Chacun se plaît à voir le désordre chez ses voisins, mais sans faire attention à sa propre maison ! L’opinion française en use ainsi depuis longtemps. Les Européens le lui rappellent et les professeurs de philosophie aussi, comme le fit ce collègue, qui enseignera au lycée Hoche de Versailles, ancien élève en classe de préparation, avant la guerre, au lycée parisien Henri IV, entré à l’École Normale Supérieure,  et qui fut reçu en bonne place à l’agrégation, de famille de pensée de gauche et maçonnique, qui eut une attitude pacifiste en 1939, ce qu’en tant que fils de soldat de la classe 16 et dont l’oncle maternel est tombé à Verdun, nous pouvons comprendre : il se nommait René Chateau (1906-1970) et prit comme nom de plume Jean-Pierre Abel, comme l’innocent éleveur de la Bible « Abel qui souffre et qui meurt par la haine qui est dans le lot humain. Abel qui renaît à chaque génération, pour mourir encore par la grande haine réveillée et rouge. Et il n’est pas étrange que, sorti encore une fois des ombres, l’éternel Abel te parle, ami lecteur, de l’éternel Caïn. »  !
Son livre le plus connu  et qui est trop pessimiste pour être polémique, a été réédité naguère ; on voit sur sa couverture une foule de civils armés, en bras de chemise, pousser devant eux deux jeunes femmes, de santé solide, visiblement musclées, au visage fin, entièrement nues, de moins de trente ans ans, accusées vraisemblablement en 1944 « d’intelligence avec l’ennemi ».  Ceux qui reprochent aux Musulmans de marcher devant leurs femmes, selon ce que disait un commentateur connu, sur la toile, d’une photographie de la guerre d’Algérie montrant une femme blessée, le bras ouvert après que son douar ou village ait été bombardé républicainement – comme jadis en Vendée – devraient voir cette photographie qui est sur la couverture de la réédition de L’Age de Caïn ; combien de religieux chrétiens se sont-ils portés au secours de ces femmes  dénudées entièrement, poussées à s’exhiber devant la populace en liesse ? A-t-on vu des « sœurs de charité »  avec leurs hautes cornettes blanches, qui  soignaient  les malades dans les hôpitaux, couvrir ces femmes et les arracher à la joie sadique, ou des orateurs sacrés dénoncer en chaire cette turpitude ? Ils tiendraient, s’ils ont existé, dans une cabine téléphonique.
Dans notre  atmosphère contemporaine de  préparation à la guerre civile voulue par les satanistes politiques, il convient de calmer les esprits et surtout de briser l’arrogance de ceux qui croient être meilleurs que ceux d’un autre rite, car je signale que les Musulmans aussi divers que les Chrétiens, en effet, ont ce point commun de ne pas injurier dans leurs livres la Vierge, par exemple, mais de présenter Jésus comme « fils de Marie » et d’avoir une morale, pour le dire en bref.
De toutes mes nombreuses classes, la meilleure et la plus disciplinée aura été celle du lycée Carnot de Tunis en 1970, et l’une des mes élèves Khedija Ben Hamida a su à sa chaire de l’université défendre les couleurs de la philosophie. Ceci dit pour l’exemple.
Comment s’est-on donc comporté dans ce pays que Louis XIII a consacré le 15 août à la Vierge ? Ouvrons le livre de Jean-Pierre Abel L’Age de Caïn, premier témoignage sur les dessous de la libération de Paris, Éditions Nouvelles, Paris, 14e 1947, (239 pp.) : « Ce livre n’est pas un roman. Le lecteur m’excusera de ne pas avoir donné mon vrai nom » !
À propos d’une femme, Mme Albertini (femme de Georges Albertini,1911-1983, fils de cheminot, premier lieutenant de Marcel Déat également professeur agrégé de philosophie et qui mourut exilé dans un couvent italien) torturée au siège du Parti Communiste, dans la rue de Chateaudun :  » …ils l’ont torturée pendant toute une journée. Ils l’ont mise à moitié nue. Ils l’ont courbée sur le dossier d’une chaise, les mains en avant. Deux F.T.P. tenaient ses mains, en les appliquant solidement sur le siège. D’autres, de l’autre côté de la chaise, maintenaient les pieds. Et quelqu’un – je crois que, du moins pendant un certain temps ce fut une femme – a pris un ceinturon, un de ces gros ceinturons militaires, qui ont une lourde boucle en métal. C’est ce ceinturon, à toute volée, qui est tombé et retombé sur le dos, sur les reins nus de Mme Albertini pendant des temps qui étaient et ont paru des heures. Parfois l’ardillon de la boucle entrait tout droit dans les chairs, de toute sa longueur. La peau éclatait, le sang coulait. Et, pour corser le menu, ils appliquaient sur les plaies le bout enflammé de leurs cigarettes ou de leurs cigares… Mais le pire c’est qu’ils avaient aussi  amené le fils de Mme Albertini, un petit garçon de dix-huit mois. Elle l’entendait pleurer dans une salle à côté. Et il pleurait parce qu’il entendait les coups et les cris… » « Puis ils l’ont conduite à l’Institut (d’hygiène dentaire, dans le 13ème arrondissement). Mais il n’ont pas voulu lui rendre son fils. Ils l’ont mis à l’Assistance Publique. » L’enfant y mourut. op. cit. pp. 95-97). https://archive.org/details/LageDeCain
 « Je me souviendrai toujours, en particulier, d’un visage de femme, dont tout le front au-dessus des sourcils avait disparu, sans doute éclaté, et qui me fit penser à une maison dont une bombe aurait rasé les plus hauts étages. Mais je n’ai point vu, sur aucun de ces profils, le trou rond et net que fait un balle, quand elle entre. La balle, toujours avait dû entrer par derrière, dans la nuque« . (p.185).
 Avons-nous de quoi pavaner devant les Musulmans ou quiconque ?