« En 1871, le ministre français de la guerre (Gambetta) donne l’ordre d’embarquer à destination de Marseille les smalas et les spahis d’Aïn Guettar et de Bou Hadjar afin de rejoindre le front nord au nom de la souveraineté française. Le 22 janvier, c’est l’insurrection, ces Algériens refusant alors de se battre pour une puissance qu’ils ne connaissent que de nom. La répression du Général Lallemand va entraîner un mouvement de solidarité qui va s’étendre jusque dans la région d’El Milia en passant par le nord de Constantine.

On assiste alors à l’émergence d’un leader : El Mokrani. Il refuse sa solde et écrit au Général Augerand, en lui affirmant qu’il est prêt à se battre. Bientôt, c’est toute l’Algérie qui se révolte avec le siège de la garnison de Tizi Ouzou (25 jours). Des figures telles que le fils de l’Emir AbdelKader, ou encore Moustafa Ben Ahmed poussent à la révolte, elle va atteindre différentes régions (Laghorat, Djebel Amor). Cependant la faible organisation et le manque de moyens entraîne un échec qui va se solder par une indemnité de guerre de 45 millions de francs et par le cantonnement d’une grande partie des tribus. C’est à la suite du « procès des chefs » que 84 d’entre eux sont condamnés à la déportation en Nouvelle-Calédonie sans possibilité d’amnistie, à l’inverse des Communards.

C’est dans des conditions inhumaines que le voyage (5 mois) eut lieu, attachés à des chaînes dans des cages, ils furent victimes des maladies et de la malnutrition, et un grand nombre n’atteignirent pas l’île. C’est en se mélangeant aux autres déportés et grâce à l’élevage du cheval qu’ils survécurent. »

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