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François Fillon, le candidat du parti Les Républicains et du parti Union des Démocrates et Indépendants à l’élection présidentielle, ce vendredi 24 mars 2017. | Photo : Daniel Fouray / Ouest-France

Comme vous devez le savoir, ou peut-être pas, du coup c’est l’occasion de l’apprendre : à l’instar du chasseur, il y a le bon complot et le mauvais complot. Il y a le bon complot qui permet aux politiciens véreux de se sortir d’une mauvaise passe, de se victimiser et de faire pleurer dans les chaumières ; en général c’est un faux complot. Puis il y a le mauvais complot, celui qui dérange la caste dominante, la mafia au pouvoir ; en général c’est le vrai complot, appuyé par des centaines de preuves.

Comment différencier entre les deux, le bon et le mauvais complot ? C’est très simple, un enfant de cinq ans pourrait le faire.


Le climat de la campagne s’est encore alourdi, jeudi soir, avec les accusations lancées par François Fillon contre un supposé « cabinet noir » de l’Élysée, qui lui a attiré une très vive riposte de François Hollande.

Le candidat de la droite revient, pour ouest-france.fr, sur les affaires et la polémique.

Vos ennuis ne nuisent-ils pas à votre autorité au moment de défendre un projet exigeant ?

Ça me porte préjudice dans la conduite de ma campagne. Ça réduit le débat présidentiel de manière spectaculaire. Pour le reste, c’est la décision des Français, et seulement la décision des Français, qui me donnera l’autorité nécessaire de faire les choses.

Vous avez, dites-vous, la certitude d’être au second tour. Méthode Coué ou conviction sincère ?

Non, c’est une analyse la plus détachée possible. Les Français veulent une alternance politique, ça j’en suis sûr. L’échec de François Hollande est tellement massif qu’il ne peut pas se représenter. Ma conviction, c’est que dans le paysage politique actuel, je suis le seul à proposer une alternance. M. Macron tente de symboliser cette alternance, alors qu’en réalité, plus le temps passe, plus il apparaît comme la continuation de la politique de François Hollande, dans ses propositions, très libérales il y a plusieurs mois, de plus en plus centre-gauche, et parce qu’il est rejoint par le Parti socialiste. Il ne peut incarner cette alternance.

Vous avez porté, hier soir, une accusation très lourde contre le président de la République. De quels éléments disposez-vous ?

J’ai simplement dit qu’il y a un livre qui sort, dont j’ai découvert le contenu ces derniers jours. Il décrit un mécanisme incroyable d’intervention du pouvoir dans les affaires judiciaires. J’ai simplement dit que ce livre fait des révélations qui, si elles s’avèrent exactes, sont un scandale d’État. Il dit que les écoutes remontent directement à l’Élysée, que le président de la République a connaissance de toutes les procédures, etc. Je ne sais pas si c’est vrai ! Donc, il doit y avoir une enquête.

Ce n’est pas pour faire diversion que vous parlez de cela ?

Il y a une procédure à mon encontre qui est inédite quant à son calendrier, sa violence. Et, en même temps, les socialistes, M. Macron, alors qu’il n’y a pas d’autres possibilités de candidat à droite, qui réclament mon départ de la compétition. Ça fait beaucoup.

Un complot ?

Je ne veux pas utiliser le mot de complot. Un faisceau d’indices de […]

Michel Urvoy –  Ouest France