On ne sait même plus si nous sommes dans le monde réel ou dans un monde parallèle, tant les révélations sont stupéfiantes. La justice algérienne a en effet découvert dans une maison de la résidence d’État de Moretti un trésor de plusieurs milliards en monnaie locale, ainsi que d’autres devises étrangères et 17 kg de bijoux en or ! Cette affaire implique l’ex-patron de la police nationale ainsi que des ministres et des élus ! Nous assistons donc effectivement à la mise en lumière d’un réseau mafieux, d’une organisation de malfaiteurs appartenant aux plus hautes sphères de l’État qui a dilapidé ses richesses et pillé son trésor public ! Un système mafieux qui a imposé la corruption comme le seul moyen de faire du commerce en Algérie !

Toute personne qui aurait fait ces révélations il y a seulement quelques mois aurait été traitée de complotiste et de paranoïaque ! Toute personne qui aurait parlé d’une maison abritant un tel trésor aurait été traitée tout simplement de folle !


Le parquet de Chéraga a fait état d’une affaire des plus troublantes qu’il a eu à traiter hier.

Il s’agit de la découverte dans une maison à la résidence d’État de Moretti, à l’ouest d’Alger, de 113 349 200 DA, de 270 000 euros, de 30 000 dollars et de 17 kg de bijoux en or.

Le communiqué cite uniquement les initiales des noms des propriétaires et précise que l’enquête préliminaire a identifié les personnes mêlées à ces fonds qui servaient « au trafic d’influence exercé par des fonctionnaires de l’État pour soutirer de l’argent en contrepartie de décisions à leur profit ».

Parmi les personnes inculpées et les autres désignées par leurs initiales, le parquet de Chéraga cite les noms de Abdelghani Hamel, ex-patron de la police, l’ex-ministre des Travaux publics, Abdelghani Zaalane, l’ex-ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Mohamed Ghazi, et l’actuel sénateur Ali Talbi, tous poursuivis pour « violation de la loi sur le mouvement de capitaux », « trafic d’influence », « abus de fonction » et « blanchiment d’argent ».

Le communiqué précise que le juge d’instruction a placé sous mandat de dépôt l’ensemble des mis en cause et transmis le dossier de procédure de poursuites contre Abdelghani Zaalane et Mohamed Ghazi, ainsi que celui de l’actuel sénateur Ali Talbi, au président de la cour de Tipasa, pour les mesures à prendre. 


Salima Tlemçani

El Watan [Algérie]

15 juillet 2019