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Ces gens n’ont aucune dignité, aucune morale. Ils affirment et promettent (en 2012) l’arrêt définitif de l’hérésie du cumul des mandats puis font exactement l’inverse puisque le frère la truelle Le Drian est un des plus grand cumulards du gouvernement. François Hollande est un menteur, un mythomane qui insulte le peuple français et conduit le pays au chaos.


« Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local, parce que je considère qu’ils devraient se concentrer entièrement à leur tâche » F. Hollande, 2012.


Fraîchement réélu à la tête de la région Bretagne, le socialiste n’entend pas démissionner de son poste de ministre de la Défense – faisant voler en éclat le non-cumul des mandats.  

« Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local, parce que je considère qu’ils devraient se concentrer entièrement à leur tâche »… Trois ans et demi après l’avoir prononcée,François Hollande doit encore regretter cette phrase, partie de la fameuse anaphore qu’il avait déclamée lors du débat de l’entre-deux tours des présidentielles de 2012. Et pour cause, la victoire de Jean-Yves Le Drian aux élections régionales vient faire voler en éclat le non cumul des mandats, cette règle de bonne conduite édictée par le candidat socialiste lors de son arrivée à l’Elysée. Fraîchement réélu président de la région Bretagne, le socialiste n’entend pas démissionner de ses fonctions de ministre de la Défense.

Au Parti socialiste, on veut croire que la situation est « tout à fait exceptionnelle ». Qu’il s’agit d’un ministre confronté à des « événements particuliers » : la guerre contre le groupe Etat Islamique en Syrie et en Irak un mois après les attentats de Paris. L’intéressé lui-même l’assure, c’est le président de la République en personne qui a souhaité « dans les conditions actuelles » qu’il « continue d’exercer ses fonctions ». Autre argument avancé par les soutiens de Jean-Yves Le Drian: le score très flatteur (51,4% des suffrages) obtenu par le ministre en Bretagne. « C’est tout le paradoxe, résume le frondeur Jérôme Guedj, pas franchement un partisan du cumul des mandats. Les électeurs l’ont porté à la tête de la région en toute connaissance de cause ». « C’est toujours la même chose, ajoute le secrétaire national adjoint d’EELV David Cormand. Dans les sondages, les Français sont absolument opposés au cumul des mandats, mais dès qu’il s’agit de voter c’est différent… »

Embarras au Parti socialiste

La situation particulière de Jean-Yves Le Drian, son « exception bretonne », fait tout de même grincer des dents à gauche. « Le fait objectif, c’est que l’engagement pris par le président de la République et le gouvernement de ne pas cumuler n’est pas respecté, critique David Cormand. C’est une décision que je regrette, ce n’est pas raisonnable et même plutôt étrange lorsqu’il y a des interventions militaires extérieures. » Très embarrassé, Jérôme Guedj regrette « la distorsion entre les principes affichés et la pratique », et se demande si le non-cumul des mandats était « vraiment le type de principe qu’il fallait édicter quand on sait pertinemment que chaque exception à la règle sera mise en éclat ».

Car, au fond, c’est bien ce qui chagrine les socialistes avec le « cas Le Drian ». La gauche, qui a voté le non-cumul des mandats, se retrouve en porte-à-faux avec ses propres convictions quand, au même moment, plusieurs élus de droite (Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez,…) démissionnent de leurs mandats pour « se consacrer pleinement à leur région ». « Ce texte, c’est la gauche qui l’a fait, s’étrangle Christophe Borgel, rapporteur du texte sur le non-cumul des mandats. Et les élus Les Républicains qui démissionnent de leur mandat, les Pécresse, les Wauquiez, les Darmanin sont ceux là mêmes qui s’opposaient au non-cumul des mandats lorsque nous l’avons proposé. Ils avaient même pour certains théorisé les effets soi-disant positif du cumul des mandats ».

Un manque d’autorité du gouvernement ?

Pour David Cormand, la situation de Jean-Yves Le Drian révèle bien le manque d’autorité du gouvernement. « Il avait l’intention de cumuler ses deux mandats et il place aujourd’hui le gouvernement devant le fait accompli. Mais cette situation était largement anticipable. Je constate que le chef de l’Etat et le chef du gouvernement ne sont habituellement pas avares de démonstration d’autorité, notamment avec leurs partenaires. Et là, ils ne font rien. On le voit bien, Manuel Valls s’est fait une spécialité d’être fort avec les faibles et faibles avec les forts ».

Une position tranchée que Christophe Borgel tente de relativiser. « On est dans une situation très particulière. Qu’une personne choisisse de cumuler son mandat de parlementaire avec un mandat local, c’est son choix. Mais, dans le cas de Jean-Yves le Drian, ce n’est pas lui qui choisit de cumuler, c’est le chef du gouvernement qui l’y autorise ». Et d’avancer en exemple le cas de l’ancien ministre du travail François Rebsamen. « Ce n’est pas n’importe qui François Rebsamen quand on s’intéresse à la vie politique, à l’histoire récente de la gauche. Et bien, il a quand même dû démissionner du gouvernement pour redevenir maire de Dijon. » Une ligne de conduite qui ne s’applique pas au ministre de la Défense. Pour l’instant.

Rémi Clément