C’est une spécialité bien française : les votants d’outre-tombe, les fonctionnaires fantômes – aux salaires plutôt palpables et très concrets – et les emplois fictifs… Reste à savoir quelles sont les relations familiales unissant ces « fantômes » aux politiciens qui les ont embauchés.


Selon la chambre régionale des comptes, une trentaine de fonctionnaires territoriaux seraient salariés alors qu’ils n’ont aucune affectation, parfois depuis plusieurs dizaines d’années. La pratique coûterait plus d’un million d’euros chaque année.

On reproche parfois à l’administration de manquer d’esprit pratique. C’est méconnaître la sagacité de certains serviteurs de l’État… mais aussi de ces fonctionnaires du Var, qui réussissent à être payés à ne rien faire depuis plusieurs décennies, selon des informations révélées par Var-Matin et contenues dans un rapport de la chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur publié lundi dernier.

Le document souligne que « le centre de gestion du Var rémunère toujours une trentaine d’agents privés d’emploi », et provenant principalement des communes de La Seyne-sur-Mer et de Toulon ou encore de Cogolin. En cause, l’engagement légal de l’administration de payer ses agents même lorsqu’un changement d’organisation ou d’affectation les prive d’emploi concret au quotidien.

Des agents « dormants »… qui continuent à prendre du grade

Les fonctionnaires concernés sont rattachés au centre de gestion de la fonction publique, et payés par lui, mais c’est la commune qui les employait à l’origine qui prend, in fine, la dépense en charge. Une situation à cheval sur deux administrations qui facilite les évitements, et l’allongement des procédures de requalification, ou de nomination sur de nouveaux postes… À tel point que certains sont sans affectation et rattachés au centre de gestion depuis 1989!

Le rapport fait également état du traitement administratif de ces fonctionnaires « fantômes ». Étant considérés « en position d’activité », ces derniers « ont pu bénéficier d’avancements d’échelons et de reclassements statutaires » ! Le rapport cite même une lettre dans laquelle un de ces agents sollicite l’obtention d’un grade supérieur, « se sentant désavantagé dans le déroulement de [sa] carrière par rapport aux anciens de [ses] collègues », qui l’ont obtenu…