C’est le copain de MBZ, MBS, Trump, Tel-aviv et donc Macron ! Plus il est sanguinaire et sauvage mieux il sera protégé, armé et financé par l’Occident afin de ne jamais perturber l’agenda sioniste. Si pour ce faire, il doit tuer quelques milliers de ses compatriotes, ce sera le prix convenu à payer…


Cet ancien chef de guerre au Darfour est celui qui a commandé la répression de l’opposition soudanaise, lundi 3 juin.

C’est l’un des hommes clés du pouvoir de transition.

L’homme qui a conduit la répression contre les manifestants soudanais à Khartoum, lundi 3 juin, est sans doute l’un des plus dangereux d’un pays peu avare en chefs de guerre. Muhammad Hamdan Daglo, dit « Hemeti », a lancé ses hommes sur les civils qui campaient aux abords du QG de l’armée, comme il a appris à le faire au Darfour où il a été le bras armé du pouvoir soudanais dès 2003. Bilan de la répression de lundi : 108 morts, selon le comité des médecins, proche du mouvement de contestation.

Du commerce à la guerre

Issu de la tribu nomade arabe de la zone soudano-tchadienne, les Rizeigat, Muhammad Hamdan Daglo est né en 1975 dans une riche et influente famille de commerçants de chameaux. Il aurait été recruté par Khartoum au début des années 2000 après avoir été victime d’une importante razzia dans le Darfour. Financé par le gouvernement, il constitue une milice armée de Rizeigat et assure la sécurité de Nyala, la capitale du Darfour du Sud, à partir de 2003.

Sa mission ? Semer la terreur dans les rangs des Fours, la principale communauté dont sont issus les rebelles, raser leur village, les attaquer et les traquer sans merci. Il est efficace, s’élève dans la hiérarchie des milices arabes (les Janjawid) chargés de la répression. Elles commettent des « crimes de guerre » et des « crimes contre l’humanité », pour lesquels le président Omar El Béchir, déchu le 6 avril, est poursuivi par deux mandats d’arrêts de la Cour pénale internationale (CPI).

Le chef des RSF

Le rapprochement entre le Tchad et le Soudan, la pression de plus en plus vive de la communauté internationale sur le régime d’Omar-el Bechir, la paix signée avec l’un des mouvements rebelles, perturbent le jeu des alliances dans le Darfour. Une partie des milices arabes se sentent abandonnées par le régime et se retournent contre lui, dont les hommes de Daglo.

Un accord financier est trouvé pour calmer les esprits, « Hemeti » est associé à l’appareil sécuritaire du régime. En 2013, on lui confie la direction des Forces de soutien rapide (RSF), une nouvelle force paramilitaire composée de milices Janjawid. Le voici au cœur de l’appareil sécuritaire au côté de l’armée, à la tête d’une forme de garde prétorienne chargée de protéger le président et affectée aux basses besognes du pouvoir.

En 2014 et 2015, les organisations de défense des droits de l’homme accusent les Forces de soutien rapide d’avoir commis de nombreuses exactions dans le pays. En 2015, ces Forces participent à la guerre au Yémen au sein de la coalition arabe conduite par…


Photo d’illustration : bilan de la répression de lundi : 108 morts, selon le comité des médecins, proche du mouvement de contestation. / AP

Laurent Larcher

La Croix

7 juin 2019