Sur les fameux 1000 milliards de $ des recettes des hydrocarbures, certains spécialistes estiment que 350 milliards ont été détournés ces 20 dernières années. Cette somme gigantesque qui représente le budget annuel de la France, 2 fois le PIB algérien implique la complicité des banksters occidentaux pour se cacher dans les paradis fiscaux. On comprend de mieux en mieux le pourquoi de la protection de la mafia bouteflikienne par l’Élysée et tant d’autres chancelleries occidentales…


Près de la moitié des fonds, mobilisés dans le cadre des programmes de relance économique durant les vingt dernières années, a été détournée et transférée illicitement vers l’étranger.

C’est du moins ce qui ressort de  l’intervention de l’économiste Abdelhak Lamiri, invité mercredi de l’émission matinale de la Chaîne III de la Radio nationale. Celui-ci a indiqué que, selon les estimations de plusieurs experts nationaux, entre 300 et 350 milliards de dollars ont été transférés illicitement durant les vingt dernières années. Il insiste cependant que cela n’est qu’une estimation, regrettant le fait que l’Algérie n’ait pas bénéficié d l’accompagnement d’une institution comme  la Banque mondiale pour estimer les montants qui étaient illicitement transférés durant les vingt dernières années.

L’économiste explique que la Banque mondiale dispose d’une méthodologie qui lui permit d’estimer les montants détournés dans plusieurs pays, à 123 milliards de dollars pour l’Égypte, à 1 milliard de dollars pour la Tunisie et à 300 milliards de dollars pour l’Irak, la Syrie, la Libye et Égypte..

Lamiri pense que la priorité devrait être accordée à la récupération de ces richesses détournées. Il estime que nous vivons actuellement dans une situation très compliquée, dans la mesure où nous sommes en présence d’une transition avec divers acteurs, et dont les stratégies ne sont pas coordonnées. « On est dans une logique de désordre pour le moment », a-t-il déclaré indiquant que cette même logique a un impact très négatif sur l’économie. Et d’ajouter que tous les acteurs algériens de « cette transition politique » – qui ne fonctionne, selon lui, pas bien pour le moment- « ne doivent pas perdre de vue les deux principaux objectifs phares », à savoir : la construction d’une nouvelle République démocratique collective et fera en sorte d’atteindre ces objectifs dans un minimum de calme politique et au moindre coût », énoncera-t-il.

Il appelle ainsi pour un dialogue serein sur le plan politique, tandis qu’il plaide pour une forme de réconciliation nationale à la Mandela, pour le traitement des dossiers des hommes d’affaires impliqués dans des affaires de corruption. « Les gens qui ont corrompu le système doivent être certes pénalisés, estime-t-il, mais il faut aller vers une logique de sagesse où « il faut dépasser l’esprit de prison, de règlement de compte et de vengeance. » Pour cela, « il nous faut un esprit de Mandela qui pense de la sorte pour aller vers une politique du pardon et reconstruire cette deuxième république propre, sans corrompus ni corrupteurs où seule la loi est appliquée pour tous », préconise-t-il, rassurant qu’on est loin de la gravité de la crise subie par l’Afrique du Sud.

« Il faut qu’il y ait une politique d’apaisement, parce qu’il y va de l’avenir économique du pays, pour permettre de mettre une stratégie d’investissement, de développement de PME, et que le secteur industriel reprenne ses droits, et ainsi tout sera remis dans l’ordre », recommande-t-il. À ce moment, suggère l’orateur, on peut aller, ce qui n’est pas impossible, vers une stratégie d’émergence.

Toutefois, avertit l’économiste, au risque de nouveaux affrontements au sein de la société – dans une situation explosive –– l’économie en pâtira et va droit vers la récession et de go vers la dépression et hypothéquer éventuellement l’avenir du pays.


Chokri Hafed

Afrique Du Nord News [ADN]

17 juin 2019

Source : capalgerie.dz