La réponse est très simple : via l’intercession du dieu Mammon très généreux en liasses de billets…


Devenu traitement standard contre le Covid-19 aux États-Unis grâce au conseiller à la Santé Anthony Fauci, la molécule de Gilead Sciences débarque en France dans les médias sous une pluie de compliments, dans la continuité de l’effort consacré à détruire l’hydroxychloroquine.

Sans preuve d’efficacité déterminante et sans utilité en médecine d’urgence.

Le 19 mars, Donald Trump présentait en conférence de presse l’hydroxychloroquine (HCQ) comme un traitement pouvant « changer la donne » contre le coronavirus. Son principal conseiller à la santé Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy (NIAID), affichait toutefois son désaccord quelques jours plus tard en prenant au contraire parti pour le Remdesivir. La nouvelle molécule de Gilead Sciences était déjà testée par le NIAID depuis le 21 février, tandis qu’il aura fallu attendre le 2 avril pour que des essais concernent l’hydroxychloroquine, sur des malades nécessitant une hospitalisation. L’intérêt qui se manifeste ces derniers jours en France pour le Remdesivir n’est pas un hasard. Il débarque des États-Unis, grâce au concours des médias. Décryptage.

L’armée des douze singes 

Le 16 avril, une fuite de documents par le site Stat exposait les commentaires élogieux de Kathleen Mullane, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université de Médecine de Chicago, à propos du Remdesivir : dans une vidéo interne originellement adressée à ses collègues, la chercheuse décrivait avec enthousiasme un essai en cours mené sur une centaine de patients traités. Et malgré un communiqué de l’Université qui rappelait que « tirer des conclusions à ce stade était prématuré et scientifiquement malsain », de nombreux médias transatlantiques ont aussitôt relayé l’information.

En France, une dépêche de l’AFP allait relater cette « fuite » et… une autre expérience présentée à l’avantage du Remdesivir. Cette dernière concernait 12 singes, publiée par la NIAIDI le 17 avril. Outre les limites interprétatives d’une telle étude portant sur des animaux, le fait que deux chercheurs ayant participé à celle-ci étaient salariés (et actionnaires) de Gilead n’a hélas pas été précisé. Le tout fut ainsi repris pêle-mêle par de nombreux sites de presse en ligne :

La Tribune « Covid-19 : l’antiviral expérimental Remdesivir efficace pour ralentir la progression du virus » – Science et Avenir « L’antiviral Remdesivir ralentit la progression du Covid-19 chez les singes » – Europe 1 « Un antiviral expérimental ralentit la progression du coronavirus chez les singes » – Le Figaro « L’antiviral Remdesivir ralentit la progression du Covid-19 chez les singes » – i24news « L’antiviral Remdesivir ralentit la progression du Covid-19 chez les singes » – Yahoo Actualités « Le Remdesivir guérirait rapidement les patients atteints du Covid-19 » – ActuOrange « L’antiviral remdesivir ralentit la progression du Covid-19 chez les singes » – La Croix « L’antiviral Remdesivir ralentit la progression du Covid-19 chez les singes » – Mediapart « Sur la piste des traitements, la guerre des brevets est déclarée » (Évocation de la « fuite de Chicago » dans l’édition du 20/04 : « Vendredi 17 avril, (…) le média spécialisé Statnews a révélé les résultats préliminaires d’une étude menée à l’hôpital de Chicago : des malades traités avec le Remdesivir quittent l’hôpital en moins d’une semaine. Les espoirs sont donc nombreux. »

Au-delà des compliments étonnants et d’un propos uniforme, plusieurs sites économiques, BFM BourseCapital et Les Echos insistaient sur la conséquence sonnante et trébuchante de cet emballement : « L’américain Gilead accélère en Bourse après une fuite sur l’efficacité du Remdesivir contre le Covid-19 ». Une accélération sensationnelle à ce niveau de valorisation, avec une hausse supérieure à 10% de l’action Gilead Sciences. Pour un médicament qui n’avait jusqu’alors rien démontré de tangible (au contraire), à partir d’une si fragile et peu consistante information, cela représente une opération… hors norme.

