Il se passe tellement de choses tous les jours en Algérie depuis maintenant deux semaines que nous avons pensé utile de faire le point sur les événements les plus marquants concernant les démissions de personnalités politiques importantes ou tout simplement de l’emprisonnement de certains oligarques.

Nous ne sommes pas dupes de ce genre d’informations surtout concernant les emprisonnements des membres et proches du régime mafieux de Bouteflika, car même si la liste des détenus se rallonge, nous attendons toujours l’incarcération de Saïd Bouteflika qui était le cerveau de cette mafia ; sans oublier une ribambelle d’autres crapules, des corrompus et des criminels…


1– Bouteflika a quitté le pouvoir en présentant sa démission le 2 avril 2019.


2– Démission du président du Conseil Constitutionnel Belaïz le 16 avril 2019.


3– Les ministres du gouvernement de transition et autres responsables du régime chahutés et coursés lors de leurs visites d’inspection et de travail :

  • Le ministre de l’intérieur Salaheddine Dahmoune, le ministre des Ressources en eau Ali Hamam et le ministre de l’Habitat Kamel Beldjoud incapables de rendre visite à leurs concitoyens de Béchar le samedi 13 avril 2019.
  • Le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab assiégé à la wilaya de Tébessa.
  • Zoukh, le wali d’Alger en visite d’inspection à la Casbah, sur les lieux du sinistre ayant entraîné l’écroulement d’une bâtisse, chassé par la foule en colère.
  • Ex-ministre de Bouteflika Aboudjerra Soltani coursé par des manifestants algériens à Paris, aux cris de « vous avez dilapidé le pays, bande de voleurs ! ».
  • Des citoyens algériens balancent des yaourts dans la propriété de l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, d’autres l’attendent au niveau du tribunal avec des pots de yaourt suite à un propos extrêmement blessant qu’il avait tenu estimant que le peuple n’est pas obligé de manger du yaourt comme si c’était un produit de luxe !

4– Des caciques du pouvoir hués et expulsés des marches :

  • Louisa Hanoune à Alger.
  • Said Sadi à Béjaïa.

5– L’oligarque Ali Haddad, patron de l’ETRHB et proche de Saïd Bouteflika a été emprisonné ce 4 avril 2019.


6– Le Club des magistrats annonce le boycott de la supervision de la présidentielle du 4 juillet prochain décidée par le régime de transition.


7– L’ex-Premier ministre Ouyahia et le ministre de l’économie Loukal convoqués par la justice au tribunal d’Alger pour « dilapidation de deniers publics et corruption » selon la chaîne publique algérienne. Ils n’ont pas encore été entendus car il ne se sont pas présentés. Pour corser le tout, les adhérents de son parti, le RND, demandent son exclusion. L’ex-porte-parole du RND Seddik Chiheb l’accuse de toujours travailler pour le clan Bouteflika voire de collaborer avec des forces étrangères.


8– L’oligarque le plus riche d’Algérie Issad Rebrab, patron de Cevital, déféré ce 22 avril 2019 devant le juge d’instruction du tribunal de Sidi-M’hamed et a été incarcéré à la prison d’El-Harrach pour surfacturations et fausses déclarations de mouvements de capitaux vers l’étranger.


9– Les frères Kouninef placés sous mandat de dépôt par le Procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed. Cette fratrie aussi puissante que discrète, très proche de Saïd Bouteflika, a cumulé les milliards de dinars dans des marchés publics dont certains n’ont jamais été réalisés. Les frères Dalton dorment en prison depuis le 23 avril 2019.


10– Mandat d’arrêt lancé contre le puissant général Habib Chentouf, ex-commandant de la première région militaire, qui est actuellement en fuite à l’étranger.


11– Le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, ainsi que plusieurs autres walis ont été limogés ce 22 avril. Très régulièrement, ces équivalents de préfets, sont impliqués dans des scandales immobiliers à plusieurs milliards sans jamais avoir à subir une seule fois les foudres de la justice.


12– Le PDG de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, également proche de Saïd Bouteflika, a été limogé le 24 avril 2019. Rappelons que Sonatrach, ce géant pétrogazier, est la vache à lait de la mafia au pouvoir qui a littéralement pillé le pays ; c’est dire que le poste de PDG de cette entreprise est essentiel à leurs activités criminelles.


13– Les dossiers des ex-ministres Chakib Khelil et Amar Ghoul devant la Cour suprême. Chakib Khelil est impliqué dans de nombreux scandales de corruption dont celui de la Saipem qui a été jugé en Italie, prouvant la corruption et dont le jugement citait son nom. Il n’a pourtant jamais été inquiété par la justice algérienne ! Quant à Amar Ghoul, il est impliqué dans l’affaire de l’autoroute Est-Ouest qui est une gabegie financière historique !


14– Impossibilité d’élire un nouveau président du FLN lors du dernier congrès du Comité Central ce 23 avril 2019, qui ne s’est d’ailleurs pas réuni depuis deux ans, ce qui est totalement illégal. Très grosse magouille et manipulation de la part de Djamel Ould Abbès et sa clique pour reprendre le pouvoir au sein d’un parti dont personne ne veut et que les Algériens exècrent au plus haut car ils le rendent responsable de 57 ans de pillage. Ils ont utilisé le sigle prestigieux du Front qui a libéré le pays et en ont fait un appareil où tout se fait par cooptation.