Comment est-ce possible d’attendre 6 mois sans rien faire devant une situation aussi catastrophique aux urgences ? Il n’y aurait pas de gouvernement que ce serait pareil ! En réalité ils jouent la montre et l’épuisement sauf que ça ne marche pas ! Ce gouvernement est en réalité dangereux pour le pays car il ne cherche pas les intérêts des citoyens mais uniquement celui des milliardaires et du CAC40 !


Alors qu’un mouvement social touche les services d’urgences depuis bientôt six mois, la ministre de la Santé doit annoncer lundi de nouvelles mesures pour soulager des personnels hospitaliers au bord de la rupture. 

« La prime Buzyn [de 100 euros par mois] a eu l’effet inverse de celui escompté : elle a montré que c’était possible » de faire des efforts financiers, explique Hugo Huon, le président du collectif Inter-Urgences. Désormais, les grévistes espèrent des changements d’ampleur pour sortir de l’impasse.

Dans un exercice d’équilibre entre maîtrise budgétaire et volonté de répondre aux revendications des soignants, la ministre de la Santé doit présenter lundi après-midi un nouveau « plan d’actions » avec l’espoir d’apaiser un mouvement social qui dure depuis de longues semaines.

Un véritable effort financier 

Ni la prime mensuelle de 100 euros net versée depuis juillet aux infirmiers et aides-soignants, ni les 15 millions d’euros débloqués pour recruter des renforts estivaux n’ont apaisé la colère de ces dernières semaines. « Nier la réalité ne la fera pas disparaître : l’hôpital public est sous-doté, sous-financé (3,6% du PIB contre 4% ailleurs en Europe). Il faut investir ou fermer ! » alerte un collectif de médecins hospitaliers lundi dans Libération. Cette fois, la ministre de la Santé a promis sur franceinfo qu’il y aurait « un budget dédié pour régler la crise des urgences ».

Je vais mettre de l’argent dans des solutions pérennes, restructurantes, qui vont régler le problème des urgences sur le long terme. Agnès Buzyn sur franceinfo

Le gouvernement souhaite donc marquer les esprits. Selon Les Echos, le budget prévu par le gouvernement devrait dépasser 600 millions d’euros sur trois ans. Pour se faire une idée, la France consacre 200 milliards d’euros à ses dépenses de santé chaque année, dont environ 70 milliards d’euros pour l’hôpital.

Mais Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, réclame sur franceinfo encore plus de moyens : « Nous demandons une augmentation exceptionnelle de 5% [pour le budget de l’hôpital] qui peut être obtenue immédiatement en supprimant un impôt qui est prélevé sur l’hôpital qui s’appelle la taxe sur les salaires. Cela représente 4 milliards d’euros. C’est incontournable. »

Selon Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France, au-delà du budget, il faut mettre tous les acteurs de la santé autour d’une table pour trouver des solutions. « Cela fait 10 ans, explique-t-il sur franceinfo, que l’hôpital fait des économies sans que le système autour ne soit réformé, et pour moi, la crise des urgences, ce n’est pas la crise de l’hôpital, mais la crise du système de santé. » Il propose donc de trouver des solutions en associant notamment les médecins libéraux.

Une réponse aux revendications des grévistes

Depuis le début du mouvement, les grévistes ne cessent de dénoncer des urgences surchargées et demandent plus de postes et plus de lits. Ils n’ont ainsi pas été convaincus par certaines mesures annoncées la semaine dernière par Agnès Buzyn, comme le recours à la vidéo-assistance entre les Ehpad et le Samu ou la possibilité pour les personnels paramédicaux des urgences de réaliser certains gestes médicaux en échange d’une prime. « Elle ne comprend pas que nous, ce que l’on veut, c’est d’avoir du personnel en plus, et non pas des tâches en plus », a ainsi réagi sur franceinfo Manuella, infirmière à Nantes (Loire-Atlantique).

Selon Le Journal du dimanche, la ministre de la Santé aurait entendu en partie ce mécontentement et pourrait répondre aux revendications avec des « mesures chocs », comme « des réouvertures de lits », une « réforme de la tarification » et un « numéro de téléphone unique » pour les secours médicaux. Reste à savoir…


Photo d’illustration : La ministre de la Santé Agnès Buzyn, le 2 septembre 2019, à Poitiers. (JEAN MICHEL NOSSANT / SIPA)

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France Télévisions

9 septembre 2019