Je me réveillai en sueur ce matin-là, après avoir fait un rêve étrange. Je marchais dans un couloir froid et silencieux, sans portes et sans le moindre filet de lumière, quand soudain une lueur apparut et je distinguai au loin une statue ; je me rapproche et aperçois une représentation d’une divinité sumérienne à tête de serpent semblant allaiter un enfant. J’entendis alors quelques murmures, des toussotements et des raclements de gorge, puis une voix se détacha et adressa à son auditoire mystérieux ces paroles :

Chers camarades,

Le Pouvoir mondial est à portée de nos mains. Nous sommes tout prêts de soumettre complètement ce maudit bétail humain, pour faire triompher sur Terre l’esprit de notre Maître, l’Esprit éternel de notre Maître. Nous devons continuer à lui sacrifier des enfants pour mériter sa lumière et d’en être les fidèles lieutenants. Lorsque nous aurons le vaccin, et que nous aurons imposé son obligation universelle, nous serons enfin les maîtres du monde. Bill fait du bon boulot, nous avons des raisons de croire en la victoire finale. Le bétail humain finira bien par croire que le vaccin c’est le salut ! Ou carrément, le Messie ! Ce bétail est tellement bête, notre propagande en viendra à bout. Mais restons encore vigilant. Nous sommes encore actuellement sur le fil, au-dessus du gouffre… le bétail hurle en bas, au moindre faux pas trahissant nos manœuvres, nous tomberions et ils feraient de nous qu’une bouchée, qu’un bûcher… Nous devons agir de la manière la plus transitoire possible, avec le moins de passage en force, nous devons par notre propagande donner au maximum l’illusion d’une action raisonnable, et l’illusion d’une vie démocratique… C’est de cette seule façon que nous pourrons instaurer notre Pouvoir mondial. Le prétexte du terrorisme nous a permis de resserrer notre étau sécuritaire, le prétexte de pandémie va nous permettre d’achever la soumission et le contrôle complet de ce maudit bétail humain. En ruinant l’économie, la pandémie nous débarrasse de cette classe moyenne qui entrave tant nos projets. Aucune source de profit ne doit nous échapper. La Russie, la Chine et l’Asie seront à la merci de nos attaques bactériologiques. Les résistants à notre Pouvoir devront être éliminés sans que cela trahisse nos manœuvres, car encore une fois, nous pouvons être démasqués à tout moment. L’élimination physique par suicide, ou autres, ne doit être que l’ultime recours. Et là, je pense évidemment à Trump. Notre propagande a échoué à le faire tomber en 2016 et au moment de l’affaire russe, nous avons encore échoué à le destituer, et à le faire tomber par la révolte nègre… Nous devons tirer un enseignement de ce quadruple échec. S’il est réélu, il faudra le tuer. Nos agents tentent malgré tout de nous en débarrasser avant l’élection. Nous devons prendre acte de nos échecs pour perfectionner nos stratégies, et le Brexit fut un échec. Avant l’instauration du vaccin, nous devons donc contenir nos recours aux actions dictatoriales. Après la vaccination accomplie, nous pourrons enfin laisser libre cours à notre dictature la plus impitoyable. Nous y sommes presque. D’ici là, donnons encore l’illusion à ce bétail humain que nous sommes des humains. Singeons les patiemment, jouons encore le jeu de la démocratie, de la liberté, de la tolérance, des droits de l’homme, de l’humanisme, de l’humanisme qui a du cœur, faisons leur croire inlassablement que nous sommes des philanthropes, des humanistes qui avons un cœur. Faisons leur croire que nous croyons avec eux que le cœur est premier par rapport à l’esprit, que l’esprit revient in fine au cœur de Dieu, que l’esprit procède du cœur divin… Laissons les croire ces foutaises. Car en vérité l’esprit, l’Esprit de notre maître est premier et éternel, le cœur n’étant qu’une petite zone de turbulence tourmentée réagissant vainement à la souveraineté de L’Esprit, à notre maître. Jouons encore la comédie du « tous ensemble », du « vivre ensemble », de l’humanité une. Le bétail humain doit encore croire que nous sommes des humains comme eux, que nous avons un cœur comme eux. Nos agents doivent proclamer partout que l’humanité est une, et qu’il est raciste de ne pas le penser ! Leur stupidité est si drôle ! Voir ce bétail masqué qui manque de crever sous la canicule alors que l’épidémie est finie et qui revote inlassablement pour nos candidats alors que nous les avons ruinés et tués me fait rire aux éclats, je dois bien vous l’avouer. Le bétail humain doit nous obéir au doigt et à l’œil ne serait-ce que pour cette raison : nous faire rire aux éclats. Ce maudit bétail est d’ailleurs incapable de faire autre chose que de nous servir et nous divertir. S’ils s’avisaient toutefois d’unir leurs forces, nous serions perdus. Nos agents doivent donc continuer à semer toute la discorde possible et imaginable, à exciter leurs humeurs si prévisibles. Cependant, certains conspirationnistes se rapprochent dangereusement de la vérité, et le risque que nous soyons démasqués grandit de jours en jours. Nous devons discréditer ces théories conspirationnistes en montrant qu’elles ne relèvent que de la foi, pas de la raison, nous devons donc diaboliser la foi, et diaboliser donc Abel-l’homme-de-foi pour réhabiliter Caïn-l’homme-de-science, car Caïn était le fils préféré de notre maître. Nous devons continuer à faire croire au bétail que la science ne peut être mue que par l’amour de l’humanité et de la vie ! Leur bêtise est vraiment désopilante. Un dernier mot, sur le professeur Raoult, il a sérieusement entravé nos projets mais, même s’il est très populaire, le supprimer serait inutile, car son traitement est désormais devenu mondialement connu et le nombre de ses défenseurs scientifiques augmente sans cesse, sans parler des preuves de son efficacité qui s’accumulent jours après jours. Nous devons agir aussi rapidement que le serpent pour inoculer le vaccin avant que l’efficacité du traitement raoultien ne soit définitivement reconnue.
Voilà les grandes lignes de notre ultime combat vers la victoire qui n’a jamais été aussi proche, et qui ne le sera sans doute plus jamais…

Je me réveille alors en sursaut et en sueur, percevant la lumière réconfortante de l’aube filtrée par les rideaux. Les battements de mon cœur s’apaisent peu à peu. Ce rêve paraissait si vrai. Je regarde mes bras comme pour y déceler une trace… une marque… Rien. J’écarte alors les rideaux pour boire la lumière naissante du soleil en repensant à cette statue énigmatique et à ces paroles sorties des ténèbres, au verbe des ténèbres…


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