Si on comprend bien, l’amiante cause chaque année plus d’un millier de morts potentielles en France mais il n’y a toujours pas eu de procès pénal contre les responsables de ce désastre qui a causé des dizaines de milliers de morts ! Le seul coût sanitaire que représenteront tous ces cancéreux de la plèvre est gigantesque ; qui va le supporter ? Certainement pas l’industrie ni les politiciens qui ont autorisé la commercialisation de ce produit cancérigène dont la dangerosité était connue depuis très longtemps, plus d’un siècle (1890).


« Aujourd’hui, 1 100 nouveaux cas surviennent chaque année en France », indique un rapport de l’agence sanitaire Santé publique France.

Les cancers de la plèvre, marque d’une exposition à l’amiante, « sont toujours plus nombreux », selon un rapport de l’agence sanitaire Santé publique France (SpF) qui estime qu’« aujourd’hui 1 100 nouveaux cas surviennent chaque année en France ».

Vingt-deux ans après son interdiction, ce matériau largement utilisé pour ses performances isolantes et anti-feu reste et restera pendant des décennies encore un « sujet majeur de santé publique, de santé au travail et de santé environnementale », souligne SpF dans son rapport sur « 20 années de surveillance (1998-2017) » de cette forme de cancer, appelée mésothéliome pleural. L’agence sanitaire juge donc nécessaire de renforcer l’information et la prévention.

Des disparités régionales très fortes

Les cancers de l’amiante (du poumon, de la plèvre…) apparaissant jusqu’à 30 à 40 ans après l’exposition, le nombre de mésothéliome pleural continue à augmenter en France. « Cette augmentation est encore plus marquée chez les femmes, avec un doublement du nombre de nouveaux cas annuels depuis 1998, pour atteindre 310 cas par an », relève SpF.

Les disparités régionales sont très fortes avec une incidence particulièrement élevée dans les régions du nord, nord-ouest et du sud-est. Plus de neuf hommes sur dix touchés par ce cancer ont été exposés professionnellement à l’amiante. Une femme sur trois a été exposée en dehors de son travail. Pour une femme sur quatre aucune source n’a été trouvée.

Le BTP est particulièrement concerné : la proportion des personnes atteintes de mésothéliome ayant travaillé dans ce secteur est « en augmentation constante depuis 1998 pour atteindre 50% en 2016 ». Autres secteurs très touchés pour les hommes : la réparation navale, la construction de matériel ferroviaire roulant, l’installation d’eau et de gaz.


Photo d’illustration : rassemblement devant la Cour de cassation afin de reconnaître le préjudice d’anxiété de certains travailleurs exposés à l’amiante, le 22 mars 2019. (MAXPPP)