Qui nescit dissimulare nescit regnare [Qui ne sait dissimuler, ne sait régner].

Le 23 avril, une autre publication fuitait du site internet de l’OMS (révélée cette fois par le Financial Times). Il s’agissait d’une étude chinoise avec un tout autre verdict au sujet du Remdesivir qui « n’améliore pas l’état des malades et ne réduit pas la présence de l’agent pathogène dans le système sanguin. » Que s’est-il alors passé ? L’OMS fit rapidement disparaître l’étude, prétextant une erreur d’inadvertance (ce qui est probable, l’étude n’avait pas été encore soumise à un comité de lecture).

Dans la presse française en ligne, grand public, il était compliqué de trouver la trace de cet événement. Seulement trois articles web évoquaient ce revers concernant la molécule de Gilead Sciences : Science et Avenir,  le Parisien ou Le Monde.

Aucun flot médiatique n’a repris cette étude très dure envers le Remdesivir. La description reste même relativement bienveillante. Le Monde (avec l’AFP) indique que ces résultats ne sont « pas définitifs ». Et cite le laboratoire pharmaceutique qui explique que l’étude « ne permet pas de tirer des conclusions significatives du point de vue statistique. (…) Des tendances dans les données suggèrent que le Remdesivir a un côté bénéfique tout particulièrement pour les malades pris en main tôt. » Si c’est le laboratoire qui le dit…

Les trois articles évoquent quand-même les effets secondaires « importants » du médicament en cours de mise au point qui ont obligé à arrêter l’étude pour 18 patients sur 158. Mais deux articles en profitent pour critiquer l’usage de… l’hydroxychloroquine, « jugée pas concluante ». Certains réflexes sont difficiles à perdre.

Pourtant, l’hydroxychloroquine était bien quant à elle utilisable en ambulatoire sans délai. Avec cette prometteuse caractéristique de pouvoir, en début de maladie, réduire les aggravations, éviter de lourdes hospitalisations et par conséquent le nombre de décès de manière plus significative. Le manque de soutien politique (le gouvernement a calqué ses positions sur les volontés du Conseil scientifique hostile à Didier Raoult) ont eu raison de ce recours en France. L’HCQ n’a pas bénéficié des mêmes moyens et définitions de protocoles que ceux utilisés pour démontrer les aspects positifs du Remdesivir. Le précédent article de ce blog l’a bien montré.

À la place de l’approfondissement de cette voie, une campagne de dénigrement a été menée, basée sur une réflexion cantonnée à l’Evidence Based Medecine présentée en référence absolue. Avec in fine une interdiction pour les médecins qui souhaitaient prescrire l’HCQ.

L’action Gilead Sciences reculera après cette « fuite à l’OMS » (l’étude chinoise montrant que le Remdesivir n’avait à peu près aucun impact sur la maladie) d’un peu moins de 5%. La tendance reste haussière.

Effets primaires contre l’hydroxychloroquine 

Au même moment (24-25 avril), en France, une communication de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) au sujet du Plaquenil (et du Kaletra) formule une présentation d’effets secondaires « redoutables » de l’hydroxychloroquine.

Peu de remise en perspective dans les chiffres, peu de données sur le profil des patients concernés, une littérature scientifique loin de partager unanimement ce même constat… Un propos à charge, continuité de la ligne éditoriale de nombreux médias ? Ce sont alors des dizaines d’articles issus de tous les grands médias français qui surviennent :

Le HuffPost « Covid-19, L’Agence du médicament met en garde contre les “effets secondaires graves” des traitements » – RTL.fr : « Les signalements “d’effets indésirables” des traitements en hausse… » – 20 Minutes : « Coronavirus, augmentation des “effets secondaires graves” »  – Le Parisien : « Coronavirus, augmentation des “effets secondaires graves”  des traitements, notamment par l’hydroxychloroquine » –

