La France est en train de virer dingo en direct, à n’y plus rien comprendre. Mediapart vient de dénoncer une absurdité judiciaire folle, confirmée par le procureur de la république qui l’assume ! Madame Geneviève Legay a été victime d’une violence policière manifeste qui a donné lieu à une enquête de la police des polices. Du coup, la victime, convalescente à l’hôpital, reçoit la visite d’une policière chargée de l’enquête, mais celle-ci n’est autre que la compagne du commissaire responsable de la sécurité ce jour-là ! Même dans les républiques bananières les plus corrompues, on n’a pas osé une telle audace ! De surcroît, ces policiers voulaient lui faire croire et lui faire dire que c’était une autre personne qui l’avait bousculée !


Cet élément, rapporté lundi par Mediapart, était déjà confirmé par le procureur de la République lors d’une conférence de presse fin mars. 

Élément troublant dans l’affaire Geneviève Legay. La policière en charge de l’enquête sur les blessures graves de cette manifestante de 73 ans, bousculée dans un cortège de « gilets jaunes » à Nice, le samedi 23 mars, n’est autre que la compagne du commissaire de police chargé du maintien de l’ordre ce jour-là, comme le relève Mediapart lundi 8 avril.

Le procureur de la République de Nice confirmait déjà cette information, le 29 mars, lors de sa deuxième conférence de presse sur le sujet, diffusée par France 3 Provence Alpes-Côte-d’Azur sur Facebook. Il se défendait alors de tout conflit d’intérêt au moment de saisir le service de cette commissaire divisionnaire, Helène P. Devant les journalistes, le procureur avait reconnu que la cheffe de la sûreté départementale, en charge de la première enquête technique sur les faits, était effectivement en concubinage avec Rabah Souchi, commissaire responsable du maintien des opérations le 23 mars et donc supérieur du policier soupçonné d’avoir bousculé la militante d’Attac, grièvement blessée dans sa chute et sortie d’affaire depuis.

« Il ne s’agit pas d’une enquête pénale au sens classique du terme »

« C’est une situation qui ne m’était absolument pas inconnue dès le départ, expliquait ainsi le procureur de la République de Nice, le 29 mars. C’est une décision que j’ai prise en toute connaissance de cause parce qu’il ne s’agit pas d’une enquête pénale au sens classique du terme. »

« Il s’agit d’une enquête technique en recherche des causes de blessures qui ne mettait en cause absolument personne pour une faute quelconque, justifie-t-il. La recherche ne mettait pas en cause les responsables des manifestants, de ceux qui encadraient les manifestants, des responsables des forces de sécurité présentes. Moi ce que je voulais c’était un service qui pouvait intervenir immédiatement, qui savait faire ce genre de choses-là : récupérer les images, les interpréter, entendre tous les témoignages, identifier les personnes et ce service-là, l’a fait parfaitement. J’insiste sur la qualité du travail qui a été fait, et l’indépendance totale de ce travail, indépendance d’autant plus évidente que personne, dans le cadre de cette enquête ne pouvait être mis en cause. »



Depuis, l’analyse des images de vidéosurveillance de la ville de Nice ont permis de confirmer l’implication d’un policier dans la chute de la septuagénaire et une information judiciaire a été ouverte pour « violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de huit jours par dépositaire de l’autorité publique ».

« S’il y avait eu réellement une volonté de cacher, de camoufler, le dossier aurait été directement classé sans suite ce qui n’a pas été le cas », a défendu Me Adrien Verrier, avocat du policier impliqué dans la chute de Geneviève Legay. « Au contraire, continue l’avocat, une instruction a été ouverte et dès l’instant où un juge d’instruction est désigné, le dossier est ouvert, consultable donc il suit une voie normale, logique, classique. On est sur une totale transparence. » Il dénonce « une nouvelle polémique qui vient s’ajouter à une situation déjà difficile pour tout le monde ».


Photo d’illustration : Geneviève Legay, activiste d’Attac, lors de la manifestation des « gilets jaunes » le 23 mars 2019 à Nice (Alpes-Maritimes). (VALÉRY HACHE / AFP)

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