Que fait la police entre temps ? Rien ! Où est passé l’argent des impôts et l’obligation de l’État de rétablir l’ordre et garantir la sécurité des citoyens ? Tout simplement dans les quartiers bourgeois de Paris où il y a 10 fois pus de services publics. On comprend mieux ce qui se passe en France lorsque l’on se rappelle que c’est les policiers les plus gradés qui importent la drogue comme l’a démontré Gérard Fauré dans son témoignage contre Charles Pasqua ou tout simplement l’affaire gravissime de François Thierry…


Depuis un mois, des parents d’élèves forment chaque jour une chaîne humaine pour protéger symboliquement l’école Hugo-Balzac du trafic de drogue.

Ce mouvement veut s’installer dans la durée et cherche des relais.

Tous les matins, depuis un mois, par tous les temps, une quarantaine de parents d’élèves se donnent la main pour former une chaîne humaine autour de l’école Hugo-Balzac-L’Ermitage. « On veut protéger symboliquement l’école en créant un cordon de sécurité », explique Nadine, l’une des mères de famille à prendre part tous les jours à ce drôle de happening.

La mobilisation n’a pas failli depuis le 13 mai dernier. Elle a été complétée par un sit-in une fois par semaine devant le collège Fabien. Ces rassemblements répondent à un incident survenu il y a un mois tout juste dans le groupe scolaire Hugo-Balzac. Une intrusion avait semé le trouble, et 600 élèves s’étaient retrouvés confinés par mesure de précaution dans leur classe pendant plus d’une heure.

Du cannabis avait été retrouvé à l’intérieur de l’école

Cet épisode est loin d’être un fait isolé. Il avait révélé un malaise plus profond, celui des habitants des quartiers Nord de Saint-Denis, Péri-Dourdin-Delaunay-Belleville, en prise avec un trafic de drogue endémique. Lors de la fouille de l’établissement, quelques grammes de cannabis avaient été découverts dans une cachette, signe que l’école n’échappe plus à la sphère d’influence des trafiquants.

Ce jeudi, une vingtaine de parents, des enseignants se sont encore rassemblés sous le nez des guetteurs impassibles. Soudain un cri strident retentit à l’approche d’un fourgon de police : « À l’affût, à l’affût derrière », préviennent les « choufs ».


Saint-Denis, jeudi 13 juin. Un guetteur accoudé à la barrière et indifférent aux parents vient de donner l’alerte au passage de la police. LP/N.R.


Photo d’illustration : Saint-Denis. Les parents d’élèves expriment leur ras-le-bol face aux trafics de drogue dans le quartier. LP/N.R.

Le Parisien

13 juin 2019