Les magistrats algériens viennent de répondre aux ordres du chef d’état-major Gaïd Salah, qui a tendance ces derniers temps à se prendre pour le président de la république, en affirmant qu’ils refusent de travailler sous pression. Petit à petit, marche après marche, les structures institutionnelles commencent à fonctionner normalement. Cela va être long et prendra du temps mais il semble que nous soyons sur la bonne voie.


Le syndicat national des magistrats sort de son mutisme.

Alors que le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah presse la justice de traiter rapidement tous les dossiers « de corruptions » en affirmant avoir donné « des garanties suffisantes » aux juges, l’organisation lui répond de manière, on ne peut plus claire.

En effet, dans un communiqué de son bureau exécutif, qui a tenu sa première réunion après l’élection d’un nouveau président, le syndicat n’est pas allé d’une main morte pour récuser toutes les interférences dans le travail de la justice.« Les juges refusent qu’ils soient traités comme un appareil qui ne bouge que sur tantôt des instructions et tantôt sur convocation. Ils tiennent à leur droit constitutionnel d’être un pouvoir indépendant qui exerce ses missions, suivant le principe de la légalité et d’égalité (…) Ils traitent toutes les catégories de la société sur le même pied d’égalité et appellent tout le monde à leur faire confiance, sans tutelle n’est pression », lit-on dans ce communiqué.Refusant toutes les accusations dont fait l’objet le corps des magistrats, le syndicat affirme aussi que « l’unique garantie et l’unique protection de la justice et des magistrats ne peut venir d’aucune partie extérieure au pouvoir judiciaire ».« Cette garantie se concrétise par une série de procédures consacrant l’indépendance totale de la justice, et cela travers la révision des lois et du cadre régissant le travail du juge et sa carrière professionnelle », lit-on encore dans ce communiqué.

Ce faisant, le syndicat s’engage à apporter « son soutien matériel et moral aux magistrats et se dressant devant celui qui veut porter atteinte à leur indépendance, soit avec des déclarations, des allusions ou tout autre agissement en se constituant partie civile ».

« On ne peut parler d’une justice indépendante qui jouit d’une protection à la lumière des lois et du cadre légal actuels régissant le parcours professionnel des magistrats. Car ils ont prouvé leur inefficacité. C’est pourquoi l’appel à une nouvelle Algérie libre, suppose aussi obligatoirement un appel à la liberté et à l’indépendance de la justice en la débarrassant de toues les entraves matérielles et humaines », explique cette organisation syndicales.


Photo d’illustration : rassemblement des magistrats devant le ministère de la justice | Crédit photo : INTERLIGNES MEDIA

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