Actu Orange : « Coronavirus, l’Agence du médicament alerte sur les “effets secondaires” des traitements… » – France Info : « Le nombre de signalements “d’effets secondaires graves”  des traitements contre le Covid-19 en hausse…» –  L’Express : « Les inquiétants “effets secondaires graves” des traitements au Covid-19 »  – 

Europe 1 : « Coronavirus, les “effets secondaires graves” des traitements sont en augmentation » –  L’Obs : « Coronavirus, augmentation des signalements “d’effets secondaires graves” des traitements » –  La Voix du Nord : « Chloroquine, l’Agence du médicament s’alarme des “effets secondaires graves” des traitements contre le Covid » – CNEWS.fr  « Augmentation des signalements “d’effets secondaires graves” des traitements testés contre le Covid-19 » –  FRANCE 24 « Covid-19, augmentation des signalements “d’effets secondaires graves” des traitements »

Des « effets secondaires » , « indésirables » , « graves » pourtant restés bien discrets depuis plus d’une cinquantaine d’années de prescription libre et bien peu visibles dans les études internationales (y compris récentes) ou les dernières années de vente de comprimés. La molécule la plus ancienne, présentant bien plus de garanties qu’une nouvelle en phase d’essai, a été systématiquement décrite comme la plus dangereuse.

Si les actualités et les stades d’utilisation de ces molécules sont différents (et la temporisation pour démontrer une soi-disant efficacité « supérieure » fait partie du problème), on peut constater comment les médias en général s’emparent de la question des traitements disponibles, avec une attention partielle voire partiale. Le deux poids, deux mesures n’aide pas à nourrir sainement un débat public pour penser une politique sanitaire.

Le Docteur Fauci à l’action 

Aux États-Unis, le Docteur Fauci reprend la parole le 30 avril lors d’un point presse des National Institutes of Health (NIH, dont fait partie le NIAID). Il déclare que la molécule de Gilead Sciences représente une « avancée déterminante dans le combat contre le Covid-19 ».

Et il cite une étude réalisée sur 1063 patients, randomisée, avec placebos, qui est censée correspondre au desideratum obsessionnel des aficionados de la méthode pure et dure : « le Remdesivir a un effet clair, significatif et positif pour réduire le temps de rétablissement des malades. (…) Une preuve de concept très importante, car cela prouve que nous pouvons bloquer le virus. »

La diminution de charge virale, pourtant décrite quelquefois par les anti-Raoult comme cosmétique est mise en avant. Des patients sous placebos sont retirés de l’expérimentation pour être soignés : selon le docteur Fauci, cela été imposé par une obligation éthique, tant le Remdesivir aurait donné satisfaction. Un vrai traitement miracle…

Tout a été fait pour obtenir une telle présentation, y compris changer la méthode des mesures du résultat. Cela va-t-il faire bondir les « experts de la méthode » et autres anti-Raoult acharnés ? Des résultats exprimés avec tellement d’assurance ont-ils étonné et alerté quiconque ? Surtout après la publication d’études bien moins favorables, n’indiquant aucun bénéfice réel au traitement accompagné au contraire de nombreux effets secondaires ?

Enjeux financiers et lobbying

On ne pourrait que se féliciter des bons résultats éventuels d’une molécule contre le Covid-19. N’importe laquelle. Mais lorsque le traitement médiatique transforme à ce point les constats et les observations sur l’une ou l’autre, c’est qu’il existe d’autres enjeux.

Aux États-Unis, le Remdesivir a été homologué en un temps record par la Food and Drug Association (FDA) et salué par M. Trump le 29 avril. Ce qui lui permet dans un premier temps d’accéder au droit d’être injecté en dehors du cadre d’un essai clinique. Le traitement est arrivé à cette étape déterminante en un temps record. L’urgence face au virus ? Pas vraiment.

Selon des sources fédérales, jamais Gilead n’avait autant investi d’argent auprès des membres du Congrès durant le premier trimestre 2020 : plus de 2,5 millions de dollars. Congrès qui, par la suite, a voté des lois avantageuses pour les laboratoires pharmaceutiques. Notamment vis-à-vis du financement de la recherche qui est réalisé avec l’argent public sans contrepartie de régulation ultérieure du prix des médicaments.

