Heureusement que ce n’est pas un Maghrébin ou un réfugié ; du coup, c’est moins grave, beaucoup moins grave. Pas pour les victimes, bien sûr ; non, pour la propagande actuelle et ses objectifs.


La cour d’Assises de l’Hérault a condamné à 20 ans de prison, soit la peine maximale, l’ancien entraîneur de football d’Autignac accusé de viols et agressions sexuelles sur 4 jeunes joueuses, sa petite cousine et sa femme.

Voilà 5 jours maintenant que Laurent Belmonte comparaissait devant la cour d’Assises de l’Hérault pour les viols et agressions sexuelles de 4 de ses anciennes petites joueuses du club de football d’Autignac, ainsi que ceux, plus anciens, de sa jeune cousine et de sa femme.

Ce vendredi 5 juillet, en fin d’après-midi, le tribunal de Montpellier a rendu son verdict. L’entraineur est reconnu coupable de tous les chefs d’accusation pour les six victimes, y compris sa femme.
Au total, il est condamné à 20 ans de réclusion criminelle et 10 ans de suivi psycho-sociologique, soit une peine identique aux réquisitions.

A l’issue du verdict, beaucoup d’émotion pour sa femme et les parties civiles qui se sont embrassées. L’entraîneur, lui, n’a pas cillé.
Son avocat a confirmé qu’il allait faire appel du verdict, sous 10 jours.


Interview de David Mendel – Me David Mendel réagit pour La Défense il va faire appel du verdict – F3 LR

Interview de Josy-Jean Bousquet
Me Josy-Jean Bousquet avocat d’une des jeunes victimes et de ses parents – F3 LR

Un scénario identique et récurrent

Durant cette dernière journée de procés, le magistrat est revenu sur le procédé décrit par les quatre jeunes plaignantes, qui avaient entre 8 et 10 ans au moment des faits, entre 2014 et 2016. Toutes décrivent la même scène se répétant mercredi après mercredi, avant ou après les entraînements, au domicile de l’entraîneur.

Des victimes isolées au sein du groupe

Pendant que les garçons jouaient aux jeux vidéo dans le salon du rez-de-chaussée, le coach en faisait monter une ou plusieurs à l’étage, sous prétexte d’aller chercher des jouets. Un scénario glaçant dénoncé par l’avocat général :

Il isole une enfant au milieu des autres : être choisie au milieu des autres, être celle qui va monter dans la chambre, c’est terrible !


10 ans de suivi requis

Et le magistrat d’alourdir la peine requise en l’assortissant d’une demande de 10 ans de suivi socio-judiciaire, pointant du doigt la dangerosité de l’accusé compte tenu de sa personnalité. En effet, tout au long du procès et selon les descriptions des experts, il s’est révélé incapable d’empathie :

Laurent Belmonte est inaccessible à autrui, il n’entend pas la douleur.

Un « nouvel Outreau » selon la défense

Alors face à ce réquisitoire impitoyable, qu’avaient précédé les plaidoiries poignantes et tout autant incisives des avocats des parties civiles, maître David Mendel, l’avocat de la défense, a tenté de plaider « un nouvel Outreau » [du nom de cette affaire où les accusations des enfants avaient fini par voler en éclats, NDLR], martelant que toutes les parties civiles étaient « liées par une chaîne de solidarité » :

On dit que Sandra [l’épouse de Laurent Belmonte, qu’elle accuse de l’avoir droguée, violée et filmée à son insu, NDLR] étaye les accusations des quatre enfants, mais il faut bien que quelqu’un étaye celles de Sandra : allo J. ? [la petite cousine de l’accusée, elle aussi plaignante] (…) Il manque des preuves dans ce dossier, que l’on tente de compenser par une accumulation de victimes.

Remise en cause de la parole des enfants

L’avocat de l’accusé martèle, à l’instar de son client, que ce dernier est innocent, allant même jusqu’à remettre en cause les témoignages des fillettes, qui avaient laissé la Cour et les jurés au bord de la nausée deux jours plus tôt :

Ces enfants étaient magnifiques et dignes, représentaient tout ce que la justice doit protéger. Mais quand même : n’est-il jamais arrivé dans une cour de « récré » qu’on se monte la tête les uns, les autres ?

Ce soir, la récréation est finie. L’accusé va purger sa peine. Et sera astreint à un suivi pendant dix ans après sa sortie de prison.


Photo d’illustration : Cour d’appel de Montpellier / © France 3 LR

Valérie Luxey

France3 Occitanie

5 juillet 2019