A Syrian man reacts as rescuers look for victims under the rubble of a collapsed building following a reported air strike on the rebel-held neighbourhood of Sakhur in the northern city of Aleppo on July 19, 2016. Civilians in rebel-held parts of Syria's Aleppo expressed fears on July 18, 2016 of a lengthy government siege, as food supplies dwindled after regime troops seized the only road into the city's east. The government advance, which has been backed by a Russian air offensive, is seen as a major setback for opposition forces in Syria's second city. / AFP PHOTO / THAER MOHAMMED


Si vous voulez augmenter la puissance de Daech et pire encore, susciter le soutien populaire qu’ils n’ont pas aujourd’hui, il suffit de réaliser de tels massacres que d’aucuns nomment pudiquement bavures, voire « erreur » ! Puis faire semblant de s’en excuser ce qui est pire encore. Imaginez Daech présenter des excuses pour le massacre de Nice, juste après un tel bombardement…


Les bombardements qui visaient les combattants de l’État islamique dans un village dans la province d’Alep ont fait « au moins 56 morts dont 11 enfants ».    

Il s’agit sans doute du « bombardement le plus coûteux en vie de civils » par la coalition depuis le début des opérations anti-Daesh menées par les États-Unis depuis 2014. Amnesty Internationale alerte sur les pertes civiles causées par les frappes aériennes contre l’États islamique (EI) en Syrie. Mardi 19 juillet, la coalition a bombardé une zone proche d’un village tenu par l’organisation terroriste.

À quelque 100 km d’Alep, des avions de la coalition ont donc mené à l’aube des frappes alors que les habitants fuyaient les combats dans le village d’al-Toukhar, près du fief jihadiste de Minbej, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. Le bilan civil est très lourd : « Il y a eu au moins 56 morts civils, dont 11 enfants, et des dizaines de blessés, dont certains grièvement atteints », selon lui. Sur les réseaux sociaux, le #PrayForSyria revient dans les sujets les plus commentés, et s’accompagne d’images de corps d’enfants sortis des décombres, blessés ou inertes. Des images dures qui tournent depuis cinq ans maintenant.

Plus de 280.000 morts et des millions de départs forcés depuis 2011

Amnesty International a exhorté la coalition à « redoubler d’effort pour empêcher la mort de civils et à enquêter sur de possibles violations du droit humanitaire international« . D’après Le Monde, l’organisme de communication de Daesh parle lui de 160 morts, quand une autre source alourdi encore le bilan qui s’élèverait, d’après lui, à « plus de 200 morts« , « et ce n’est pas terminé ». Selon l’OSDH, au moins 21 civils ont péri lundi dans des raids de la coalition sur al-Toukhar et la localité stratégique de Minbej, visée depuis le 31 mai par une offensive terrestre des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants arabes et kurdes de Syrie soutenue par les États-Unis.

La guerre en Syrie, qui a éclaté en 2011 après la répression par le régime d’une révolte pacifique, met aux prises de nombreux acteurs locaux et internationaux combattant sur un territoire très morcelé, dont une partie est occupée par l’EI. Elle a fait plus de 280.000 morts et forcé des millions de personnes à la fuite, engendrant une crise humanitaire majeure en Syrie, dans les pays voisins et en Europe.  

Cécile de Sèze (avec AFP)