Cette étape de la FDA était donc cruciale pour les finances de Gilead Sciences. La laboratoire essaye toujours d’alléger le paiement de ses taxes et optimise l’usage d’une molécule sous brevet initialement dédiée à traiter le virus Ebola. Cela permet de multiplier les gains éventuels sur tous les tableaux.

Le laboratoire pharmaceutique a eu le beau rôle d’offrir quelques unités de son traitement pour essayer de faire taire la polémique naissance aux États-Unis. Mais se garde bien de communiquer au sujet du prix futur de vente du traitement. Dans cette logique, bénéficier de l’appui des médias est crucial. Tout autour du monde.

Le 30 avril, l’action de Gilead a gagné 8% après les déclarations du bon docteur Fauci.

Storytelling

Comment la plupart des médias français traitent-ils l’actualité du Remsidivir ? Avec autant de méfiance et de défiance qu’envers l’hydroxychloroquine ? En se préparant à attaquer toute faiblesse méthodologique ? En comparant de son coût de molécule sous brevet à celui de l’HCQ qui est déjà versée dans le domaine public ? Non, plutôt en racontant une autre histoire.

i24news évoque une  « lueur d’espoir autour d’un antiviral contre le Covid-19 ». Voilà qui donne le ton. L’idée de lueur est reprise sous la forme d’une question par Le Parisien qui pondère : ce n’est pas « le médicament miracle » . La ritournelle de nombreux médias. Le quotidien précise que « le médicament expérimental a accéléré de 31% le temps de rétablissement des malades. » Quel chiffre.

Et ajoute à toute fin utile : « Un espoir partagé par les investisseurs de Wall Street puisque l’action du groupe pharmaceutique Gilead qui produit le médicament a bondi. » Si Wall Street se met à espérer, tous les espoirs sanitaires sont permis.

Selon ActuOrange : « Le Remdesivir (est) un médicament qui aide les patients à se rétablir du Covid-19. (…) Le premier médicament ayant prouvé son efficacité contre le nouveau coronavirus. » La ligne d’arrivée est franchie. Et celle des subventions publiques assurées et des gros dividendes ?

Sud Ouest : « Coronavirus : cinq questions sur le Remdesivir, un médicament qui aide les patients à se rétablir » L’étude apporte « la démonstration qu’un médicament peut agir, et il pourrait donc ouvrir la voie à de meilleurs traitements. » De pieux espoirs qui se succèdent à d’autres. RTL confirme : « Le Remdesivir est le premier médicament ayant prouvé son efficacité contre le nouveau coronavirus. » Rien de moins.

Les Echos : « L’intérêt de cette annonce vient de ce qu’elle s’appuie sur un essai clinique de grande ampleur, portant sur un millier de patients, et rigoureux puisque avec placebo. Les résultats préliminaires, non encore publiés, montrent que les patients traités avec le Remdesivir se sont rétablis en une durée médiane de 11 jours, au lieu de 15 jours pour ceux ayant reçu le placebo. » On retiendra le « rigoureux puisque avec placebo ». Surtout après avoir constaté les changements de méthode pour mesurer les résultats.

Quelques petites touches de pondération cependant : « En revanche, ces résultats ne montrent pas si le médicament permet de sauver des vies : la mortalité du groupe de patients traités par Remdesivir était de 8 %, contre 11,6 % dans le groupe témoin, une différence trop faible pour exclure que ce soit le fruit du hasard.»

Le Point cite la FDA qui a autorisé l’usage de la molécule :  « Il est raisonnable de penser que le Remdesivir puisse être efficace contre le Covid-19 (…) étant donné qu’il n’existe pas de traitements alternatifs adéquats, approuvés ou disponibles. » On peut s’étonner du constat par rapport à l’hydroxychloroquine qui était mobilisable, disponible, connue et très vite utilisée par les medical guidelines de pays asiatiques comme la Chine et la Corée du Sud.

