement, plusieurs fois, sans succès. »

« Le fourbe maquillé en homme d’islam »

« T. R. m’envoie ensuite des SMS de plus en plus entreprenants. Je te veux, que tu sois mienne. Il me répète sans cesse qu’il est mon homme. J’essaie de le calmer : on ne s’est pas encore rencontré ! Je lui ai tout juste envoyé des photos. Finalement, nous nous fixons une date pour se voir. Ce sera à Lille, en juillet 2009. »

« Je me sens de moins en moins tranquille. C’est à ce moment qu’une amie me conseille d’aller sur Internet. Je tombe alors sur un site qui me glace d’effroi. Là, devant mes yeux, des dizaines de filles hurlent leur désarroi anonymement. Elles racontent leurs rencontres avec T. R. Non, je ne le crois pas. Elles y dépeignent un monstre sans foi ni loi, qui a profité de tout, de leurs âmes et de leurs corps. Pour s’en aller après, lâchement. Je ne veux pas le croire. Alors, pourquoi ai-je ce frisson dans le dos ? »

« Il faut que je parte. Que je le lui annonce. Il se fâche. Il me traite d’allumeuse. Il m’écrit : Ça y est ? tu as testé ? c’est ça ? Je suis pris d’une colère sourde. Je sens le mal en lui, le faux, le fourbe maquillé en homme d’islam. »

« Il m’a demandé d’être sa femme »

« L’amour de Tariq est piteux et cuisant. Je sais des choses terribles aujourd’hui sur lui. Je suis si souvent parcourue d’une onde de rage et de douleur. Il n’y a rien de pire que d’être sincère sous le règne d’un Ramadan. Cela se paye cher. Mais comment savoir que le mal puisse montrer un regard aussi doux ? Comment pourrais-je oublier quand il m’a demandé d’être sa femme ? Qu’il m’a répété qu’il était divorcé. N’est-ce pas une simple aventure que tu recherches avec moi ? lui ai-je alors demandé. Ne m’insulte pas ! a-t-il aussitôt protesté. »

« Il ne répond jamais aux questions les plus basiques sur sa vie familiale et privée. Pourtant, je n’ai jamais cessé de lui répéter : dis-moi juste que je peux, que j’ai raison, de te faire confiance ? Il me répondait toujours à côté, passant son temps à me dire qu’il m’aimait. Une voix intérieure me hurlait qu’il n’était qu’un manipulateur, qui ne cherchait qu’à me détruire, alors qu’il me promettait la lumière. »

« Je n’étais qu’un objet pour lui »

« Je lui envoie des SMS incendiaires, dans lesquels je lui demande si les gens continueraient à venir écouter ses sermons s’ils savaient ce qu’il faisait à leurs filles ? Je lui assénais des vérités qu’il détestait, qu’il refusait catégoriquement d’entendre. Je prenais conscience que je n’étais qu’un objet pour lui. J’outrepassais mes droits en osant lui réclamer ce qu’il m’avait promis, respect et amour. J’étais sincère, pas lui, jamais lui. Pour lui, ce n’est qu’un jeu. Ma mise à mort pouvait débuter, comme celle de toutes les autres avant moi. Après une multitude de mensonges, et ma rébellion, TR me lâchait. Il disparaissait, car, m’a-t-il dit, je n’étais pas celle qu’il croyait, je n’avais pas fait ce qu’il attendait de moi. À savoir, me laisser piétiner et abuser. »

« Lynchée et insultée par ses fans »

« Il se remet à me dire qu’il me trouve extraordinaire. Que moi j’étais jeune, et que lui avait 50 ans. Qu’il n’avait que très rarement éprouvé autant d’émotion pour quelqu’un.

Alors, je lui demande : pourquoi veux-tu que ça s’arrête ?

– La vraie raison, tu veux la vraie raison ?

– Dis-moi la vérité !

– Parce que je suis trop vieux, parce que j’ai quatre enfants, parce que tu dois être maman, parce que tu mérites mieux que ce que j’ai à t’offrir.

Six mois avant, il avait le bon âge et la bonne situation. Et d’un revers de main, il a tout balayé. Tariq Ramadan, il faut le voir pour le croire. J’ai été lynchée et insultée parce que ses fans refusaient de seulement imaginer que leur pseudo-prophète était un usurpateur et […]


Ian Hamel – Le Point

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