Les bombardements américains en Syrie divisent la communauté internationale

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Les États-Unis ont lancé 59 missiles sur une base militaire syrienne dans la nuit de jeudi à vendredi. WOODY PASCHALL/AFP


Assurément, la sentence cinglante du Général Võ Nguyên Giáp à l’adresse de l’impérialisme américain, le qualifiant de « mauvais élève » est plus que jamais d’actualité. Ainsi, Super Trump, comme l’a surnommé l’inénarrable Grosal, celui dont la victoire a été célébrée par le comparse de ce dernier, le Grand Radin de France, Dieudonné M’bala M’bala en sabrant le champagne, vient de bombarder la Syrie, une décision prise unilatéralement, sans même se couvrir du parapluie onusien et au mépris du droit international le plus élémentaire, en brandissant, comme l’a fait Colin Powel en 2003, le prétexte de l’arme de destruction massive, l’anthrax en l’occurrence à l’époque, et, aujourd’hui, en pointant du doigt l’arme chimique. En brandissant le prétexte de l’arme chimique, Super Trump, le désormais gendarme du monde, a voulu jouer sur l’émotionnel et faire vibrer la fibre sentimentale, tant cette arme fait frémir d’effroi les peuples du monde entier, car un esprit déserté par la raison et envahi par l’émotion, qui aurait à comparer un bilan de 1000 morts par bombardements aériens et un autre de 80 morts par arme chimique, condamnerait plus sévèrement le second, même s’il a été le moins destructeur. La question qui mérite d’être posée avec acuité est de savoir quel intérêt aurait eu un Bachar Al Assad d’utiliser une telle arme dans la conjoncture mondiale actuelle. Cela reviendrait à se tirer une balle dans le pied et à s’attirer les foudres de la communauté internationale. Nous n’avons jamais été un soutien de Bachar Al Assad mais notre esprit critique et notre sens du discernement nous empêchent de nous engouffrer comme des moutons de Panurge dans cette voie sans issue. Trump, un homme d’affaires milliardaire, incapable de gérer un pays comme les États-Unis d’Amérique, est confronté à des problèmes internes incommensurables et cette affaire se présente à lui, comme par hasard, en lui offrant le prétexte idoine d’un appel à l’union sacrée. D’ailleurs, l’ex-ambassadeur britannique en Syrie,Peter Ford a déclaré dans une interview accordée le 5 avril 2017 à Sky News, que Bachar Al Assad n’était pas l’auteur des attaques chimiques [ici]

Dans quelques mois (ou années), lorsque l’émotion soulevée par ce tragique événement se sera estompée, les langues se délieront et on apprendra encore une fois qu’il s’agissait d’une énième tromperie, comme cela a été le cas de Colin Powell qui a fini par avouer, dans un discours, s’être appuyé sur des informations fournies par la CIA, lorsqu’en 2003, il brandit au siège de l’ONU les fausses fioles d’anthrax. Il a conclu en disant que c’était pour lui un « coup terrible » et que cela était une « tache » dans son dossier. [ici]

Il s’avère donc, contrairement aux allégations trompeuses et pitoyables d’un Grosal ou d’une Marine Le Pen, que Trump est encore plus belliciste qu’Obama ou Hillary Clinton.


Le bombardement américain d’une base militaire syrienne provoque une avalanche de réactions à travers le monde  

L’envoi de 59 missiles américains sur une base militaire syrienne bouscule l’ordre mondial. Quand certains gouvernements louent la décision de Donald Trump, d’autres craignent une escalade de violence et l’accroissement des tensions sur la scène internationale. La présidence syrienne a qualifié les frappes américaines d’acte « irresponsable » et « idiot ».

La Russie et l’Iran voient rouge

Le président russe Vladimir Poutine considère les frappes américaines contre la Syrie comme une « agression contre un État souverain », a déclaré le Kremlin, principal allié du régime de Bachar al-Assad. « Cette action de Washington cause un préjudice considérable aux relations russo-américaines, qui sont déjà dans un état lamentable ». La Russie a appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’Iran, autre allié du régime syrien, a lui aussi « vigoureusement » condamné les frappes américaines. Cette attaque ne fera qu’ »aider les groupes terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en Syrie et dans la région », a affirmé Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Le Royaume-Uni salue l’initiative américaine

Londres a de son côté annoncé « soutenir pleinement l’action des États-Unis ». Ces frappes sont « une réponse appropriée à l’attaque barbare à l’arme chimique perpétrée par le régime syrien », a estimé un porte-parole de Downing Street.

La Turquie s’est également félicitée de ces frappes américaines, qu’elle a jugées « positives », selon le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus. « Le régime de (Bachar al-)Assad doit être puni entièrement sur le plan international ».

Autre allié de poids des États-Unis dans la région, l’Arabie saoudite a salué la décision « courageuse du président (Donald) Trump » et assuré qu’elle « soutenait pleinement » les frappes américaines, selon un responsable au ministère des Affaires étrangères.

Le Japon soutient la « détermination » des États-Unis, a également annoncé son Premier ministre Shinzo Abe, jugeant que l’action américaine avait « eu pour but d’éviter une aggravation de la situation ».

Le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobothis a estimé sur Twitter que « l’usage d’armes chimiques est un crime inacceptable. Espérons que la réaction rapide du président Trump aidera à prévenir de nouvelles attaques chimiques en Syrie ».

La Chine appelle au calme

La Chine a appelé à « éviter toute nouvelle détérioration de la situation » en Syrie, tout en condamnant « l’usage d’armes chimiques, par n’importe quel pays ».

Les frappes américaines sont « compréhensibles », a estimé le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel, tout en appelant à une solution politique sous l’égide de l’ONU.

François Hollande charge Bachar el-Assad

De son côté, le président Français et la chancelière allemande Angela Merkel, ont fait savoir que le dirigeant syrien était « le seul responsable » des frappes américaines en Syrie. Les frappes américaines en Syrie sont un « signal » qui doit conduire Russes et Iraniens à comprendre qu’ils ne peuvent plus soutenir le régime de Bachar al-Assad, a déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

Emmanuel Macron a réitéré vendredi son souhait d’ »une action coordonnée sur le plan international en représailles au régime de Bachar Al-Assad », qualifié d’ »ennemi » du peuple « syrien ».

Le candidat à la présidentielle François Fillon dit « comprendre » la riposte américaine mais met en garde contre une « confrontation directe » Occident-Russie.

Jean-Luc Mélenchon a quant à lui dénoncé Hollande, Merkel et Trump dans un même tweet :


Hollande et Merkel portent l’entière responsabilité de donner à le pouvoir solitaire de frapper qui il veut quand il veut.


Marine Le Pen s’étonne de la décision de Trump

« Je suis un peu étonnée, parce que (le président américain Donald) Trump avait indiqué à plusieurs reprises qu’il n’entendait plus faire des États-Unis le gendarme du monde, et c’est exactement ce qu’il a fait hier », a affirmé la candidate Front National à l’élection présidentielle sur France 2.

Sud Ouest / AFP

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