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Fleury-Mérogis. Ilyes a mis le feu à sa cellule avant de menacer de mort deux magistrates de Paris.

Est-ce de l’humour noir, est-ce sérieux, nul n’est capable, pour l’instant, de répondre à cette question, tant cette affaire est loufoque. On serait en droit de penser qu’il pouvait exiger un tapis de prière où un exemplaire du Coran par exemple ou quelque chose d’autre qui soit en rapport avec son culte. Même pas, il veut juste jouer à GTA, c’est tout simple.

Blague à part, avec cette nouvelle affaire, on comprend bien que les recrues de Daech sont en général des malades mentaux, des cas sociaux, des voyous, toxicos, voleurs, dealers… choisis selon la méthode Yankee éprouvée par le FBI depuis des années déjà. Ils sont systématiquement à des années-lumière du profil de l’islamiste rigoriste salafiste et le pire c’est que ça ne gêne pas grand monde dans les médias !


Ce jeune homme originaire de Strasbourg (Bas-Rhin) est écroué dans une affaire de terrorisme à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.

En octobre dernier, il avait menacé d’égorger deux magistrates au motif qu’il s’ennuie en détention… faute de console de jeux vidéo.

Ilyès a 24 ans mais dans le box des prévenus, il donne l’image d’un adolescent qui n’a qu’une obsession : jouer aux jeux vidéo. Car c’est par ennui, faute de console, qu’il a commis, en détention, les faits qui lui sont reprochés.

Écroué depuis janvier 2017 à Fleury-Mérogis pour une affaire de terrorisme dans laquelle il est mis en examen, ce jeune homme originaire de Strasbourg (Bas-Rhin) a été condamné ce lundi à un an de prison ferme par le tribunal d’Évry pour avoir recelé des téléphones portables et tenté de mettre le feu à sa cellule le 26 octobre dernier. Il avait aussi menacé de mort l’une des juges d’instruction du pôle antiterroriste de Paris ainsi que la juge des libertés de la détention (JLD).

« Je veux les égorger, j’ai juste besoin d’un couteau », a-t-il répété le 27 octobre 2017. Ce même jour, il a évoqué l’idée de faire exploser avec une ceinture de C4 au milieu d’une foule. Il a expliqué au tribunal que ce n’était que des paroles en l’air.

« Avant, je jouais aux échecs avec mon ami imaginaire »

Le point de départ de son désarroi : une PlayStation 2. Ilyès voulait acheter la console vendue par un autre détenu pour tuer un peu le temps. Mais les surveillants ont refusé que l’objet change de cellule. Il s’est donc procuré un téléphone portable pour « appeler des gens normaux ». « Pas des terroristes, croit-il bon de préciser. Je m’ennuyais. Je suis tout seul en cellule. Avant, je jouais aux échecs avec mon ami imaginaire mais à un moment donné, il ne m’a plus suivi. »

Ilyès a ensuite mis le feu à un livre dans sa cellule pour se suicider. Là encore, il explique : « quand je m’ennuie, je veux me suicider. Je suis humilié tous les jours. À chaque fois que je dois voir ma famille au parloir, je dois me mettre à poil. »

Le lendemain, il menaçait les deux juges. « Vous vous rendez compte de ce qu’elles peuvent ressentir d’être menacée en tant que personne, car ce sont des menaces de mort », l’interroge le président du tribunal. « Elles sont avec leur mari en train de choyer leur petit alors que moi je passe mes journées à regarder un mur, répond Ilyès. Quand j’ai des cigarettes, je fume. Sinon je regarde le mur, je me coupe le visage avec des morceaux de verre, je brûle des objets… »

Ironie du sort, la semaine dernière le juge des libertés et de la détention avait délivré une ordonnance de placement sous contrôle judiciaire d’Ilyes. Il devait donc sortir de prison. Mais avant d’être extrait de la […]


Nicolas Goinard – Le Parisien