Vue générale de l’usine Lafarge dans le nord de la Syrie, à Jalabiya. Delil souleiman / AFP

La situation de la coopération entre la multinationale Lafarge et le groupe terroriste Daech se clarifie de plus en plus avec l’arrestation de cet ancien membre des services du renseignement intérieur norvégiens, responsable de la sécurité de cet éminent membre du CAC 40.

Alors qu’en France des internautes ont écopé de peines de prison pour avoir nommé le réseau wi-fi « Daech21 » – ce n’est pas une blague -, une multinationale aussi puissante a réussi pendant de longues années à financer Daech alors que les services de renseignement français le savaient parfaitement.

Si vous avez le malheur de dire ça avant l’heure vous serez traité de complotiste égaré et paranoïaque juste bon à revêtir une camisole de force et à vous éloigner au plus vite du Net et de votre clavier. Sauf que c’est encore une fois le « complotiste » qui a eu raison, c’est lui qui a dénoncé le premier ces crimes ; son seul tort est d’avoir dit la vérité un peu trop tôt. Lorsque l’on vous dit que des membres de la police française – mais également la gendarmerie ou l’armée – commettent aujourd’hui en France des attentats afin de créer des tensions du style Gladio, il nous suffira de patienter un certain temps avant que cette vérité s’impose à tous.


Le quotidien Le Monde a révélé ce jeudi 10 mai que l’ancien directeur sûreté de l’usine du cimentier français Lafarge en Syrie a été arrêté à Paris et mis en examen le 4 mai dernier.

Inculpé pour « financement du terrorisme », Jacob Waerness est un ancien membre des services du renseignement intérieur norvégiens. Inculpé pour « financement d’une entreprise terroriste », il est le 8e individu à être mis en cause dans ce dossier. Le groupe Lafarge est soupçonné d’avoir indirectement financé des groupes jihadistes, dont l’État islamique en Syrie.

Pendant longtemps, cet ancien membre des services secrets norvégiens est resté insaisissable. Ces derniers mois, les douanes judiciaires chargées de l’enquête souhaitaient l’interroger à tout prix… en vain.

Mais le 2 mai dernier, cet homme clé de l’affaire Lafarge a commis un faux pas : lui qui refusait catégoriquement de se rendre en France pour répondre aux questions des enquêteurs a été interpellé à l’aéroport Charles de Gaulle, entre deux avions, lors d’une simple escale.

Inculpé de financement du terrorisme, il a été placé sous contrôle judiciaire. Car Jacob Waerness est loin d’être un second couteau. Entre 2011 et 2013, il a été responsable de la sécurité de l’usine syrienne du groupe Lafarge, période pendant laquelle le cimentier a établi des contacts avec les rebelles.

Jacob Waerness a publiquement admis, dans un livre publié en Norvège il y a deux ans, que la filiale syrienne de Lafarge était tombée dans un engrenage et avait financé des groupes terroristes, dont Daesh (acronyme arabe pour l’EI), pour préserver son outil industriel de Jalabiya et se maintenir dans le pays.

Esquissant un début d’autocritique Jacob Waerness avait alors reconnu avoir poussé, avec son PDG, la dynamique un peu loin, et ne pas avoir averti que collaborer avec les terroristes était une voie sans issue. […]


RFI – Source : Le Monde