Cette affaire démontre parfaitement à quel point les chancelleries occidentales sont hypocrites et que seuls les intérêts commerciaux priment. Il y a des pays qui ont été détruits et rasés – Irak, Afghanistan – pour des raisons inventées de toutes pièces, des fake niouzes honteuses mais dès qu’il s’agit d’un vrai barbare, un assassin, un criminel de guerre qui massacre les civils syriens, il n’y a plus personne pour bombarder ou ne serait-ce que condamner !


Agnès Callamard, rapporteure spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, cible le prince héritier d’Arabie Saoudite dans un document d’une centaine de pages revenant sur le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre 2018, à Istanbul (Turquie).

En voici les principaux extraits.

Après six mois d’enquête sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, la Française Agnès Callamard, rapporteure spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, a publié un rapport accablant contre l’Arabie saoudite, ciblant nommément le prince héritier Mohammed ben Salmane.

MBS pointé du doigt

Agnès Callamard cite les noms d’une « équipe de 15 Saoudiens », dont un médecin légiste, envoyés en octobre 2018 à Istanbul pour exécuter le journaliste et opposant saoudien. La Française souligne que certains d’entre eux ont eu ou ont encore des liens directs avec le bureau du prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé MBS.

Il existe « des éléments de preuves crédibles, justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité individuelle de hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince héritier ».

« Compte tenu des preuves crédibles concernant les responsabilités du prince héritier dans cet assassinat, de telles sanctions devraient également inclure le prince héritier et ses biens personnels à l’étranger ».

« Animal sacrificiel »

Agnès Callamard a eu accès aux enregistrements effectués par les services secrets turcs dans le consulat saoudien le jour du meurtre.

Quelques minutes avant l’arrivée du journaliste, on entend un responsable saoudien identifié sous le nom de Maher Abdulaziz Mutreb, demander s’il sera « possible de mettre le tronc dans un sac ».

Un peu plus tard, Maher Abdulaziz Mutreb demande si « l’animal sacrificiel » est arrivé.

Le nom de Khashoggi jamais prononcé

Agnès Callamard souligne qu’à aucun moment le nom du journaliste n’est prononcé. Selon les services secrets turcs…


Photo d’illustration : le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, le 31 mai 2019, à La Mecque. | BANDAR ALDANDANI / AFP

Ouest France

AFP

20 juin 2019