Par quelle tour de magie le délai a-t-il pu être multiplié par 2 alors que l’étude a été réalisée en appliquant un délai de 3 semaines ! Encore une fois, on assiste à une charlatanisation de la médecine avec ce type de bricolage honteux. Qu’en pensent les zéloticiens et autres No Fake Med ?


Face aux tensions sur la production et à la progression de l’épidémie, la HAS estime qu’il faut accélérer la vaccination des plus vulnérables.

Le ministère de la santé préconise jusqu’ici un délai de 28 jours entre les deux doses.

C’est une question d’urgence sanitaire. Au regard de la progression de l’épidémie de Covid-19 sur le territoire national et de la menace de propagation de nouveaux variants, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande de décaler la deuxième dose à quarante-deux jours pour les deux vaccins à ARN messager aujourd’hui disponibles en France : Pfizer-BioNTech et Moderna, dont les schémas d’administration prévoient deux doses espacées respectivement de vingt et un et vingt-huit jours. Samedi 23 janvier, le premier ministre, Jean Castex, a annoncé qu’un million de Français étaient vaccinés.

Dans un avis publié, samedi, la HAS, considérant « la nécessité d’optimiser la distribution des doses et de garantir l’équité d’accès aux vaccins à très court terme des personnes âgées », préconise « le report de la deuxième dose à 6 semaines (…) afin d’accélérer l’administration de la première dose aux personnes les plus vulnérables ». Et de préciser que les doses disponibles doivent être réservées « en priorité » aux personnes de 75 ans et plus, puis aux 65-74 ans, « en commençant par ceux qui présentent des comorbidités ».

« 700 000 personnes supplémentaires »

L’objectif est de réaliser la première injection chez plus de patients dans le mois qui vient, au lieu de vacciner complètement moins de personnes et ce, dans un contexte de tensions sur les chaînes de production des vaccinsSelon des modélisations commandées par la HAS à l’Institut Pasteur, l’allongement du délai entre les deux doses à quarante-deux jours permettrait de vacciner « au moins 700 000 personnes supplémentaires le premier mois selon les capacités vaccinales ».

Jusqu’ici, pour le vaccin de Pfizer-BioNTech, le gouvernement s’appuie sur un avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publié le 7 janvier, qui sous-entend déjà de se servir de la deuxième dose comme variable d’ajustement. Une « flexibilité d’administration de la deuxième dose entre vingt et un et quarante-deux jours peut être envisagée, au vu des circonstances actuelles spécifiques, afin d’élargir la couverture vaccinale des personnes prioritaires et faire face aux fluctuations d’approvisionnements », a estimé l’ANSM, tout en rappelant que les données d’efficacité de ce vaccin sont issues de l’étude de phase 2/3 élaborée sur une fenêtre « allant de dix-neuf à quarante-deux jours ».

Sur le terrain, des flottements sur cette question du rappel ont émaillé les premières semaines de vaccination et, pour les patients, il est parfois difficile de s’y retrouver. A l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), les premières personnes vaccinées avec le vaccin Pfizer-BioNTech se sont vu fixer un rendez-vous pour leur deuxième injection à J + 21. Carole, infirmière de santé au travail, a reçu la première dose à l’Hôtel-Dieu le 13 janvier. Mais cette soignante de 53 ans s’est vu proposer comme date de rappel le 24 février, soit pile quarante-deux jours après. « J’ai essayé de demander s’il était possible plus tôt mais on ne m’a pas laissé le choix. Apparemment, il y a eu un changement de braquet brutal… » […]


Le Monde 

23 et 24 janvier 2021