Victoire de la raison en Iran, par Pierre Dortiguier

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Victoire de la raison en Iran


La liberté de porter ou non le voile, ce qui n’a rien de contraire au noble Coran, s’est imposée à l’Iran, et je puis témoigner, en connaisseur du pays, que par là a été désamorcée une sorte de révolution colorée qui prend les prétextes les plus simples pour entraîner une population désorientée. Il n’est, du reste, pas exclu que, selon une déclaration du prince royal Salman, pareille mesure ne soit envisagée en Arabie saoudienne.

Les deux États n’ont, du reste, point le même esprit : le comte Gobineau qui fut, du reste, un ami de l’Islam, et a séjourné en Perse comme diplomate, par ailleurs bon connaisseur de la langue en laquelle il traduisit le Discours de la Méthode de Descartes que le Châh Nasredinne fit aussitôt imprimer à ses frais, notait le 19 septembre 1855, dans une lettre à un collègue diplomate et orientaliste allemand-autrichien, le général comte Prokesch-Osten, que le pays, surtout dans le Nord, ressemblait à l’Europe, en ces termes : « Je suis convaincu  que parmi les nations orientales du Sud, aucune n’a autant de rapport d’esprit avec les Européens que les Persans. Ces rapports d’esprit sont très bien et très clairement accusés par les rapports physiques. Les Persans dans leur physionomie, dans leur taille, dans leurs habitudes de corps, dans leur mobilité inquiète, toujours debout, toujours remuant, toujours parlant nous ressemblent, surtout dans le Nord.» 

Il y aura toujours des esprits courts pour tourner en rond, comme un âne, autour d’un piquet, pour soit identifier une manière de se couvrir à la religion ou, au contraire, à un abaissement de la femme. Un élément fait défaut aux deux partis antagonistes, qui est la conscience morale d’où fleurit d’abord l’idée puis la passion pour la divinité, et non l’inverse. En Iran même, nous avons connu des femmes qui excusaient leur conduite, que nos ancêtres eussent jugée immorale, par une conformité aux usages, confondant la discipline, qui est toujours formelle, avec l’action. Et si le germano-italien Dante, qui fut un admirateur de l’islamité mystique, place des papes  et des cardinaux ou des princes chrétiens en Enfer, il en va de même en toute religion qui mérite ce titre et n’est pas seulement une sorte de statut politique, comme le philosophe Kant l’observait d’une confession particulière, la seule qu’il soit malséant de critiquer aujourd’hui, sur tous les plans !


La question n’est pas, à protéger nos femmes, selon une recommandation connue, de mesurer ce qui couvre leur tête, mais d’armer celle-ci de logique…


Ceci nous amène à examiner, en ce jour précis où une partie de l’Occident carbonisait, 15 février 1945, Dresde pendant qu’il signait les accords sur ce croiseur US Quincy, avec l’Arabie wahhabite en promettant de protéger sa monarchie factice contre l’exclusivité de son pétrole, dans quelle mesure la gent féminine et sa progéniture vivent en conformité avec la raison : imagine-t-on, comme mon voisin me le rapporte de son fils âgé de trois ans et demi, en Iran ou dans les États qui suivent l’exemple du Prophète, une psychologue familiale interroger un être aussi jeune et innocent – n’en déplaise à l’incestueux Freud – et lui demander, après qu’il ait repoussé vivement sa maîtresse d’école, s’il se sent plutôt garçon ou fille ? Tel est l’acide de la théorie du genre sexuel ainsi répandue dans nos classes primaires ! N’est-ce pas là bâillonner la raison et étouffer la sensibilité naturelle ? Ces nouvelles maîtresses ou pseudo-pédopsychologues, par une pansexualisation forcée, détruisent l’équilibre psychophysique de nos jeunes pousses, posent des germes de frénésie là où l’on attendrait le développement d’une lumière naturelle (lumen naturale), terme relevant, non du jargon des loges, mais de la théologie naturelle, partie traditionnelle du corps théologique.

L’on attend vainement de nos « théologiens de cour » qu’ils redressent cette conduite pédagogique irrationnelle détestable qui produira des violences et des désordres, au lieu de contraindre les esprits à mordre un voile qui n’est plus un signe de moralité, mais un prétexte à détourner l’attention d’un mot plus essentiel que la taille des habits, la longueur des barbes ou des cheveux visibles d’une féminité qui reçoit le choc d’un monde intoxiqué par des faux prophètes et les illusionnistes libertaires ou, comme on le disait, en théologie ancienne, libertins. La question n’est pas, à protéger nos femmes, selon une recommandation connue, de mesurer ce qui couvre leur tête, mais d’armer celle-ci de logique ; tel est ce mot essentiel, ce premier remède, pour dissiper les sophismes dont leurs enfants souffriront.

Pierre Dortiguier

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