Avant de parler du jugement lui-même, il est important de relever que l’avocat de Georges Tron, Éric Dupont-Moretti, a traité les associations de défenses des femmes, d’hystériques ! Lui qui, sur les plateaux télé, passe le plus clair de son temps à faire sa leçon de morale insupportable, à agiter son humanisme dégoulinant de bons sentiments, n’a pas hésité un seul instant, à s’attaquer à l’association qui s’est constituée partie civile !

Concernant le jugement, il faut bien comprendre que le tribunal n’a pas cru à la version de Monsieur Georges Tron qui affirmait tout au long du procès qu’il n’avait jamais eu de rapports sexuels avec les plaignantes, puisque le jugement parle de consentement de ces dernières ! Il apparaît donc clair que l’ex secrétaire d’État a menti sur toute la ligne.


« Georges Tron et Brigitte Gruel ont bien participé à des ébats sexuels en présence de tiers dans un climat général hypersexualisé »


Mais la question la plus importante qui reste à poser est la suivante. Ce jugement confirme que des orgies sexuelles ont été régulièrement organisées dans les locaux de la mairie de Draveil. Pourtant, Georges Tron reste à son poste et n’a pas été sanctionné pour cela ! Vous comprenez maintenant pourquoi la situation de la France est catastrophique, car au lieu de travailler, certains maires préfèrent s’amuser en adoptant des comportements décadents et des mœurs dissolues !


L‘ancien secrétaire d’État et son ex-adjointe à la mairie de Draveil étaient accusés de viols et harcèlements sexuels.

Ils encouraient jusqu’à six ans de prison. Ils ont finalement été tous les deux acquittés. Un verdict qui fait réagir Marylin Baldeck, de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes.

L’ancien secrétaire d’État Georges Tron a été acquitté des accusations de viols et agressions sexuelles de deux ex-employées municipales, jeudi 15 novembre, tout comme Brigitte Gruel, son ex-adjointe à la mairie de Draveil (Essonne). Virginie Ettel et Eva Loubrieu, 41 et 44 ans, accusaient les deux élus de leur avoir imposé des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010. Après le verdict, la seconde a fait part de sa grande« déception » et de son « amertume ». Contactée par franceinfo, Marylin Baldeck, déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), qui s’était portée partie civile dans ce procès, réagit à cet acquittement de Georges Tron.

Franceinfo : Quelle est votre réaction après le verdict ?

Marylin Baldeck : Ce n’est pas facile, même si en tant qu’association, nous sommes bien placées pour savoir que les femmes qui s’engagent dans un parcours pénal et judiciaire n’ont aucune assurance d’obtenir gain de cause. Selon la cour, il est manifeste que Georges Tron a pu imposer sa volonté et exercer des pressions dans un contexte professionnel, mais que le consentement des plaignantes n’était pas absent pour autant. Cette contradiction, c’est justement ce contre quoi nous luttons depuis des années. J’ajoute que Georges Tron et Brigitte Gruel ont toujours nié avoir eu la moindre relation sexuelle avec les plaignantes, mais que le contraire est pourtant reconnu dans les motivations de l’acquittement.

L’autorité exercée par Georges Tron exclut selon vous un possible consentement…

L’AVFT a décidé de se porter partie civile car il ne fait aucun doute que les plaignantes ont été privées de leur libre-arbitre en raison de la ritualisation de ces actes sexuels. Le respect de nos propres intérêts n’est pas le principal déterminant de nos choix. Ainsi, les femmes ne se comportent pas normalement quand elles sont manipulées par des hommes de pouvoir. Dans ce contexte précis, le consentement doit être regardé de manière suspecte. Je ne me contente pas de l’asséner mais je renvoie à 50 ans de recherche en psychologie. Nous avons suivi plusieurs milliers de dossiers depuis la création de l’association et nous avons 250 dossiers…


avatarFabien Magnenou

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