Agnès Buzyn abandonne le navire alors que la situation de son ministère est catastrophique comme tout le monde a pu le constater au niveau de l’hôpital public, des retraites ou tout simplement de l’épidémie de coronavirus. C’est d’autant plus curieux qu’elle sait qu’elle ne pourra pas gagner cette élection. De toute façon, elle sera recasée ici ou là, dans une institution avec un salaire inversement proportionnel à l’utilité de sa prochaine mission !


Olivier Véran a été nommé ministre de la Santé ce dimanche, peu après la démission d’Agnès Buzyn.

Cette dernière a décidé de quitter le gouvernement pour devenir la candidate LaREM à la mairie de Paris en remplacement de Benjamin Griveaux. Mais quels dossiers vient-elle de léguer à son successeur ?

Nouveau coronavirus, crise de l’hôpital, bataille autour de la réforme des retraites: Agnès Buzyn quitte le ministère de la Santé pour la course à la mairie de Paris en laissant derrière elle de lourds dossiers.

Peu après l’annonce de sa candidature et de son retrait du gouvernement, d’ailleurs, plusieurs opposants politiques ont rapidement saisi l’occasion de lui reprocher un « abandon de poste », selon les mots du directeur de campagne d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire. « Vendredi dernier, elle expliquait qu’elle n’avait pas le temps d’être candidate à la mairie de Paris », a quant à lui rappelé Ian Brossat.

L’épidémie de coronavirus

C’était la raison qu’elle avait invoquée pour ne pas entrer en campagne. Depuis le début de l’année, Agnès Buzyn est en première ligne face à l’épidémie de coronavirus apparue en Chine. Plusieurs fois par semaine, c’est elle, flanquée du directeur général de la Santé, qui vient en personne annoncer les nouveaux cas détectés sur le territoire français ou donner des nouvelles des Français de Chine.

Samedi, elle a annoncé la mort d’un touriste chinois de 80 ans hospitalisé depuis plusieurs semaines à Paris, premier mort hors d’Asie en lien avec l’épidémie. Douze cas ont été confirmés en France à ce jour, avec désormais quatre guérisons et encore sept patients hospitalisés, la fille du touriste décédé et six Britanniques.

Cette stratégie d’une communication régulière a été saluée car elle permettait d’éviter la propagation de fausses nouvelles ou de nourrir trop d’inquiétudes. Omniprésente, elle a rencontré dans le sud de la France les Français rapatriés de Wuhan et s’est rendue à Bruxelles pour une réunion d’urgence des ministres européens de la Santé.

Il reviendra au prochain ministre de poursuivre la stratégie utilisée jusqu’ici pour éviter la diffusion du virus en France, basée sur l’hospitalisation en confinement de chaque cas confirmé et sur la réalisation d’une enquête pour retracer et dépister les personnes avec lesquelles elles ont été en contact.

Une crise inédite à l’hôpital

La ministre s’extirpe d’une crise inédite de l’hôpital, dont cette hématologue est elle-même issue, 11 mois après de le début d’une grève dans les services d’urgences qui s’est depuis étendue à tout le secteur.

Rallonge budgétaire, primes pour les personnels, reprise partielle de dettes… Après une succession d’annonces et une « stratégie Ma Santé 2022 » qui, depuis septembre 2018, tarde à produire ses effets, le gouvernement avait dévoilé fin novembre un « plan d’urgence » pour l’hôpital pour apaiser la grogne née de plusieurs années de restrictions budgétaires.

En vain. Environ 800 médecins-chefs de service ont démissionné de leurs fonctions administratives depuis trois semaines en guise de contestation. Et vendredi, plusieurs milliers de médecins et paramédicaux…


Photo d’illustration : Agnès Buzyn : « L’âge d’équilibre reste dans la loi » sur les retraites – BFMTV.com

Jeanne Bulant avec AFP

BFMTV

16 février 2020