Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux analyses effectuées par une entreprise incriminée, quelle qu’elle soit, et pour cause ! L’intervention d’un laboratoire externe et neutre a été essentielle et déterminante pour confondre la Direction qui persistait à prétendre que seule la tour n°1 était contaminée, alors qu’il est avéré, depuis, que la tour n°2 était elle aussi contaminée. Or, la réouverture de l’usine de Craon a eu lieu sur le fondement de « l’absence de contamination ». C’est dire que les responsables ne se souciaient pas de la santé des consommateurs autant qu’ils l’étaient de la rentabilité du complexe laitier. Affaire à suivre …


« Cette tour n° 2 est un élément majeur nouveau, dans la mesure où Lactalis a toujours assuré que le phénomène de contamination était limité à la tour n°1 » de l’usine de Craon (Mayenne), a expliqué le président de l’association des familles victimes du lait contaminé (AFVLCS), Quentin Guillemain,

Une découverte décisive dans l’enquête sur les laits infantiles Lactalis contaminés à la salmonelle. Deux types de salmonelles ont été retrouvés dans des produits fabriqués par la tour n°2 de l’usine Lactalis de Craon (Mayenne), selon des documents de la Direction générale de la santé (DGS) consultés par l’AFP jeudi 29 novembre. Ces salmonelles ont été retrouvées lors de contrôles réalisés par le groupe, peu avant le début de l’affaire du lait contaminé.

Lactalis a étendu, le 20 décembre 2017, son retrait-rappel « à l’ensemble des produits fabriqués sur le site de Craon depuis le 15 février 2017, à la suite de la mise en évidence de Salmonella mbandaka et Salmonella agona dans des produits fabriqués par la tour n°2 », précisent des comptes-rendus de réunions hebdomadaires de sécurité sanitaire, organisées sous l’égide de la DGS entre le 6 décembre 2017 et le 7 février 2018.

« Cette tour n°2 est un élément majeur nouveau, dans la mesure où Lactalis a toujours assuré que le phénomène de contamination était limité à la tour n°1 », assure Quentin Guillemain, le président de l’association des familles victimes du lait contaminé (AFVLCS). La tour n°1 de l’usine a été définitivement fermée, mais la tour n°2 a repris sa production en juillet. « C’est sur l’absence de contamination dans la tour n°2 que le groupe s’appuie pour justifier la réouverture de l’usine de Craon », a ajouté Quentin Guillemain.

Des salmonelles « détectées avant la mise en boîte »

Contacté par l’AFP, le directeur de la communication de Lactalis, Michel Nalet, a indiqué qu’il ne connaissait pas ce document et n’était pas en capacité de répondre dans l’immédiat. Le 8 novembre, Michel Nalet indiquait avoir « eu quelques-unes [des salmonelles] dans les produits mais elles ont été détectées avant la mise en boîte ».

Dans le rapport de la commission d’enquête du Sénat du 5 avril 2018, la directrice générale de la DGCCRF évoquait déjà la détection de salmonelle dans « l’environnement » de la tour n°2. « Le 21 décembre 2017, suite à la détection de la bactérie dans l’environnement de la tour n°2, le groupe Lactalis annonce généraliser le retrait-rappel à l’ensemble des produits fabriqués ou conditionnés sur la partie du site Lactalis Nutrition Santé depuis le 15 février 2017 », expliquait-elle aux sénateurs.

Après le scandale lié à la contamination à la Salmonelle agona, Lactalis avait été contraint d’arrêter sa production à l’usine de Craon en décembre 2017 et de rappeler l’ensemble de la production de lait infantile de cette usine.


avatarfranceinfo / AFP

France Télévisions