Libération veut montrer que Gilead Sciences sait être généreux. Mais n’explique pas la logique des prix non régulés à venir. « Le laboratoire américain, dont le patron était dans le Bureau ovale pour l’annonce, fera don de 1,5 million de doses, soit de quoi traiter 140 000 patients au moins. »

Au passage, une critique adressée à l’HCQ apparaît, au cas où : « L’hydroxychloroquine, un médicament contre le paludisme, avait été autorisée en urgence par la FDA le 28 mars, mais depuis, la FDA et un panel gouvernemental ont publié des mises en garde en raison d’effets secondaires graves sur le coeur. » Transmis aux patients testés au Remdesivir qui ont dû interrompre d’urgence le traitement pour raisons graves. Les comparaisons et les études parleront.

France Info, après les compliments de rigueur très loin des accusations en tous genres proférées contre l’HCQ, expose poliment quelques problèmes liés au Remdesivir. Pour résumer, il suffit de montrer les deux questions que l’article se pose à la suite :  « Pourquoi faut-il rester prudent sur ces résultats ? » précède « Quand pourrait-il être disponible à grande échelle ? » La prudence ne semble pas pouvoir empêcher les ventes à grande échelle de la molécule de Gilead Sciences. Là encore, que de bienveillance pour le Remdesivir.

Mediapart ne prend pas de risques à ce jour (05/05) et propose les trois communiqués de presse liés à l’événement : 123

Le Monde propose l’article le plus factuel et détaillé, signé Hervé Morin. Si ce dernier fait la part belle à l’Evidence Based Medecine, il ouvre au moins quelques pistes de réflexions relativement pondérées. Un fait présenté parmi d’autres : « L’essai évoqué par Anthony Fauci et conduit par son institut appartient à cette catégorie, mais ses résultats finals ne sont pas encore connus – peut-être est-il même encore en cours – et il n’est, en tout cas, pas encore passé par le filtre de la relecture par les pairs et par la publication dans une revue scientifique. »

La Voix du Nord, à l’instar d’étranges voix indiquant que le programme Discovery a été ralenti à cause de la polémique Raoult (alors qu’il n’avait besoin de rien pour se perdre seul en route), accuse encore l’HCQ « d’effets secondaires graves sur le cœur ». En revanche, de jolis schémas sont proposés, à la gloire du mode d’action du Remdesivir.

Laissons le mot de la fin à BFM Bourse : « La biotech californienne Gilead a déjà fait don de son stock actuel de 5 millions de doses de Remdesivir (…) et pourrait avoir du mal à tirer bénéfice de la mise à disposition de ce traitement antiviral expérimental contre le Covid-19, selon les analystes. »  Au contraire, nous savons qu’il n’y a pas de soucis à se faire pour Gilead Sciences. Début de partie lucrative.

Quand viendra l’heure des bilans 

La critique sérieuse du Remdesivir ne se retrouve pas dans la presse d’actualités générales. La molécule de Gilead Sciences bénéficie d’un traitement médiatique favorable tandis que l’hydroxychloroquine, accusée de tous les maux, demeure systématiquement écartée.

Il est trop tard pour équilibrer les débats. Restera en revanche à faire dans les semaines et les mois à venir le bilan chiffré du choix politique ayant consisté à refuser une stratégie globale qui pouvait articuler une capacité soutenue à tester la population (et à lui fournir massivement des masques), à la diagnostiquer, à cibler les patients fragiles et malades, à recourir au confinement de façon ciblée (et non globale et aveugle) et à proposer temporairement aux médecins un traitement qui ne sortait pas de l’inconnu. D’autres pays, comme la Corée du sud, montraient le chemin.

Ensuite, derrière la question posée au pouvoir politique, la sphère médiatique, devenue bien peu plurielle, devra s’interroger : que cela soit par méconnaissance ou mauvaise influence, que se serait-il passé si elle n’avait pas elle aussi contribué si fortement à orienter le débat dans une impasse ?


Mediapart

8 mai 2020