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Marc Ollivier – Ouest France

Vous pouvez être certains d’une chose, c’est que la mise en place de ce compteur soi-disant intelligent ne fera économiser absolument aucun centime aux consommateurs. Pourquoi peut-on affirmer une telle chose avec autant de certitude ? C’est très simple, c’est le centième mensonge que nous balance le gouvernement, il faudrait être vraiment naïf voire sot pour croire encore à leurs sornettes.


Une pétition lancée par UFC-Que Choisir demande à ce que les consommateurs n’aient pas à financer le déploiement des compteurs Linky, effectués par Enedis

L’association UFC-Que Choisir a lancé jeudi 8 mars une pétition contre le financement par les consommateurs de l’installation des compteurs électriques Linky. Ce vendredi, la commission de régulation de l’Énergie (CRE) a réagi en prenant la défense du dispositif.

Le compteur Linky continue d’interroger. Des consommateurs ont déjà refusé de payer pour l’installation de ces nouveaux dispositifs – moyennant un « relevé spécial payant ». Jeudi 8 mars, l’association UFC-Que Choisir a lancé une pétition pour que les consommateurs n’aient pas à payer le déploiement des compteurs électriques LinkyLes informations qu’ils doivent apporter sont qualifiées de « très maigres et peu accessibles ».

« Vous allez payer 15 euros par an pendant 10 ans pour permettre à Enedis d’installer un compteur communicant pour lequel vous n’avez aucune contrepartie », interpelle UFC-Que choisir dans une pétition qui a déjà recueilli 85 000 signatures sur un objectif initial de 50 000 (l’association vise désormais les 100 000 pétitionnaires).

Rapport de la Cour des comptes à l’appui

L’association s’appuie sur un rapport de la Cour des comptes publié début février soulignant que le déploiement du compteur communicant d’Enedis coûtera 5,4 milliards d’euros pour des gains aux consommateurs « encore insuffisants ». Ainsi, seuls les ménages les plus précaires peuvent bénéficier d’un affichage dans leur lieu de vie sans surcoût.

« En l’état, les compteurs Linky ne sauraient donc garantir une meilleure maîtrise de la consommation énergétique par les ménages ! », a estimé l’UFC-Que choisir. L’association demande aux autorités d’« améliorer le dispositif » et de « revoir les conditions de financement du compteur, et notamment les conditions de rémunération d’Enedis », que la Cour des comptes avait jugée « généreuses »


La pose du 300 000e compteur Linky en Bretagne à Acigné en Ille et Vilaine Enedis. *** Local Caption *** Limoges : une vingtaine de véhicules Enedis incendiés Nouvelle-Aquitaine. Des voitures de la filiale d’EDF ont été délibérément endommagées dans la nuit de lundi à mardi. Dans la nuit de lundi à mardi, un incendie a détruit ou endommagé une vingtaine de véhicules selon l’entreprise d’Enedis.
C’est Enedis, une filiale du groupe EDF, qui est chargée de l’installation des compteurs Linky, dans des conditions de rémunération que la Cour des comptes estime « généreuses ». | Joel Le Gall / Ouest France

Le régulateur hausse le ton

Cette pétition n’a pas manqué de faire réagir les autorités en charge du déploiement du compteur. Dans un communiqué paru vendredi 10 mars, la commission de régulation de l’Énergie (CRE) a pris la défense du compteur Linky, soulignant que son financement sera « neutre » pour les particuliers.

« Sur le coût de ce projet, le président de la CRE (Jean-François Carenco) élève le ton pour rappeler que son financement sera totalement neutre pour les clients grâce aux nombreux gains que ces compteurs permettront, notamment pour maîtriser la demande d’énergie », indique le régulateur dans un communiqué.

Les compteurs Linky « rendent possible la réduction de la consommation d’énergie, le développement de nouveaux services énergétiques, l’émergence de nouveaux acteurs et l’optimisation des coûts des réseaux et de leur performance », assure la CRE.

La question de la vie privée

« Quant aux données personnelles recueillies par Linky, il vaut mieux que ce soit par le service public sous le contrôle d’une autorité comme la Cnil, (ainsi pour l’amélioration du service public) que par de grands acteurs du numérique qui d’ailleurs les exploitent déjà », affirme par ailleurs M. Carenco. […]


Ouest France / AFP